À 12 ans, Nolann Winter vient de réussir un défi que peu de chasseurs relèvent : obtenir la médaille d’or du Brevet Grand Gibier. Aux côtés de son père Anthony Winter, responsable du Brevet Grand Gibier en Moselle, il revient pour So Chasse sur cette aventure familiale faite de travail, de passion et de transmission. Une interview croisée qui rappelle que le Brevet Grand Gibier est bien plus qu’un simple examen.
SC : Nolann, tout d’abord, félicitations ! À seulement 12 ans, obtenir la médaille d’or du Brevet Grand Gibier est une sacrée performance. C’est toi qui as voulu le passer ou c’est ton papa qui t’a convaincu ?
NW : Un peu les deux. J’accompagne mon père à la chasse depuis que je suis tout petit, alors ça m’a donné envie. Et lui m’a encouragé aussi.
SC : Qu’est-ce qui te plaît le plus quand tu l’accompagnes à la chasse ?
NW : Voir les animaux, être dans la nature et surtout partager ces moments avec mon papa et les copains de chasse. C’est ça que j’aime le plus.

SC : Anthony, comment est née cette idée de faire passer le Brevet Grand Gibier à Nolann ?
AW : J’ai obtenu mon Brevet Grand Gibier en 2021. L’année suivante, j’ai intégré son organisation dans notre département et depuis cette année je suis le secrétaire et le responsable du brevet grand gibier en Moselle. Nolann baigne dedans depuis longtemps. Il voyait les cours, les révisions, les échanges… Petit à petit, il a eu envie de tenter l’aventure lui aussi.
SC : Beaucoup de chasseurs connaissent le Brevet Grand Gibier de nom sans vraiment savoir ce qu’il contient. Que représente réellement cette formation ?
AW : C’est une formation extrêmement complète. On y aborde les espèces de grand gibier mais aussi les espèces protégées, leur biologie, leur comportement, leur gestion, la sylviculture, les maladies, la balistique, les armes, les optiques, tous les modes de chasse, la recherche au sang… Il y a 21 modules au total. Ensuite viennent les épreuves pratiques, à la carabine, à l’arc ou en vénerie. C’est une véritable référence.

SC : Nolann, qu’est-ce qui t’a demandé le plus de travail ?
NW : La sylviculture, les maladies et la gestion. Ce n’était pas seulement retenir les mots, il fallait surtout comprendre tous les termes. Ça, c’était compliqué.
SC : Tu as dû beaucoup travailler en plus de l’école ?
NW : Oui. Les jours où je n’avais pas cours l’après-midi, je révisais beaucoup. Et aussi le week-end.
SC : Malgré ton jeune âge, tu décroches finalement la médaille d’or. Anthony, vous vous attendiez à ce résultat ?
AW : Pas du tout, pour être honnête. Je pensais sincèrement qu’il décrocherait la médaille d’argent. Quand on a corrigé sa copie, j’ai été impressionné. Son score théorique est exceptionnel. Si on ne regarde que cette partie, il est quasiment sur le podium. Il a simplement perdu des points lors de l’épreuve pratique, ce qui est parfaitement normal à 12 ans.
SC : Nolann, qu’as-tu ressenti lorsque tu as appris que tu avais obtenu la médaille d’or ?
NW : J’étais vraiment très content. Ça récompensait tout le travail que j’avais fait.
SC : Au-delà du diplôme, qu’est-ce que le Brevet Grand Gibier vous a apporté personnellement, Anthony ?
AW : J’aime souvent dire une phrase : depuis que j’ai passé le Brevet Grand Gibier, je ne chasse plus de la même manière. Aujourd’hui, je comprends pourquoi je prélève un animal plutôt qu’un autre, pourquoi je peux décider d’en épargner un, pourquoi je vais intervenir à une période précise. On apprend à comprendre l’animal, son comportement et son environnement. Cela change complètement notre regard sur la chasse.
SC : Nolann, toi qui rêves maintenant de passer ton permis de chasser, quelle pratique te fait le plus envie ?
NW : L’approche. J’aime le silence, observer l’animal sans qu’il nous voie, faire attention au moindre geste.
SC : D’ailleurs, tu as déjà vécu de belles émotions…
NW : Oui ! Hier soir encore, avec papa, on est allés à l’approche. Un chevreuil est passé à une dizaine de mètres devant moi, puis juste après j’ai vu une compagnie de 17 sangliers. C’était vraiment incroyable.
SC : Quel conseil donnerais-tu à un jeune de ton âge qui hésite à passer le Brevet Grand Gibier ?
NW : Je lui dirais d’y aller. On apprend énormément de choses et c’est vraiment très intéressant.
SC : Anthony, quel message souhaiteriez-vous adresser aux parents et aux chasseurs qui hésitent encore à suivre cette formation ?
AW : Peu importe l’âge. Cette année, nous avions aussi un candidat de 78 ans. Il n’a pas obtenu le brevet, mais il est reparti avec énormément de connaissances. Personne ne repart les mains vides. Le Brevet Grand Gibier fait progresser tout le monde. C’est une formation qui permet de mieux comprendre la faune, la forêt et, au final, de devenir un chasseur plus responsable.
SC : Une dernière question, Anthony. Au-delà de la fierté du responsable départemental, qu’avez-vous ressenti en tant que père ?
AW : Une immense fierté. J’espérais qu’il obtienne l’argent, alors le voir décrocher l’or m’a vraiment surpris. Mais surtout, cela récompense tout le travail qu’il a fourni. À 12 ans, réussir un examen aussi exigeant prouve qu’avec de la motivation et de la passion, on peut accomplir de très belles choses.












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