Belval: la fondation François Sommer confirme ses ambitions pour la gestion durable des territoires

Domaine de Belval Fondation François Sommer

Quelques jours après l’inauguration du nouveau Centre de formation, de recherche et de création artistique de Belval, dans les Ardennes, la Fondation François Sommer précise les ambitions de cette structure unique en France. Fidèle à sa vocation historique, le domaine entend devenir une référence nationale en matière de gestion durable des espaces naturels, en réunissant chasseurs, forestiers, scientifiques, naturalistes et propriétaires autour d’une même vision de la biodiversité.

Un projet qui prend désormais toute sa dimension

Au début du mois de mai, So Chasse s’était entretenu avec David Pierrard, responsable de l’École et Domaine de Belval. Il nous expliquait alors que le futur centre devait permettre de créer un véritable lieu d’échanges entre les différents acteurs de la gestion des espaces naturels afin de dépasser les oppositions souvent caricaturales entre chasse et forêt. Quelques semaines plus tard, Henri de Castries, président de la Fondation François Sommer, rappelait à son tour que la chasse, lorsqu’elle repose sur la connaissance scientifique et une gestion responsable des populations, est pleinement compatible avec la préservation de la biodiversité. Aujourd’hui, le projet dévoile toute son ampleur. Implanté au cœur des 1 050 hectares du Domaine de Belval, ce nouveau centre ambitionne de devenir, à l’horizon 2030, un pôle national consacré à la formation, à la recherche scientifique, à l’expérimentation de terrain et à la diffusion des bonnes pratiques en matière de gestion durable des territoires.

Un campus consacré à la forêt, à la faune et à la biodiversité

Le nouvel équipement représente un investissement de 13 millions d’euros, financé à 94 % par la Fondation François Sommer, avec le soutien de l’État et de la Région Grand Est. Il prend la forme d’un véritable hameau ardennais de près de 2 500 m² composé de neuf pavillons accueillant salles de formation, laboratoires scientifiques, hébergements, restauration, espaces administratifs, ateliers artistiques et lieux de rencontres. L’ensemble a été conçu selon une démarche environnementale exigeante. Les bâtiments utilisent des matériaux biosourcés, notamment le bois, la paille et la pierre ardennaise, tandis que leur chauffage repose sur la géothermie profonde. Un choix qui traduit la volonté de la Fondation de faire du site lui-même une vitrine des pratiques durables.

Une offre de formation appelée à doubler

L’un des objectifs affichés est de renforcer fortement les capacités de formation dès 2027. Le nombre de sessions devrait passer d’une quinzaine à une trentaine par an, avec des programmes destinés aussi bien aux propriétaires privés qu’aux forestiers, chasseurs, gestionnaires d’espaces naturels, agents publics ou collectivités. Les thématiques abordées couvrent l’ensemble des enjeux actuels : gestion forestière durable, gestion adaptative de la faune sauvage, équilibre forêt-gibier, conservation des zones humides, préservation de la biodiversité, gestion des aires protégées privées ou encore évolution des pratiques cynégétiques à la lumière des connaissances scientifiques. Le centre développera également des formations sur mesure pour plusieurs partenaires institutionnels, parmi lesquels l’Office national des forêts, l’Office français de la biodiversité, la SNCF ou encore les Fédérations départementales des chasseurs. Toutes les formations dispensées à Belval bénéficient désormais de la certification Qualiopi, gage de qualité reconnu par l’État.

Faire progresser la connaissance scientifique

Comme l’avait déjà expliqué David Pierrard à So Chasse, la gestion durable passe d’abord par une meilleure connaissance des écosystèmes. Belval accueille ainsi depuis plus de dix ans un important programme de recherche consacré au sanglier, mené avec l’Office français de la biodiversité. Ce travail vise à mieux comprendre les mécanismes qui influencent la dynamique des populations afin d’améliorer les outils de gestion adaptative. Le domaine est aujourd’hui intégré au programme SEE-LIFE du CNRS consacré aux suivis écologiques de long terme. Le nouveau pavillon scientifique permettra désormais d’accueillir davantage de chercheurs français et étrangers autour de nouvelles thématiques telles que l’adaptation des forêts au changement climatique, le suivi sanitaire des populations animales, la conservation des habitats ou encore la restauration des milieux naturels.

Un lieu de dialogue entre tous les acteurs du vivant

L’ambition de la Fondation ne se limite pas aux seuls professionnels de la chasse. Le domaine continuera d’accueillir des artistes en résidence, des chercheurs, des étudiants, des scolaires et le grand public lors de journées de découverte consacrées aux zones humides, à la forêt ou à la biodiversité. L’objectif reste celui défendu depuis l’origine du projet : faire dialoguer des publics aux sensibilités parfois différentes autour d’une même réalité de terrain. Cette approche transversale constitue sans doute la principale singularité de Belval. Chasseurs, forestiers, naturalistes, scientifiques, propriétaires et gestionnaires y sont invités à construire des solutions communes plutôt qu’à s’opposer.

Une ambition nationale

En quelques mois, la Fondation François Sommer aura ainsi précisé les différentes facettes de son projet. Après avoir présenté sa philosophie puis affirmé sa vision d’une chasse pleinement intégrée à la protection de la biodiversité, elle dote désormais Belval d’un outil à la hauteur de ses ambitions. À travers ce nouveau centre, la Fondation entend faire du domaine ardennais une référence nationale où la recherche scientifique, la formation, l’expérimentation de terrain et la gestion cynégétique contribuent ensemble à une meilleure compréhension des équilibres naturels et à une gestion durable des territoires.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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