Instaurée pour renforcer la sécurité à la chasse tout au long de la vie des pratiquants, la formation décennale suscite régulièrement le débat. Un an après sa généralisation, le bilan 2025-2026 de l’Office français de la biodiversité apporte de premiers éléments chiffrés. Sans permettre de tirer des conclusions définitives, les données montrent que les chasseurs ayant suivi cette remise à niveau semblent proportionnellement moins impliqués dans les accidents. Un signal encourageant qui conforte l’intérêt de cette formation continue.
Une sécurité qui ne s’arrête pas le jour du permis
Obtenir son permis de chasser ne marque plus la fin de la formation. Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics, l’Office français de la biodiversité (OFB) et les fédérations départementales des chasseurs ont fait le choix d’inscrire la sécurité dans une logique de formation continue.
C’est dans cet esprit qu’a été créée la formation décennale. Son objectif n’est pas de réévaluer les compétences des chasseurs, mais de leur permettre de remettre à jour leurs connaissances, de rappeler les règles fondamentales de sécurité et d’échanger sur les évolutions réglementaires ou les retours d’expérience issus des accidents observés sur le terrain.
Une démarche qui s’inscrit dans une stratégie globale visant à poursuivre la baisse du nombre d’accidents.
Les premiers chiffres sont encourageants
Le bilan 2025-2026 apporte un premier retour statistique sur l’efficacité potentielle de cette formation. Parmi les auteurs d’accidents recensés depuis 2020, 49 % avaient suivi la formation décennale, tandis que 51 % ne l’avaient pas suivie. Pris isolément, ces chiffres pourraient sembler équilibrés. Mais ils prennent une tout autre dimension lorsqu’on les compare à la population générale des chasseurs.
Aujourd’hui, 54 % des chasseurs ont déjà suivi cette formation, contre 46 % qui ne l’ont pas encore réalisée. Autrement dit, les chasseurs formés sont légèrement moins représentés parmi les auteurs d’accidents que leur poids réel dans la population cynégétique.
L’écart reste modeste, mais il va dans le bon sens.

Source: OFB
Un effet également observé sur les auto-accidents
L’analyse devient encore plus intéressante lorsqu’elle porte sur les auto-accidents, qui constituent désormais la principale problématique de sécurité.
Là encore, les chasseurs ayant suivi la formation décennale apparaissent légèrement moins représentés parmi les auteurs d’auto-accidents que dans la population globale des chasseurs.
Pour l’OFB, ces premiers résultats laissent penser que les rappels réguliers sur la manipulation des armes, le port de l’arme en déplacement ou encore les comportements à adopter au poste peuvent contribuer à réduire les risques.
Même si ces données devront être confirmées dans les prochaines années, la tendance semble déjà se dessiner.
Le permis nouvelle génération semble lui aussi porter ses fruits
Le bilan met également en évidence un autre élément intéressant.
Depuis 2003, l’examen du permis de chasser comprend une importante partie pratique consacrée à la sécurité et à la manipulation des armes.
Les statistiques montrent que les chasseurs ayant obtenu leur permis après 2003 sont proportionnellement moins impliqués dans les accidents que ceux titulaires d’un permis plus ancien. Là encore, il ne s’agit pas d’établir un lien de causalité absolu, mais cette évolution tend à montrer que le renforcement de la formation pratique a eu un impact positif sur les comportements.
La sécurité repose avant tout sur les habitudes
Si les formations jouent un rôle important, elles ne remplacent évidemment pas les bons réflexes sur le terrain.
Respect permanent des angles de tir, maîtrise des manipulations, arme sécurisée lors des déplacements, prise en compte de l’environnement : ce sont ces gestes répétés à chaque sortie qui permettent de prévenir les accidents.
La formation décennale a justement vocation à entretenir ces automatismes, parfois plusieurs dizaines d’années après l’obtention du permis de chasser.
Une démarche appelée à s’installer durablement
Avec seulement quatre accidents mortels recensés cette saison, un record historique, la chasse française poursuit sa progression en matière de sécurité. Cette amélioration est le fruit de nombreux leviers : évolution du permis de chasser, contrôles renforcés de l’OFB, actions des fédérations, sensibilisation des organisateurs de battues et rappel permanent des règles de sécurité.
La formation décennale s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Si les données restent encore récentes et devront être consolidées au fil des prochaines saisons, elles montrent déjà que la formation continue pourrait devenir l’un des outils les plus efficaces pour accompagner la baisse des accidents.
À l’heure où l’ensemble des acteurs du monde cynégétique affichent un objectif commun de « zéro accident », ces premiers résultats apportent un motif supplémentaire de poursuivre les efforts engagés.












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