Accidents de chasse : pourquoi les auto-accidents sont devenus le principal défi de la sécurité

Accident de chasse

Le bilan 2025-2026 de l’Office français de la biodiversité confirme une excellente nouvelle : avec seulement quatre décès, la chasse enregistre le nombre d’accidents mortels le plus faible jamais observé en France. Mais derrière ce résultat historique se cache une autre réalité. Désormais, le danger ne vient plus principalement des tirs impliquant un autre chasseur. Ce sont les auto-accidents qui concentrent l’attention, puisqu’ils représentent près de quatre accidents sur dix et sont à l’origine de trois des quatre décès de la saison. 

Les accidents continuent de diminuer, mais leur nature évolue

Depuis vingt ans, les efforts réalisés en matière de sécurité portent leurs fruits. Le nombre total d’accidents a diminué de 49 % par rapport à 2006 et se stabilise désormais entre 80 et 100 accidents par saison. Pour 2025-2026, l’OFB recense 92 accidents, dont 4 mortels, 57 graves et 31 légers, un niveau historiquement bas. Cette amélioration est largement attribuée à la multiplication des formations, au renforcement des contrôles, à l’évolution du permis de chasser et aux nombreuses campagnes de prévention menées depuis plusieurs années. Mais l’analyse détaillée du bilan révèle un phénomène nouveau.

Les auto-accidents représentent désormais 39 % des accidents

Cette saison, 39 % des accidents de chasse sont des auto-accidents, contre une moyenne de 31 % sur les vingt dernières années. Plus marquant encore, trois des quatre accidents mortels concernent des chasseurs qui se sont blessés eux-mêmes.  Autrement dit, le principal risque aujourd’hui ne provient plus seulement du voisin de poste ou d’un tir mal orienté, mais bien de la manière dont chacun manipule sa propre arme. Ce constat change profondément la manière d’aborder la prévention.

Des accidents qui surviennent souvent lors des manipulations

Un auto-accident ne survient pas forcément au moment du tir. Ils interviennent fréquemment lors :

  • des déplacements entre deux postes ;
  • du franchissement d’un obstacle ;
  • du passage d’une clôture ;
  • du rangement de l’arme ;
  • du chargement ou du déchargement ;
  • ou encore lors d’une mauvaise manipulation au poste.

Dans son analyse, l’OFB insiste sur un point : une arme chargée reste potentiellement mortelle tant qu’elle n’est pas sécurisée. La vigilance doit donc rester permanente, y compris lorsque l’action de chasse semble terminée. 

L’âge n’est pas le facteur que beaucoup imaginent

À chaque accident médiatisé, certains pointent spontanément l’âge des chasseurs. Pourtant, les chiffres racontent une autre histoire. L’étude de l’OFB montre que l’âge n’apparaît pas comme un facteur de risque, aussi bien pour les accidents en général que pour les auto-accidents. Les chasseurs de plus de 65 ans apparaissent même proportionnellement moins représentés parmi les auteurs d’accidents que leur poids réel dans la population cynégétique. L’expérience acquise au fil des saisons semble donc largement compenser les effets du temps.

Le port de l’arme reste le point clé

Si les causes évoluent, le message reste simple. Le port de l’arme constitue aujourd’hui l’un des principaux axes de prévention.
Canon orienté dans une direction sûre, arme ouverte ou déchargée lors des déplacements lorsque la situation l’impose, doigt hors de la détente, contrôle permanent de l’environnement : ces gestes, répétés à chaque sortie, font toute la différence. L’OFB souligne que c’est précisément cet apprentissage qui devra continuer à être renforcé pour réduire durablement le nombre d’auto-accidents. 

Une nouvelle priorité pour tendre vers le « zéro accident »

Le monde cynégétique partage désormais un objectif commun avec l’OFB : tendre vers le zéro accident. Les progrès réalisés depuis vingt ans démontrent que les actions de prévention fonctionnent. Mais les chiffres de cette saison montrent également que la marge de progression se situe désormais ailleurs. Moins dans les erreurs de tir entre chasseurs que dans les gestes du quotidien : manipuler son arme avec méthode, ne jamais relâcher son attention et conserver les mêmes réflexes de sécurité du début à la fin de la journée de chasse. Les statistiques 2025-2026 ne doivent donc pas seulement être lues comme un excellent bilan. Elles dessinent aussi la feuille de route des prochaines années : faire des auto-accidents la nouvelle priorité de la sécurité à la chasse. 

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Passionnée de chasse depuis son plus jeune âge, Ninon Leroux pratique aussi bien la chasse à courre que la chasse à tir. Native du Sud-Ouest, elle est particulièrement attachée aux traditions cynégétiques de sa région, notamment à la chasse de la palombe. Cavalière accomplie, elle a remporté le Championnat de France du cheval de chasse avec le Rallye Ardillières, une distinction qui témoigne de sa parfaite connaissance du monde de la vénerie et du cheval de chasse. Passionnée par les grands espaces, la tauromachie et la culture équine, Ninon aime partager sa vision d'une chasse profondément ancrée dans les territoires, les traditions et la transmission. Au sein de So Chasse, elle met en lumière les femmes, les jeunes chasseurs, la chasse à courre, les traditions cynégétiques et les grands rendez-vous du monde de la chasse.

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