Toulouse : les chasseurs testent un filet à sangliers près de l’A61

Filet anti-sangliers FDC 31

La Fédération départementale des chasseurs de la Haute-Garonne va expérimenter pendant un an un filet destiné à capturer des compagnies entières de sangliers aux abords de l’autoroute A61. Installé avec l’appui de VINCI Autoroutes, le dispositif doit permettre d’intervenir dans un secteur urbanisé où la chasse ne peut pas être pratiquée.

Des sangliers installés aux portes de Toulouse

Les abords de l’Hers, qui traverse l’agglomération toulousaine, offrent aux sangliers des zones de refuge particulièrement favorables. Ces espaces peu accessibles et souvent non chassables permettent aux animaux de se maintenir à proximité immédiate des habitations, des exploitations agricoles et de plusieurs axes routiers. Une population importante s’est notamment installée le long de l’autoroute A61 et de la route départementale 916. Sa présence entraîne des risques de collisions, complique l’entretien et l’exploitation des infrastructures routières et provoque également des dégâts dans les parcelles agricoles voisines. La situation illustre les difficultés croissantes rencontrées pour gérer les sangliers en milieu urbain et périurbain. Alors que les chasseurs de Haute-Garonne prélèvent entre 6 000 et 7 000 animaux chaque année dans le département, les secteurs urbanisés constituent des zones de refuge dans lesquelles les moyens traditionnels de régulation atteignent rapidement leurs limites.

Un filet pour capturer des compagnies entières

Dans le cadre du projet Oc’sanglier, la Fédération départementale des chasseurs va acquérir un filet de capture qui sera installé à l’intérieur de l’emprise autoroutière. Les équipes de VINCI Autoroutes apporteront leur appui technique à la mise en place de cet équipement. Son utilisation sera ensuite assurée par les lieutenants de louveterie, avec le concours de la Fédération et de l’association communale de chasse agréée locale. Contrairement aux cages-pièges, qui ne permettent généralement de capturer qu’un nombre limité d’animaux, le filet doit pouvoir se refermer sur une compagnie entière. L’objectif annoncé est de réduire fortement la population de sangliers concentrée entre l’A61 et la RD916. Cette méthode présente un intérêt particulier dans les secteurs où l’organisation de battues serait difficile, voire impossible, en raison de la proximité des routes, des habitations et des différents équipements urbains.

Une expérimentation menée pendant un an

Le dispositif sera testé pendant une année complète. Les chasseurs, les lieutenants de louveterie et les gestionnaires routiers devront en évaluer la faisabilité, l’efficacité et les conditions d’utilisation. Si l’expérimentation se révèle concluante, ce type de filet pourrait ensuite être déployé dans d’autres secteurs particulièrement touchés de la métropole toulousaine. Cette opération s’inscrit dans une démarche plus large engagée depuis près de quinze ans par la Fédération départementale des chasseurs de la Haute-Garonne pour mieux gérer la présence du sanglier en ville. Le nouveau volet du projet Oc’sanglier prévoit notamment d’identifier des sites pilotes, de suivre les populations, de conduire des opérations de piégeage et de transformer certaines friches urbaines en prairies moins attractives pour les suidés. Des actions de sensibilisation doivent également apprendre aux riverains à protéger leurs jardins, leurs déchets alimentaires et leurs composteurs. Financé à hauteur de 40 % par la Région Occitanie et de 60 % par la Fédération départementale des chasseurs, le projet associe les services de l’État, les collectivités, les agriculteurs, les chasseurs et les gestionnaires d’infrastructures. Une coopération indispensable face à des animaux qui savent parfaitement profiter des zones où les chasseurs ne peuvent plus intervenir avec leurs moyens habituels.

Partager cet article


Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha


Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

Découvrez d'autres articles

Retour en haut