Sécheresse dans l’Orne : les chasseurs adaptent leur gestion du chevreuil

Brocards

Alors que la chasse collective du sanglier ouvre ce samedi 15 août dans l’Orne, la Fédération départementale des chasseurs appelle à la vigilance face aux conséquences de la sécheresse et des épisodes de canicule. Si la pression de chasse doit rester soutenue sur les sangliers dans plusieurs secteurs, les prélèvements de chevreuils pourraient, eux, devoir être revus à la baisse localement.

Le sanglier ouvre ce samedi 15 août

La saison cynégétique reprend véritablement ce samedi dans l’Orne, comme dans de nombreux départements, avec l’ouverture de la chasse du sanglier en battue. Et pour cette espèce, pas question pour l’instant de relâcher l’effort. Les populations restent importantes dans plusieurs secteurs du département, après une saison marquée par un niveau exceptionnel de dégâts agricoles. Les indemnisations versées aux exploitants avaient alors atteint environ deux millions d’euros, tandis que plus de 7 300 sangliers avaient été prélevés. Pour la Fédération départementale des chasseurs de l’Orne, la poursuite d’une pression de chasse adaptée demeure donc nécessaire afin de maintenir un équilibre acceptable entre populations animales, agriculture et activités humaines.

Des premiers résultats encourageants sur les cervidés

La situation apparaît différente concernant les cervidés. Sur le massif de Saint-Evroult notamment, les premiers résultats obtenus après la réduction des populations sont jugés encourageants. Selon la Fédération, les effets commencent à être visibles sur les dégâts occasionnés aux cultures et aux peuplements forestiers. Mais un nouveau paramètre vient désormais compliquer la gestion : les conditions météorologiques exceptionnelles de ces derniers mois.

La sécheresse pourrait avoir fragilisé les chevreuils

Canicule, manque d’eau prolongé et raréfaction des ressources alimentaires pourraient avoir des conséquences sur certaines populations de chevreuils. Les jeunes de l’année apparaissent particulièrement vulnérables. Plusieurs observations effectuées sur le terrain font ainsi craindre, dans certains secteurs, une baisse du recrutement, c’est-à-dire du nombre de jeunes animaux venant renouveler la population. La Fédération départementale des chasseurs a donc lancé une expertise avec ses services techniques afin de mesurer plus précisément l’impact de la sécheresse sur l’espèce.

Les chasseurs invités à adapter leurs prélèvements

En attendant de disposer de résultats plus complets, le mot d’ordre est la prudence. Les détenteurs de plans de chasse qui constateraient une diminution significative du nombre de chevreuils sur leur territoire sont invités à adapter leurs prélèvements. Si la situation locale le justifie, ils pourront ainsi se limiter au minimum prévu par leur plan de chasse plutôt que de chercher à réaliser systématiquement l’intégralité des attributions. La Fédération demande également aux chasseurs de lui transmettre leurs observations afin d’obtenir une vision aussi précise que possible de la situation à l’échelle du département.

Gérer différemment selon les espèces et les territoires

La situation rencontrée dans l’Orne illustre parfaitement la complexité de la gestion de la grande faune. D’un côté, les sangliers restent suffisamment nombreux pour nécessiter une pression de chasse importante et limiter des dégâts agricoles devenus très coûteux. De l’autre, certaines populations de chevreuils pourraient avoir souffert d’un été particulièrement difficile et nécessiter localement davantage de retenue. Il n’existe donc pas une réponse unique applicable à toutes les espèces et à tous les territoires.

À quelques semaines de l’ouverture générale, prévue le dimanche 20 septembre dans l’Orne, les observations remontées par les chasseurs seront particulièrement importantes pour affiner les décisions. Car au-delà du prélèvement, leur présence régulière sur le terrain leur permet aussi de détecter rapidement les évolutions d’effectifs, les problèmes sanitaires ou les conséquences d’événements climatiques exceptionnels. Et dans un été 2026 marqué par la sécheresse, savoir réduire un prélèvement lorsque la situation l’exige fait tout autant partie de la gestion cynégétique que savoir l’augmenter lorsque les populations deviennent trop importantes.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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