Dans le Gard, la consigne adressée aux chasseurs pour la saison 2026-2027 est sans ambiguïté : il faut encore augmenter la pression sur les sangliers. L’espèce est évaluée au niveau 2 sur l’ensemble du département, correspondant à une situation de déséquilibre agro-cynégétique. Aucun quota, aucune restriction de poids ou de sexe ne vient donc limiter les prélèvements. Une politique assumée face à des populations qui restent élevées et à des dégâts agricoles toujours importants.
La fédération du Gard alerte ses chasseurs
Le message de la Fédération départementale des chasseurs du Gard est particulièrement clair. À l’occasion de son deuxième bulletin d’alerte consacré à l’ouverture de la chasse au sanglier, la FDC30 rappelle que l’ensemble du département est classé au niveau cynégétique 2 pour cette espèce. Autrement dit : une situation de déséquilibre agro-cynégétique. Et cette classification entraîne une conséquence directe pour les gestionnaires de territoires : il faut accroître l’effort de chasse afin de réduire les populations.
Pas de limitation des tableaux
Le Plan de gestion cynégétique approuvé Sanglier est annexé à l’arrêté préfectoral d’ouverture et de fermeture de la chasse 2026-2027. Il est donc opposable aux chasseurs ainsi qu’aux sociétés, groupements et associations de chasse, conformément à l’article L.425-3 du Code de l’environnement. Dans le Gard, le classement au niveau 2 impose aux gestionnaires d’utiliser les différents outils à leur disposition pour tenter de ramener les effectifs à un niveau plus équilibré. La FDC30 le rappelle explicitement : la chasse du sanglier doit être pratiquée sans aucune limitation de prélèvements en nombre, en classe de poids ou en sexe. La seule recommandation consiste, lorsque la situation le permet, à privilégier le tir des marcassins et des jeunes animaux avant celui d’une laie suitée. La logique est donc très claire : il ne s’agit pas de maintenir les populations à leur niveau actuel, mais bien de les faire diminuer.
Plus de 31 000 sangliers dans le dernier bilan disponible
Les données définitives de la campagne 2025-2026 ne semblent pas encore avoir été rendues publiques par la Fédération départementale des chasseurs du Gard. Le dernier tableau de bord disponible porte donc sur la saison 2024-2025. Cette année-là, 31 283 sangliers avaient été prélevés en battue dans le Gard, soit une progression de 8,5 % par rapport à la saison précédente. Au total, 24 661 battues avaient été organisées, pour une moyenne d’environ 1,3 sanglier prélevé par battue. Ces chiffres montrent déjà l’ampleur de la pression cynégétique exercée dans le département. Mais ils ne suffisent manifestement pas à considérer le problème comme réglé. Car en mars 2026, alors que la campagne suivante arrivait à son terme, la FDC30 constatait encore une « nouvelle tendance à la hausse des populations de sangliers » et appelait à poursuivre les efforts de régulation. Autrement dit, malgré des prélèvements déjà très importants, la dynamique des populations restait suffisamment préoccupante pour justifier une nouvelle hausse de la pression de chasse.
Plus de 400 000 euros de dégâts dans le dernier bilan publié
Le dernier bilan public disponible permet également de mesurer le poids économique du sanglier. Pour la campagne 2024-2025, la Fédération départementale des chasseurs du Gard avait indemnisé 402 215,32 euros de dégâts agricoles, contre 300 812 euros en 2023-2024. Le nombre de dossiers était lui aussi en forte hausse, passant de 251 à 342 en un an. Les vignobles avaient particulièrement souffert. Ils représentaient à eux seuls 147 dossiers et plus de 151 000 euros d’indemnisations, soit 37,6 % du montant total. Les cultures céréalières avaient généré près de 84 000 euros d’indemnisation et les protéagineux plus de 80 000 euros. Dans un département viticole comme le Gard, difficile donc de réduire la question du sanglier à un simple débat cynégétique. Elle est également agricole, économique et territoriale.
Une alerte déjà lancée au printemps
La Fédération avait d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme bien avant cette nouvelle saison. Dès le mois de mars 2026, elle évoquait cette « nouvelle tendance à la hausse des populations de sangliers » et demandait aux territoires de maintenir une forte pression de chasse. Quelques semaines plus tard, elle appelait également à proscrire les pratiques susceptibles de favoriser artificiellement l’espèce. Dans un communiqué consacré au nourrissage, la FDC30 insistait sur la nécessité de faire baisser les populations, de limiter le coût des dégâts agricoles, mais aussi de réduire les risques de collisions routières et les enjeux sanitaires liés notamment à la peste porcine africaine ou à la tuberculose bovine. La politique menée pour 2026-2027 s’inscrit donc dans une stratégie déjà engagée depuis plusieurs mois.
Une pression de chasse étendue dans le temps
Dans le Gard, les possibilités d’intervention sur le sanglier dépassent largement la seule période d’ouverture générale. Sous certaines conditions, la chasse du sanglier peut être pratiquée en battue, à l’affût ou à l’approche dès le 1er juin afin de prévenir les dégâts aux cultures agricoles. Le dispositif prévoit également une nouvelle période spécifique au printemps 2027. Là encore, le message est cohérent : maintenir une pression suffisamment forte sur l’espèce durant une période beaucoup plus longue que la seule saison traditionnelle.
Une consigne qui ne laisse guère de place au doute
Même si les chiffres consolidés de 2025-2026 ne sont pas encore publiquement disponibles, tous les signaux vont dans le même sens. Le dernier bilan connu faisait déjà état de plus de 31 000 sangliers prélevés en battue et de plus de 400 000 euros d’indemnisations agricoles. Quelques mois plus tard, la Fédération constatait encore une hausse des populations. Pour 2026-2027, la conclusion est donc logique : il faut prélever davantage. Les chasseurs gardois sont appelés à utiliser pleinement les possibilités réglementaires mises à leur disposition, sans limitation quantitative des tableaux.












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