Eure : un sanglier exceptionnel de 171 kg prélevé en battue

Sanglier de 171 kg prélevé dans l'Eure

Pour leur première journée de chasse de la saison, six amis réunis sur un territoire de l’Eure ne s’attendaient certainement pas à rencontrer un tel animal. Levé par Pepito, l’épagneul breton de Thomas, puis poussé par ses jagdterriers, un énorme sanglier a finalement été prélevé par Guillaume après près de 500 mètres de menée. Une fois placé sur la balance, le verdict est tombé : 171 kg !

Une toute petite équipe pour ouvrir la saison

Dimanche 23 août, quelque part dans le secteur de Saint-Marcel, dans l’Eure, Thomas et quelques-uns de ses amis avaient rendez-vous pour leur première sortie de la saison 2026-2027. Pas question ici d’une immense battue réunissant plusieurs dizaines de chasseurs. Ce jour-là, ils ne sont que six : quatre chasseurs postés et deux rabatteurs. Une configuration qui n’a d’ailleurs rien d’exceptionnel sur ce territoire. Le propriétaire et chef de battue préfère depuis des années chasser avec une toute petite équipe composée d’hommes qu’il connaît parfaitement, habitués aux lieux comme aux différents postes. Le nombre de participants dépasse rarement la dizaine. Thomas tient d’ailleurs à le remercier tout particulièrement pour sa confiance et pour l’accueil qu’il réserve depuis toutes ces années à cette petite équipe de passionnés. Sur le territoire, la traque lui est confiée et il peut, lorsque cela est nécessaire, être accompagné par l’un de ses amis. Une confiance qui s’est construite au fil des saisons et des nombreuses journées passées ensemble derrière les sangliers. Ce dimanche-là, Thomas entre donc dans l’enceinte aux côtés de son ami David. Avec eux, une sacrée équipe canine : trois épagneuls bretons et huit jagdterriers. Le rendez-vous avait été donné à 7 h 30 et, après le traditionnel rond ainsi que le rappel des consignes de sécurité, les chiens sont découplés aux alentours de 8 heures.

À 8 h 39, Pepito trouve quelque chose de gros

Le territoire n’a rien d’une promenade de santé. Thomas décrit des parcelles extrêmement fermées, entrecoupées de quelques allées mais composées par endroits d’une végétation quasiment impénétrable. Le genre d’endroit dans lequel les sangliers trouvent évidemment des remises idéales. Et à 8 h 39 précisément, Pepito entre en scène. Cet épagneul breton occupe une place particulière dans la meute de Thomas. Alors que l’on associe évidemment cette race à la chasse du petit gibier à plume, Pepito s’est fait une spécialité bien différente : trouver les sangliers avant les autres chiens. « C’est toujours lui qui trouve tous les sangliers avant tout le monde », nous explique Thomas. Cette fois encore, le brave épagneul ne s’est pas trompé. Dans l’épaisseur de la végétation, il marque la présence d’un animal et se retrouve au ferme. Les jagdterriers arrivent alors à leur tour. Équipés de leurs gilets de protection, les petits chiens entrent au contact. Et l’animal qu’ils viennent de découvrir n’a manifestement rien d’un petit sanglier.

Une minute au ferme puis 500 mètres derrière les chiens

Pendant environ une minute, le sanglier tient les chiens au ferme. Puis le gros mâle décide finalement de rompre la confrontation. Il démarre et s’enfonce dans l’enceinte avec les chiens derrière lui. La menée est lancée. Thomas estime qu’il parcourt ainsi environ 500 mètres avant de se diriger vers l’une des sorties de l’enceinte. Or le propriétaire connaît parfaitement les habitudes des animaux et les principaux passages utilisés lorsqu’ils quittent ces parcelles. C’est tout l’intérêt de cette petite équipe composée des mêmes chasseurs au fil des saisons : chacun connaît son poste et le territoire sur lequel il évolue. Sur l’une de ces coulées se trouve justement Guillaume. Et soudain, le voilà qui voit surgir devant lui un sanglier dont le gabarit ne laisse guère de doute : c’est une très grosse bête noire qui arrive.

Le sanglier arrive plein travers à 30 mètres

L’animal se présente à Guillaume à environ 30 ou 35 mètres, plein travers. Le chasseur, équipé d’une carabine semi-automatique chambrée en .300 Winchester Magnum, épaule et tire. Sa première balle fait immédiatement chuter le sanglier. Mais l’animal bouge encore et les chiens arrivent derrière lui. Guillaume n’hésite donc pas et lui place une seconde balle. Un réflexe que Thomas approuve totalement. Avec des chiens lancés derrière un animal, et a fortiori face à un sanglier de cette taille, aucun risque ne doit être pris : si celui-ci montre encore des signes laissant craindre qu’il puisse se relever, une seconde balle permet à la fois d’abréger au plus vite sa fin et de protéger les chiens. Guillaume annonce alors à ses amis qu’il vient de prélever un sanglier énorme. De son côté, Thomas sait qu’une route sépare le secteur où il se trouve de la ligne des postés. Dès qu’il apprend que le sanglier est mort, il coupe donc immédiatement la menée et récupère ses chiens avant qu’ils ne poursuivent plus loin.

Même Thomas était loin des 171 kg !

Il faudra attendre la fin de la chasse pour que toute l’équipe puisse véritablement découvrir l’animal. Et les estimations commencent. Certains imaginent un sanglier de 120 kg, d’autres avancent 130 kg. Thomas, qui a pourtant déjà eu affaire à plusieurs sangliers dépassant largement les 150 kg, place la barre plus haut. « Moi, j’ai dit entre 140 et 150 kg. ». Il sera effectivement le plus proche. Mais encore loin du compte ! Lorsque l’imposant mâle est finalement placé sur la bascule, les chiffres qui apparaissent provoquent forcément quelques sourires : 171 kg. Un poids exceptionnel, même pour un animal adulte, et que personne dans la petite équipe n’avait véritablement envisagé. Curieusement, ce véritable colosse n’était en revanche pas particulièrement bien armé. Thomas nous indique que ses défenses visibles ne dépassaient guère cinq centimètres et n’étaient pourtant pas cassées. Comme quoi, poids et trophée ne vont pas nécessairement de pair chez le sanglier.

« Un Keiler de ce poids, ça ne se fait pas tous les jours »

Pour Thomas, qui connaît pourtant bien les rencontres avec de très gros sangliers, cette première journée de la saison restera donc forcément particulière. Mais il insiste surtout sur la réussite de son ami Guillaume. « Je suis heureux pour lui, il le mérite. Un Keiler de ce poids, ça ne se fait pas tous les jours. ». Et le piqueux n’oublie évidemment pas ceux sans lesquels cette histoire n’aurait sans doute jamais commencé : ses chiens. Pepito d’abord, cet étonnant épagneul breton qui, une fois encore, aura été le premier à découvrir le sanglier. Puis les jagdterriers qui auront pris le relais et poussé l’animal jusqu’à la ligne. Thomas tient enfin à remercier une nouvelle fois le propriétaire et chef de battue pour sa confiance, sa fidélité envers cette petite équipe et toutes ces journées de chasse qu’il leur permet de partager depuis plusieurs années. Car derrière les 171 kg affichés par une balance, c’est aussi cela que Thomas retient de cette matinée : une poignée de copains passionnés, des chiens particulièrement performants, un propriétaire qui leur fait confiance et l’une de ces histoires que l’on continuera probablement à raconter longtemps autour de la table. Et il résume finalement tout cela en une phrase : « Merci aux chiens, car sans eux la chasse ne serait pas aussi belle. »

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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