Après l’intervention d’un chasseur appelé pour abréger les souffrances d’un renard agonisant, la Fédération des chasseurs du Haut-Rhin dénonce les menaces visant son adhérent et sa famille. Elle demande désormais à ses membres de ne plus intervenir sans réquisition écrite d’une autorité compétente.
Un renard agonisant, un chasseur pris pour cible
Le 5 septembre dernier, une intervention sur la voie publique à Thann, dans le Haut-Rhin, a déclenché une véritable tempête. Appelé en urgence par la Brigade Verte pour mettre fin aux souffrances d’un renard percuté par une voiture, un chasseur est intervenu dans le cadre des procédures habituelles. Selon la Fédération Départementale des Chasseurs du Haut-Rhin, un tir par arme à feu était impossible pour des raisons de sécurité. L’animal, agonisant et mordant, a donc dû être achevé par une méthode d’urgence, alors que des véhicules de la police municipale faisaient écran afin de dissimuler la scène aux badauds.
Une émotion qui ne justifie pas les menaces
Une situation difficile, forcément éprouvante pour les personnes présentes. Mais pour la Fédération, l’émotion ne peut en aucun cas justifier les menaces de mort et le harcèlement dont le chasseur est désormais victime. « Rien ne saurait justifier le harcèlement et les menaces graves dont ce chasseur est aujourd’hui la cible », dénonce-t-elle, en apportant son « soutien total et inconditionnel » à son adhérent. Cette affaire met surtout en lumière une réalité rarement évoquée : les chasseurs sont régulièrement sollicités pour intervenir sur des animaux blessés, parfois dans des conditions particulièrement délicates.
Un secours aux animaux devenant un risque pour les chasseurs
Accidents de la circulation, animaux agonisants, interventions en zone urbaine… Ces situations nécessitent de prendre des décisions rapides, avec des impératifs de sécurité parfois incompatibles avec l’utilisation d’une arme à feu.Mais désormais, la Fédération estime que la bonne volonté de ses membres ne peut plus se faire au prix de leur sécurité ou de celle de leurs proches.« La Fédération Départementale des Chasseurs du Haut-Rhin refuse que la bonne volonté et le sens du devoir de ses adhérents se paie au prix de leur sécurité et de celle de leurs proches », affirme-t-elle.
Plus d’intervention sans réquisition écrite
Face aux menaces visant le chasseur et sa famille, la Fédération demande officiellement à ses adhérents de ne plus intervenir pour achever des animaux blessés sur la voie publique ou dans les espaces urbanisés. Une seule exception est désormais prévue : une intervention réalisée sur « réquisition écrite d’une autorité administrative ayant pouvoir de police ». Sont notamment concernés les maires, la Gendarmerie, la Police nationale ou encore l’Office français de la biodiversité. Autrement dit, sans cadre officiel clairement établi, les chasseurs ne devront plus prendre le risque d’intervenir.
Des conséquences sur la prise en charge des animaux blessés
Cette décision pourrait avoir des conséquences concrètes sur la prise en charge des animaux blessés. Car lorsque les personnes compétentes sont appelées en urgence, ce sont souvent les chasseurs, habitués à manipuler la faune sauvage, qui sont sollicités pour éviter à un animal de longues heures de souffrance. À force de transformer chaque intervention en procès public, certains finiront peut-être par ne plus répondre présents. Et ce jour-là, ce ne seront pas les réseaux sociaux qui devront gérer les animaux agonisants sur le bord des routes.












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