Vendredi 21 août 2026 marque la traditionnelle ouverture de la chasse au gibier d’eau dans les marais. Mais en Brière, en Loire-Atlantique, le botulisme continue de tuer les oiseaux. Les chasseurs ont réalisé une opération coup de poing pour contester un niveau d’eau trop faible et mal géré.

Une odeur nauséabonde plane dans l’air. Des camionnettes arrivent peu avant midi pour une mission bien précise devant le siège du Syndicat du bassin versant du Brivet (SBVB) à Pontchâteau, en Loire-Atlantique. Dans les véhicules, des cadavres. Beaucoup de cadavres, entre cinquante et cent. Sortis des sacs-poubelle, ils ont été jetés au-dessus des grilles du SBVB. Il y a des poissons, des brochets et des sandres. Des oiseaux, surtout : canards colvert, cormorans, aigrettes ou encore un cygne. Tous sont morts du botulisme, cette bactérie qui décime la faune. L’épizootie est moindre cette année. Bien en deçà de l’été 2025 catastrophique qui s’est soldé par la mort de plus de 9 000 volatiles dans les marais de Brière.

Le SBVB gère les niveaux d’eau dans les marais
Vendredi 21 août marquait, pour les passionnés de gibier d’eau, l’ouverture de la chasse dans les marais, dans un contexte compliqué de sécheresse historique pendant cet été. Une ouverture maintenue dans le Parc naturel régional de Brière, seconde zone humide française, mais les chasseurs de ce marais avaient la tête ailleurs. Ils sont donc venus exprimer leur colère. Si le SBVB a été ciblé, c’est parce que la structure gère les niveaux d’eau dans les marais de Brière. Et pour les chasseurs, ils sont trop bas. « On veut une meilleure gestion de l’eau, on ne demande pas que les plats soient complètement inondés à cette période, mais avoir un minimum de quoi naviguer », peste un des chasseurs.

Des conflits d’usage qui existent depuis longtemps
Sur place, une centaine de personnes pour cette action. « S’il y a autant de monde, c’est pour protester contre une ouverture qu’on loupe une nouvelle fois, même si ce n’est pas à cette date qu’il y a le plus de canards », ajoute l’intéressé. Les conflits d’usage, notamment entre les chasseurs et les agriculteurs, sont au cœur de ce bras de fer pour les niveaux d’eau. « Il faut aussi que les agriculteurs arrêtent de mettre la pression et qu’il fasse comme avant, réaliser leur fauche au mois de septembre et non plus en juin » lâche le même chasseur. Une demi-heure et quelques haut-le-cœur plus tard, tout le monde repart, klaxonnant et brandissant le drapeau de la Brière. Le coup de colère s’est finalement bien passé. Eric Provost, président du SBVB, s’est exprimé à nos confrères de Presse Océan : « On est le bouc émissaire des usagers. Ce genre de conflit existe depuis très longtemps mais le problème c’est que l’adaptation n’est pas assez rapide par rapport au changement climatique concernant le niveau d’eau.«

Une réaction de la Fédération de Loire-Atlantique
Ces cadavres, ils ont été ramassés au petit matin lors d’une maraude dans la zone humide. Sur place, les chasseurs équipés de chasubles orange et de gants sont allés ramasser les animaux morts, parmi les rares coups de fusil qui se sont fait entendre, dans un marais plombé par une odeur pestilentielle qui prime sur celle de la vase. Dans un communiqué, la Fédération départementale des chasseurs de Loire-Atlantique rappelle qu’elle n’en est pas à l’origine. Elle dit « comprendre la colère des Briérons, il n’est plus possible d’attendre une troisième catastrophe pour agir, il faut maintenant choisir de sauver la Brière ou de l’achever ».












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