Pays de la Loire : dernier jour contre le déclassement ESOD du corbeau freux

corbeaux freux

La consultation publique portant sur la future liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts prend fin ce jeudi 30 juillet. En Pays de la Loire, le projet prévoit de retirer le corbeau freux de la liste des ESOD, malgré les dommages importants provoqués dans les cultures. So Chasse appelle ses lecteurs à soutenir massivement les agriculteurs en déposant un avis défavorable.

Dernier jour pour s »opposer

Il ne reste désormais que quelques heures pour tenter d’empêcher le déclassement du corbeau freux en Pays de la Loire. Ouverte le 9 juillet, la consultation publique portant sur la future liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, les ESOD, se terminera ce jeudi 30 juillet. L’arrêté doit fixer, pour les trois prochaines années, les espèces pouvant faire l’objet d’opérations de destruction encadrées, notamment par tir ou piégeage. Le projet présenté par le ministère de la Transition écologique prévoit notamment de retirer le corbeau freux de la liste des ESOD en Pays de la Loire. Une perspective qui provoque la colère des agriculteurs, confrontés chaque année aux dégâts commis sur leurs semis.

Les agriculteurs de toute la région concernés

Le corbeau freux peut provoquer des dégâts considérables dans les parcelles fraîchement semées, particulièrement dans les cultures de maïs. Les oiseaux suivent les lignes de semis pour extraire les graines du sol. Ils peuvent également arracher les jeunes plants durant les premières phases de leur développement, obligeant parfois l’agriculteur à ressemer entièrement sa parcelle. Dans l’ensemble des Pays de la Loire, les exploitants agricoles craignent que le retrait du classement ESOD ne les prive de l’un des derniers outils leur permettant de protéger efficacement leurs cultures. La situation observée dans la Sarthe illustre parfaitement les conséquences que pourrait entraîner cette décision.

Près de 70 000 euros de dégâts recensés dans la Sarthe

Les Jeunes Agriculteurs et la FNSEA de la Sarthe sont vent debout contre le déclassement du corbeau freux. Selon les syndicats agricoles, près de 70 000 euros de dégâts ont déjà été recensés dans le département. Interrogé par ICI Maine, Jean-Marie Verdier, agriculteur installé à Villaines-sous-Lucé, décrit des oiseaux capables de repérer avec une grande précision les graines enfouies dans le sol. « Juste après le semis, le corbeau sait exactement où la graine est plantée et il vient la piquer. Il arrache même la plante qui a commencé à pousser, jusqu’à six feuilles, ils arrachent le maïs. ». Lorsqu’une parcelle est fortement touchée, il faut parfois recommencer intégralement le semis. Selon cet agriculteur, ressemer un hectare de maïs représente environ 280 euros de semences, auxquels s’ajoutent le carburant, le temps de travail et la perte de rendement liée au retard pris par la culture.

Des solutions alternatives coûteuses et limitées

Les agriculteurs ont pourtant déjà essayé de nombreux moyens pour protéger leurs parcelles : corbeautières, effaroucheurs sonores ou visuels, répulsifs et modification de la profondeur des semis. Mais le corbeau freux est particulièrement intelligent et adaptable. Les oiseaux s’habituent rapidement aux systèmes d’effarouchement, obligeant les exploitants à déplacer ou multiplier les appareils. Jean-Marie Verdier explique ainsi qu’un effaroucheur peut coûter environ 600 euros. Sur une exploitation comprenant plusieurs dizaines d’hectares, la facture devient rapidement insupportable. L’agriculteur utilise également un répulsif appliqué sur les semences, dont le coût atteint environ 30 euros par hectare. Quant à l’enfouissement plus profond des graines, il peut compromettre la levée du maïs lorsque les conditions météorologiques sont défavorables. Pour les organisations agricoles, la régulation par tir et par piégeage demeure donc indispensable afin de limiter les dégâts pendant les périodes les plus sensibles.

La LPO favorable au déclassement

La Ligue pour la protection des oiseaux soutient au contraire le retrait du corbeau freux de la liste des ESOD. La LPO Sarthe estime que les dégâts agricoles seraient surestimés et que les déclarations ne permettraient pas toujours d’identifier avec certitude l’espèce responsable. Elle considère également que les opérations de destruction ne règlent pas durablement le problème, les colonies pouvant se déplacer ou être remplacées. L’association propose notamment de favoriser la présence de prédateurs naturels, comme le faucon pèlerin, en plantant des haies ou des bosquets à proximité des cultures. Elle rappelle également que le corbeau freux joue un rôle dans l’élimination des déchets organiques et de certains cadavres d’animaux. Ces solutions à long terme ne répondent toutefois pas à l’urgence vécue par les agriculteurs. Planter des haies (et Dieu sait que les chasseurs s’y investissent chaque année en plantant des centaines de kilomètres) ne protégera pas les prochains semis, tandis que les pertes financières sont immédiates et entièrement supportées par les exploitations.

Dernières heures pour déposer un avis défavorable

Les syndicats agricoles appellent les agriculteurs, les chasseurs et tous les défenseurs de la ruralité à participer massivement à la consultation publique avant sa clôture. Pour répondre, il suffit de se rendre sur la page de la consultation, de cliquer sur « Déposer votre commentaire » puis d’indiquer clairement son opposition au déclassement du corbeau freux en Pays de la Loire. Les Jeunes Agriculteurs proposent notamment de faire apparaître le terme « DÉFAVORABLE » dans le titre du commentaire, puis d’expliquer que la suppression des possibilités de régulation exposerait les exploitations agricoles à des pertes supplémentaires. Chaque participant peut adapter son message à sa situation personnelle. Il n’est évidemment pas nécessaire d’être agriculteur pour soutenir le maintien du corbeau freux sur la liste des ESOD et défendre le droit des exploitants à protéger leurs cultures. Ce jeudi 30 juillet constitue la dernière occasion de se faire entendre. Face aux dégâts constatés sur le terrain, les agriculteurs des Pays de la Loire ont besoin d’outils de régulation efficaces, pas de nouvelles restrictions décidées loin de leurs parcelles.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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