On a testé les Guides TN650LS : le thermique passe à la vitesse supérieure

Figure incontournable de la pratique du tir de nuit en Moselle, Julien Gingembre est reconnu pour son expertise de tout premier plan dans l’évaluation des systèmes d’imagerie thermique. Responsable d’un territoire parmi les plus structurés de son département, il organise chaque année six week ends de battue réunissant plus de 80 chasseurs par journée. Avec une moyenne annuelle d’une centaine de sangliers prélevés, il inscrit chacun de ses essais dans une réalité de terrain particulièrement exigeante, où la validation d’un équipement repose sur son engagement en action de chasse, en conditions réelles, jusqu’au prélèvement de l’animal. En tant que responsable de traque, Julien dispose d’une petite meute pour aller « au combat » et peut également tester de nombreux accessoires pour chiens. Sa parfaite maîtrise des carabines, optiques et munitions ainsi que des problématiques d’aménagement du territoire fait de lui un référent technique unanimement reconnu.

Marque

Guide Sensmart

Produit

Guides TN650LS

Note de la rédaction

★★★★

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J’ai utilisé les Guides TN650LS de manière intensive pendant plusieurs semaines. Avec leur capteur thermique 640 × 512, leur objectif de 50 mm et leur télémètre intégré, ces jumelles proposent un équipement haut de gamme à 2 699 euros. Après les avoir passées au crible sur le terrain, voici ce que j’en retiens, avec leurs très bons points mais aussi quelques détails qui mériteraient d’être améliorés.

Une prise en main particulièrement réussie

La première chose qui m’a frappé avec les Guides TN650LS, c’est leur ergonomie. Je me demandais notamment si j’allais retrouver le confort d’une prise en main classique avec des jumelles thermiques. La réponse est clairement oui. Je n’ai rencontré aucun problème particulier et j’ai trouvé la prise en main extrêmement bonne. Mais surtout le produit a quelque chose que je n’avais encore jamais vu sur d’autres jumelles : une partie des commandes se trouve sous l’appareil, comme le télémètre, les photos et vidéo ou encore le bouton on/off, exactement à l’endroit où viennent naturellement se poser les pouces lorsque je tiens les jumelles. La bague de gestion du zoom et de la mise au point est également très bien placée. Je trouve que c’est une excellente idée et je ne comprends même pas pourquoi les autres fabricants ne le font pas davantage. Pour moi, c’est clairement l’un des gros points forts de ces jumelles.

Quelques détails d’ergonomie à améliorer

Tout n’est cependant pas parfait. Le principal défaut que j’ai rencontré concerne les caches des objectifs. Le système de protection est assez contraignant parce que les caches ne peuvent pas se replier complètement contre le corps des jumelles. Lorsqu’on veut les ranger dans une housse, ils deviennent donc assez gênants et restent susceptibles de bouger ou d’être accrochés. J’ai finalement retiré ces protections en démontant une petite vis, ce qui règle le problème, mais ce n’est évidemment pas une solution idéale. Les bonnettes de protection au niveau des oculaires m’ont également moins convaincu. Je les ai trouvées assez dures et elles avaient tendance à être légèrement gênantes. Elles tournent aussi assez facilement sur elles-mêmes, ce qui peut les faire se retrouver mal positionnées. C’est peut-être lié à la morphologie de mon visage, mais c’est un point que je pense perfectible. En dehors de ces éléments, je n’ai pas grand-chose à reprocher à l’ergonomie.

Un capteur thermique qui permet de voir les détails

Sur le plan thermique, on est sur du très bon niveau avec un capteur 640 × 512 et un NETD de 15 millikelvins. Ce n’est pas le capteur 1280 × 1024 que l’on retrouve sur certains modèles très haut de gamme, mais on est déjà sur une définition qui permet de faire énormément de choses sur le terrain. On arrive dans une génération de capteurs où l’on ne se contente plus de voir qu’il y a un sanglier : on peut réellement observer l’animal. Je peux notamment distinguer un sanglier mâle d’une femelle et repérer des détails qui étaient autrefois impossibles à voir avec des capteurs moins performants. Le NETD de 15 mK joue également un rôle important : plus cette valeur est basse, plus le capteur est capable de distinguer de faibles différences de température. C’est notamment ce qui permet de faire ressortir des détails comme les bois d’un chevreuil dans certaines conditions, alors qu’avec les anciens capteurs affichant des NETD de 30 ou 40 mK, cela pouvait être quasiment impossible.

Une précision thermique qui change réellement l’observation

Dans les faits, les performances du capteur sont impressionnantes. Je peux voir sans problème les tétines d’une laie lorsqu’elles ne sont pas masquées par la végétation, distinguer des marcassins dans une prairie ou encore observer des détails sur un animal à des distances importantes. J’ai même pu voir une souris se déplacer dans un chaume de blé. Sur le terrain, cela change complètement la manière d’observer. Il y a quelques années, un sanglier pouvait apparaître sous la forme de quelques pixels et on savait simplement qu’il s’agissait d’un sanglier. Aujourd’hui, on peut commencer à voir son armure, son état, ses caractéristiques et certains détails qui permettent de mieux l’identifier. On est clairement dans un autre monde par rapport aux anciennes générations de thermiques.

Le choix de la lentille de 50 mm dépend vraiment de l’utilisation

L’objectif de 50 mm offre davantage de distance de détection qu’une lentille de 35 mm, mais il réduit en contrepartie le champ de vision. Pour mon utilisation personnelle, j’aurais probablement préféré une lentille de 35 mm associée au même capteur 640 × 512. Je ne suis pas un chasseur de montagne qui cherche à détecter un animal à plusieurs kilomètres sur le versant opposé. Ce qui m’intéresse davantage, c’est de pouvoir scanner rapidement une grande plaine et de disposer d’un champ de vision suffisamment large pour repérer les animaux. En revanche, pour des chasseurs qui vont chercher des sangliers dans des secteurs montagneux, notamment en Corse, la 50 mm prend tout son sens puisqu’elle permet de gagner en distance de détection et en précision. C’est donc vraiment une question d’utilisation.

Le zoom numérique : à utiliser avec modération

J’ai également beaucoup utilisé ces jumelles à courte distance, notamment dans les blés, et leur champ de vision m’a agréablement surpris. Le grossissement minimum reste suffisamment faible pour conserver une bonne capacité de détection. En revanche, je n’utilise quasiment pas le zoom fort. La raison est simple : il s’agit d’un zoom numérique et non d’un zoom optique. Lorsqu’on augmente fortement le grossissement, on agrandit donc l’image et ses pixels. Pour moi, quand j’ai besoin de zoomer fortement, c’est généralement que je suis trop loin de l’animal et que je ne veux pas tirer dessus. Le zoom reste évidemment utile pour l’observation, mais ce n’est pas une fonction que j’exploite beaucoup à la chasse.

Le télémètre intégré change vraiment la donne

Pour moi, l’intégration du télémètre est l’un des arguments majeurs de ces jumelles. Dans les départements où les arrêtés préfectoraux imposent une distance maximale de tir, connaître précisément la distance est essentiel. Sur certains territoires, il est extrêmement difficile d’estimer correctement une distance à l’œil nu. Je peux avoir devant moi 60 hectares de blé ou d’orge sans aucun repère visuel. Un sanglier qui se trouve à 50 mètres peut alors me donner l’impression d’être beaucoup plus loin. Le risque est évidemment de se tromper sur la distance et donc de ne pas respecter les règles applicables. Avec le télémètre, je passe simplement un coup et je connais immédiatement la distance. C’est une sécurité supplémentaire et c’est une énorme différence par rapport à des jumelles qui n’en disposent pas.

Des performances convaincantes même par forte chaleur

J’ai principalement utilisé ces jumelles pendant l’été, dans des conditions particulièrement chaudes. Il faisait parfois encore 35 °C la nuit et, malgré ces températures, les performances thermiques sont restées très bonnes. Je pouvais continuer à distinguer les détails sur les animaux et notamment les tétines des laies. En revanche, je n’ai pas pu tester le matériel dans le brouillard ou sous la pluie, tout simplement parce que les conditions météorologiques ne m’en ont pas donné l’occasion. Pour la végétation, il faut garder une règle simple en tête : aucun thermique ne traverse réellement la végétation dense. Peu importe la qualité du capteur, une végétation importante restera toujours un obstacle à l’observation.

Deux yeux plutôt qu’un seul pour chasser de nuit

Pour une utilisation prolongée, je trouve également que le format jumelles apporte un véritable confort. Lorsque je chasse de nuit pendant plusieurs heures, je préfère utiliser mes deux yeux plutôt qu’un monoculaire. Avec un monoculaire, un œil reçoit l’image lumineuse tandis que l’autre reste dans l’obscurité, ce qui peut devenir fatigant. J’ai personnellement rencontré des problèmes de vue liés à l’utilisation prolongée d’un monoculaire et j’ai dû faire de la rééducation chez un orthoptiste. Depuis que j’utilise des jumelles thermiques, je n’ai plus rencontré ce problème et j’ai également moins mal à la tête après une longue sortie de nuit. Sur ce point, le confort des deux yeux fait vraiment la différence.

Autonomie et batteries : un système bien pensé

Le poids des Guide TN650LS ne m’a pas non plus posé de problème. Malgré leur équipement, elles restent suffisamment légères pour être portées pendant une longue sortie sans devenir contraignantes. J’ai également apprécié le système de double batterie. Il y a une batterie interne et une batterie externe, ce qui permet de remplacer la batterie externe à chaud tant qu’il reste suffisamment d’énergie dans la batterie interne. C’est un vrai avantage sur le terrain, parce que je peux changer de batterie sans éteindre les jumelles. En revanche, le système de remplacement de la batterie externe n’est pas forcément le plus pratique lorsqu’on doit effectuer la manipulation dans l’obscurité. Il peut être légèrement bruyant et certaines marques proposent à mon avis des systèmes plus simples.

Des commandes réactives et une image agréable à utiliser

Les commandes restent cependant très bien placées et réactives. J’ai notamment apprécié l’absence de latence importante lors du réglage de l’image. Certaines jumelles peuvent donner une impression de retard lorsqu’on modifie un réglage ; ici, ce phénomène reste très limité. J’ai également particulièrement apprécié le mode d’affichage sépia, avec cette teinte rouge-jaune qui fatigue moins les yeux. Personnellement, je le trouve plus confortable que les modes blanc chaud ou noir chaud lorsque je passe beaucoup de temps à observer. Après les avoir utilisées de manière vraiment intensive, je peux dire que je les recommande surtout aux chasseurs qui passent beaucoup de temps à chasser de nuit et qui recherchent un équipement complet. Je ne suis personnellement pas un grand adepte des jumelles multispectrales : lorsque je pars chasser la nuit, il fait déjà nuit et je veux avant tout un très bon thermique. Sur ce point, les Guide TN650LS remplissent parfaitement leur rôle. Elles m’ont accompagné pendant de nombreuses heures et j’ai réellement pris du plaisir à chasser avec.

2 699 euros pour un équipement haut de gamme

À 2 699 euros, ce ne sont évidemment pas des jumelles accessibles à tous les budgets. Mais il faut regarder ce que l’on a en face : un capteur 640 × 512, une lentille de 50 mm, un télémètre intégré, une bonne ergonomie, un système de double batterie et une qualité d’image qui permet d’aller très loin dans l’observation. Le positionnement tarifaire est cohérent avec le niveau de matériel proposé. On est sur un équipement bien fini, porté par une marque reconnue et avec un importateur capable d’assurer un service après-vente sérieux. Ce sont aussi des jumelles que l’on peut utiliser de jour comme de nuit, ce que l’on oublie parfois lorsqu’on parle de thermique.

Un équipement que j’aurais volontiers gardé plus longtemps

Au final, ces Guides TN650LS m’ont réellement convaincu. J’ai pu les utiliser de manière intensive, dans différentes situations de chasse, et elles ont toujours fait le travail que j’attendais d’elles. Elles ont quelques défauts, notamment leurs caches d’objectifs et certains détails au niveau des bonnettes et du changement de batterie, mais rien qui ne remette en cause leurs qualités principales. Ce sont des jumelles que j’aurais volontiers gardées encore un peu plus longtemps. Leur prise en main est excellente, le thermique est performant, le télémètre apporte un vrai plus et le confort d’utilisation à deux yeux est particulièrement appréciable lors des longues sorties nocturnes. Pour moi, elles font clairement partie des très bons équipements que j’ai pu utiliser ces dernières années.

Figure incontournable de la pratique du tir de nuit en Moselle, Julien Gingembre est reconnu pour son expertise de tout premier plan dans l’évaluation des systèmes d’imagerie thermique. Responsable d’un territoire parmi les plus structurés de son département, il organise chaque année six week ends de battue réunissant plus de 80 chasseurs par journée. Avec une moyenne annuelle d’une centaine de sangliers prélevés, il inscrit chacun de ses essais dans une réalité de terrain particulièrement exigeante, où la validation d’un équipement repose sur son engagement en action de chasse, en conditions réelles, jusqu’au prélèvement de l’animal. En tant que responsable de traque, Julien dispose d’une petite meute pour aller « au combat » et peut également tester de nombreux accessoires pour chiens. Sa parfaite maîtrise des carabines, optiques et munitions ainsi que des problématiques d’aménagement du territoire fait de lui un référent technique unanimement reconnu.

Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

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