Peste porcine africaine : les chasseurs en première ligne

Sanglier espagnol mort de la PPA

Depuis la découverte, le 28 novembre, de deux premiers sangliers morts de peste porcine africaine (PPA) à Bellaterra, au nord-ouest de Barcelone, la vigilance s’est encore accrue dans toute l’Europe. Onze autres cadavres, retrouvés dans un périmètre restreint autour du foyer initial, se sont révélés positifs à la maladie. Si, pour l’instant, les élevages porcins locaux sont indemnes, cet épisode rappelle une réalité simple : chaque chasseur joue un rôle primordial dans le contrôle des maladies qui touchent à la fois la faune sauvage et les animaux domestiques.

Un foyer sous haute surveillance en Catalogne

Face à ces cas de PPA sur sangliers, les autorités espagnoles ont mobilisé près de 250 professionnels formés, agents ruraux et militaires, pour circonscrire la zone infectée, en préciser les contours et limiter au maximum la diffusion du virus. La souche identifiée chez ces animaux est assez éloignée de celles qui circulent actuellement en Europe de l’Est, ce qui laisse penser à une origine particulière, possiblement liée à une erreur de manipulation à la faculté de médecine vétérinaire voisine. Une mission d’experts PPA de la Commission européenne s’est déjà rendue sur place afin de formuler des recommandations sur la gestion de cette crise. Tous les élevages porcins de la zone ont été analysés : à ce stade, ils sont tous négatifs.

La France en vigilance renforcée, les chasseurs mobilisés

Côté français, les autorités suivent la situation de très près. Le risque principal n’est pas tant un saut direct vers les élevages que la progression pas à pas, « de sanglier en sanglier », à travers les massifs et les corridors naturels. Dans les Pyrénées-Orientales, des réunions ont déjà rassemblé administrations et acteurs cynégétiques pour anticiper une éventuelle arrivée du virus. La fédération départementale de chasseurs s’est fortement investie pour montrer sa volonté d’être un maillon clé de la détection précoce. Là encore, la chasse n’est pas le problème : elle fait partie de la solution, en occupant le terrain, en observant la faune et en alertant immédiatement en cas d’anomalie.

Biosécurité en voyage : des réflexes de bon sens

Pour le reste du territoire, la FNC le rappelle : tout chasseur est concerné. La première ligne de défense, ce sont des règles de biosécurité de bon sens, notamment lors des séjours de chasse à l’étranger, et plus encore à proximité de zones infectées. Concrètement, on évite d’emporter son propre matériel ou son chien, on se gare uniquement sur les routes goudronnées, on nettoie soigneusement son véhicule – y compris le bas de caisse – ainsi que son équipement avant le retour et en rentrant à la maison. Quelques gestes simples, mais déterminants pour ne pas ramener le virus dans ses bagages, sur ses bottes ou dans les poils d’un chien.

Signaler toute mortalité anormale de sanglier

Deuxième axe essentiel : le signalement systématique de toute mortalité anormale de sangliers. Un cadavre isolé, plusieurs animaux trouvés morts sur un secteur, un comportement étrange observé en forêt doivent immédiatement être remontés aux services compétents. C’est le seul moyen de détecter rapidement un foyer de PPA, d’en réduire la zone d’impact et de mettre en place, au plus vite, les mesures de gestion nécessaires. Là encore, personne n’est mieux placé que les chasseurs pour être les yeux et les oreilles du terrain.

Les chasseurs « sentinelles de la nature »

La PPA ne présente pas de danger pour l’homme, mais elle est dévastatrice pour les filières porcines et l’économie rurale. En respectant les consignes de biosécurité et en signalant sans tarder tout cas suspect, les chasseurs protègent à la fois la faune sauvage, les élevages, et plus largement toute une économie agricole déjà sous pression. Preuve s’il en fallait encore une que, en matière de santé animale comme de biodiversité, la chasse fait partie du dispositif de protection, pas du problème et qu eles chasseurs sont les premières sentinelles de la nature.

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