Ragondin : plus de 92 000 animaux prélevés en un an en Charente-Maritime

Ragondins

La lutte contre les espèces invasives repose souvent sur un travail discret mais indispensable. En Charente-Maritime, la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (Fredon 17) vient de rappeler l’ampleur de cette mission à l’occasion de son assemblée générale. Au cœur de ses préoccupations figure le ragondin, dont la prolifération continue de mobiliser chasseurs, piégeurs et bénévoles sur l’ensemble du département.

Une mobilisation permanente contre un envahisseur bien installé

S’il est parfois perçu comme un animal familier dans les marais et les zones humides, le ragondin constitue pourtant l’une des espèces invasives les plus problématiques du territoire. Sa capacité de reproduction particulièrement élevée lui permet de coloniser rapidement les milieux aquatiques, tandis que ses galeries fragilisent les berges, les ouvrages hydrauliques et les réseaux d’irrigation. À ces dégâts matériels s’ajoute un enjeu sanitaire majeur. Le ragondin est en effet reconnu comme l’un des principaux vecteurs de la leptospirose, une maladie bactérienne transmissible à l’homme et aux animaux domestiques par l’intermédiaire des eaux contaminées. Face à cette situation, la Fredon 17 coordonne depuis de nombreuses années un vaste réseau de terrain associant agriculteurs, piégeurs, chasseurs et bénévoles.

Des chiffres records en 2025

L’année 2025 témoigne de l’importance de cet engagement collectif. Pas moins de 92 477 rongeurs aquatiques ont été prélevés en Charente-Maritime, soit une progression de près de 29 % par rapport à l’année précédente. Le piégeage reste l’un des principaux outils de régulation. La Fredon a ainsi indemnisé 423 piégeurs qui ont réalisé plus de 19 000 captures au cours de l’année. Mais la chasse joue également un rôle déterminant dans cette lutte. Grâce à la collaboration menée avec les associations communales de chasse agréées (ACCA), 2 546 cartes de tireurs ont été distribuées. Cette mobilisation a permis à elle seule le prélèvement de plus de 52 000 ragondins, démontrant une nouvelle fois l’implication des chasseurs dans la gestion des espèces invasives et la protection des territoires ruraux.

Un travail qui dépasse le seul ragondin

Si la lutte contre le ragondin demeure la priorité de la fédération, celle-ci intervient également sur d’autres problématiques. Le frelon asiatique figure parmi les espèces surveillées de près en raison de son impact sur les ruchers et de la dangerosité de ses piqûres. La Fredon accompagne notamment le piégeage des reines fondatrices et la destruction des nids. Les équipes participent également à la lutte contre les chenilles processionnaires, dont les poils urticants peuvent provoquer de fortes réactions allergiques chez l’homme comme chez les animaux.

Préserver les équilibres des territoires

Malgré des résultats particulièrement élevés en 2025, les responsables de la Fredon soulignent que la vigilance doit rester permanente. La pression exercée par les espèces invasives demeure forte et nécessite la poursuite des efforts engagés sur le terrain. Dans ce combat quotidien, le rôle des chasseurs, des piégeurs et des bénévoles apparaît plus que jamais essentiel. Sans leur engagement, les conséquences sur les milieux naturels, les activités agricoles et la santé publique seraient bien plus importantes encore.

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