À Lacanau, chasseurs et pêcheurs nettoient les marais après la tempête

Ramassage de débris après la tempête Nils en Gironde

Pendant que certains parlent de nature dans des studios de télévision ou derrière un clavier, d’autres enfilent les bottes et vont ramasser les déchets dans la vase. À Lacanau, en Gironde, une quarantaine de bénévoles issus des associations locales de chasse et de pêche se sont mobilisés ce samedi 9 mai pour nettoyer les marais situés sur la rive est du lac, durement touchés par la tempête Nils survenue dans la nuit du 11 au 12 février dernier. Une opération discrète, concrète et terriblement révélatrice du rôle joué au quotidien par le monde rural dans l’entretien de nombreux espaces naturels.

Des marais défigurés par la tempête

Après plusieurs semaines d’attente nécessaires à la baisse du niveau du lac, les bénévoles ont enfin pu accéder à certaines zones particulièrement touchées. Tout au long de la matinée, chasseurs et pêcheurs ont évacué une quantité importante de déchets et de débris charriés ou détruits par les intempéries. Planches, éléments de cabanes, bouteilles en plastique, tables de jardin et autres détritus se sont accumulés sur les berges et dans les zones humides du lac. La tempête avait notamment provoqué d’importants dégâts sur plusieurs tonnes, ces installations emblématiques de la chasse du gibier d’eau positionnées au ras de l’eau et généralement dissimulées dans la végétation. Certaines ont été lourdement endommagées, d’autres littéralement arrachées par les éléments.

Un patrimoine typique des zones humides

À Lacanau, on compte une trentaine de tonnes réparties principalement sur la rive est du lac, là où les fonds peu profonds et les pentes douces permettent leur installation. Discrètes et souvent invisibles aux yeux des promeneurs, ces installations font pourtant partie intégrante du patrimoine traditionnel des zones humides du Sud-Ouest et de la culture de la chasse au gibier d’eau. Mais au-delà de leur usage cynégétique, les chasseurs locaux rappellent une nouvelle fois qu’ils sont aussi les premiers présents lorsqu’il faut entretenir, surveiller ou remettre en état ces espaces naturels. Car contrairement à certaines caricatures régulièrement entretenues contre eux, les chasseurs et pêcheurs sont souvent parmi les rares acteurs encore présents quotidiennement dans ces territoires humides parfois difficiles d’accès et délaissés par les pouvoirs publics. Et lorsque les tempêtes passent, ce sont encore eux que l’on retrouve les bottes dans la vase, sacs à la main, pour nettoyer ce que la nature et parfois aussi l’homme ont laissé derrière eux.

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