Grand gibier dans l’Aveyron: l’analyse complète d’une saison via les carnets de battues

Battue au grand gibier

Alors que la saison de battue 2025-2026 est déjà terminée depuis plus d’un mois, la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Aveyron vient de publier un impressionnant travail d’analyse consacré à la saison 2024-2025.

L’étude exhaustive de 402 carnets de battue !

Après avoir épluché pas moins de 402 carnets de battues couvrant l’intégralité de la campagne 2024-2025, la FDC 12 livre une photographie extrêmement détaillée de l’activité cynégétique dans le département. Un document exhaustif de vingt pages qui permet de mesurer l’ampleur du travail réalisé par les chasseurs aveyronnais dans la régulation du grand gibier.

Et les chiffres donnent déjà le vertige : 19 960 battues avaient été réalisées durant cette saison 2024-2025, soit près de 2 000 de plus que lors de la campagne précédente (2023-2024). Un record… que la fédération reconnaît déjà comme dépassé aujourd’hui grâce aux données issues de Géochasse pour la saison 2025-2026 qui vient tout juste de s’achever.

Une pression de chasse devenue gigantesque

Le document publié par la FDC 12 illustre parfaitement l’intensification progressive de la chasse collective dans l’un des départements les plus actifs de France en matière de grand gibier. Sans surprise, les mois les plus chargés de la saison 2024-2025 avaient été octobre, novembre et décembre, avec un pic absolu en novembre où près de 4 000 battues avaient été organisées.

Mais un autre phénomène attire l’attention : janvier est désormais devenu un véritable mois de chasse “plein”, avec une activité quasiment équivalente à celle du mois de décembre. La fédération souligne également une hausse marquée des battues réalisées en août et en février, preuve que la régulation s’étale désormais sur une période toujours plus longue. Et cette dernière saison (2025-2026), il est à noter que sous la pression de l’espèce sanglier, sa chasse en battue s’est prolongée jusqu’au 31 mars.

Le sanglier concentre toujours l’essentiel des efforts

Sur les 19 960 battues recensées lors de cette saison 2024-2025, 17 241 concernaient le sanglier, soit plus de 86 % des battues réalisées dans le département. C’était déjà 1 746 battues de plus que la saison précédente. Au total, 11 862 sangliers avaient été prélevés cette année-là. Un chiffre en baisse par rapport au record de 2023-2024, mais que la FDC considère déjà comme dépassé aujourd’hui par les données enregistrées en temps réel sur Géochasse durant la saison 2025-2026.

Afin de suivre au plus près les populations de grand gibier et l’évolution des dégâts, l’Aveyron est découpé en 22 unités de gestion (UG), correspondant à de grands ensembles territoriaux et paysagers. Ce découpage permet à la fédération d’adapter localement les objectifs de prélèvements et les stratégies de régulation. Les unités de gestion 3 et 8 apparaissaient comme les secteurs où les prélèvements étaient les plus élevés. Autre donnée particulièrement stable au fil des saisons : la répartition mâles/femelles chez le sanglier, avec 52 % de mâles prélevés contre 48 % de femelles.

Des dégâts agricoles qui restent sous haute surveillance

Le rapport met également en lumière la question centrale des dégâts agricoles, véritable obsession des fédérations départementales confrontées à l’explosion des populations de sangliers. Pour la saison 2024-2025, le coût moyen par sanglier prélevé avait légèrement augmenté pour atteindre 12,56 euros. Certaines unités de gestion affichaient déjà des montants particulièrement élevés, notamment les UG 3 et 8 où les dégâts dépassaient respectivement les 30 000 et 31 000 euros.

Et là encore, la fédération laisse entendre que les chiffres de la saison 2025-2026 pourraient être encore plus préoccupants. Face à cette situation, la FDC 12 appelle clairement les chasseurs à maintenir une très forte pression de chasse dès le mois d’août et à protéger au maximum les cultures sensibles.

Le chevreuil reste omniprésent dans les battues

Même si le sanglier monopolise l’attention, le chevreuil reste lui aussi extrêmement présent dans les battues aveyronnaises. Lors de la saison 2024-2025, 8 422 battues avaient concerné l’espèce, soit 42 % des battues réalisées dans le département. Là encore, les chiffres progressaient avec plus de 600 battues supplémentaires par rapport à la saison précédente. Concernant les prélèvements, l’équilibre entre sexes était quasiment parfait : 51 % de chevrettes contre 49 % de brocards.

Le cerf poursuit sa progression

Autre enseignement marquant de cette analyse rétrospective : la progression continue du cerf élaphe dans plusieurs secteurs du département. La fédération explique avoir volontairement orienté les prélèvements vers les femelles afin de contenir l’expansion des populations et les dégâts associés. Durant cette saison 2024-2025, 710 biches avaient ainsi été prélevées contre 619 cerfs mâles. Une stratégie menée en concertation avec les agriculteurs et les forestiers, qui illustre la dimension de plus en plus technique de la gestion du grand gibier.

Plus de 4 500 renards prélevés en battue

Le rapport met également en avant l’investissement massif des chasseurs aveyronnais dans la régulation du renard. Lors de la saison 2024-2025, 8 091 battues mentionnaient la présence du renard parmi les espèces chassées, soit 831 battues de plus que la saison précédente.

Au total, 4 557 renards avaient été prélevés en battue. Un chiffre que la FDC considère comme “extrêmement important pour la préservation du petit gibier”. Dans un contexte où certaines méthodes de régulation sont de plus en plus contestées ou encadrées, la fédération souligne clairement le rôle central joué par les chasseurs dans la limitation de la prédation.

Des battues organisées avant tout le week-end

L’analyse montre également à quel point la chasse collective repose sur le bénévolat et la disponibilité des chasseurs. Durant la saison 2024-2025, 68 % des battues avaient été organisées le samedi ou le dimanche. La FDC 12 en profite d’ailleurs pour adresser une pique à ceux qui réclament régulièrement l’interdiction de la chasse le week-end, estimant qu’une telle mesure rendrait tout simplement impossible la régulation actuelle du grand gibier.

Des erreurs administratives encore trop fréquentes

Enfin, ce travail d’analyse extrêmement détaillé met aussi en évidence certaines erreurs administratives récurrentes dans les carnets de battues. L’oubli le plus fréquent reste la non-désignation des traqueurs, une erreur qui peut pourtant avoir de lourdes conséquences en cas de contrôle ou d’accident. La fédération rappelle également que l’absence de signature du chef de battue, l’oubli de renseigner les espèces chassées ou certaines irrégularités dans les consignes de sécurité peuvent entraîner des contraventions de quatrième catégorie, soit 135 euros d’amende. Au-delà des statistiques, cette gigantesque analyse des carnets de battues montre surtout l’ampleur du travail réalisé chaque saison par les chasseurs aveyronnais dans un département où la régulation du grand gibier atteint désormais des niveaux considérables.

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