Alors que les amendements concernant la louveterie font réagir le monde cynégétique, la réponse de la Fédération Nationale des Chasseurs ne s’est pas fait attendre. Après l’interview de Julien Nicolas, président de l’Association nationale des lieutenants de louveterie, qui dénonçait un risque de perte de neutralité de la louveterie avec les amendements portés par le député Daniel Labaronne, Nicolas Rivet, directeur de la Fédération Nationale des Chasseurs, a souhaité apporter des précisions sur la position de la FNC. Pour lui, ces amendements ne visent pas à placer la louveterie sous influence, mais à renforcer la concertation entre les acteurs de terrain.
Le directeur de la FNC rappelle également que les parlementaires à l’origine de la proposition de loi n’ont jamais sollicité la fédération nationale des Chasseurs pour échanger sur le sujet avant le dépôt des amendements : « Rappelons que les deux députés de la proposition de loi dont sont issus les amendements sur la louveterie ne nous ont jamais contactés pour un échange. » Pour la Fédération Nationale des Chasseurs, l’objectif est avant tout de mieux associer les fédérations départementales à un dispositif qui repose déjà largement sur des compétences cynégétiques. Nicolas Rivet estime que les fédérations disposent d’une connaissance fine des profils et des réalités du terrain et soutient à juste titre les amendements du député Labaronne. « Dans de nombreux départements, les fédérations des chasseurs ne sont aujourd’hui ni consultées ni associées aux nominations, alors même que la loi reconnaît que les missions de louveterie nécessitent des compétences cynégétiques spécifiques. Qui, concrètement, connaît mieux les profils, les compétences techniques, l’expérience du terrain et la capacité d’intervention des candidats que les fédérations départementales elles-mêmes ? »
La FNC insiste également sur les difficultés rencontrées localement lorsque les décisions sont prises sans concertation suffisante entre les différents acteurs concernés. « Ces amendements répondent aussi à une réalité de terrain : lorsque les nominations ou les interventions sont insuffisamment concertées, cela crée des tensions inutiles entre louvetiers, chasseurs et fédérations. » Face aux inquiétudes exprimées par Julien Nicolas sur une possible remise en cause de la neutralité des lieutenants de louveterie, Nicolas Rivet réfute toute volonté de prise de contrôle des chasseurs sur la louveterie. « Il ne s’agit donc pas de mise sous tutelle mais bien d’une meilleure concertation. »
Ce débat autour de la réforme de la louveterie illustre les tensions actuelles palpables autour de la gestion du grand gibier (notamment du sanglier et du loup) et des missions administratives liées à la faune sauvage. D’un côté, les représentants des louvetiers défendent une indépendance totale vis-à-vis des différents acteurs du monde rural. De l’autre, les chasseurs réclament une place plus importante dans un système où ils estiment déjà jouer un rôle central sur le terrain.












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