La menace ne frappe pas encore le Gers. Mais elle est suffisamment proche pour que l’État ne laisse rien au hasard. Face au risque d’introduction de la peste porcine africaine (PPA), le préfet Alain Castanier a pris deux arrêtés renforçant à la fois la régulation des cochongliers et la protection des élevages porcins.
Une stratégie préventive assumée : les hybrides dans le viseur
Premier axe : la destruction des cochongliers, ces animaux issus de croisements entre sangliers et porcs domestiques élevés en extérieur. Contrairement à certaines fables véhiculées par nos amis anti-chasse, toujours prompts à essayer de salir les chasseurs, ces hybridations ne sont pas le fruit d’initiatives cynégétiques, mais de contacts fortuits entre sangliers sauvages et porcs d’élevage en plein air. Plusieurs signalements, principalement réalisés par des chasseurs, de la présence de ces animaux ont récemment été enregistrés dans le département.
Dans un contexte sanitaire qualifié de « préoccupant », le risque est évident : ces animaux hybrides peuvent servir de passerelle entre la faune sauvage et les élevages, facilitant la circulation du virus. L’arrêté autorise, jusqu’au 31 décembre 2026, des opérations d’abattage par battue, tir à l’approche, à l’affût ou par piégeage. Certaines interventions pourront se dérouler de nuit, avec usage de dispositifs lumineux, de lunettes thermiques et de véhicules adaptés. Toutes devront être déclarées auprès des forces de l’ordre et de l’Office français de la biodiversité.
Protection renforcée autour des élevages
Un second arrêté complète le dispositif. Il prévoit des opérations de régulation à l’intérieur même des parcs porcins et dans un rayon de 1 000 mètres autour des exploitations. Les éleveurs pourront solliciter ces interventions afin de limiter tout risque de contact entre la faune sauvage et leurs animaux. Dans un département où l’élevage porcin représente un enjeu économique réel, la vigilance est maximale.
La PPA aux portes du territoire
La peste porcine africaine ne touche pas l’homme. Mais elle est hautement contagieuse et quasi systématiquement mortelle pour les porcs et les sangliers. Fin décembre, deux sangliers porteurs du virus ont été prélevés en périphérie de Barcelone, à environ 150 kilomètres de la frontière française. L’Espagne, qui n’avait plus connu de cas depuis trente ans, a vu réapparaître la maladie ces derniers mois. Si la PPA devait franchir la frontière, les conséquences seraient immédiates : abattages massifs, restrictions de circulation, blocages commerciaux et pertes économiques lourdes pour la filière.
Les chasseurs sentinelles sanitaires et acteurs préventifs
Dans ce contexte, la mobilisation des acteurs de terrain est essentielle. Les chasseurs, en première ligne pour la surveillance sanitaire de la faune sauvage, jouent un rôle central dans la détection précoce et la régulation des populations. La prévention est toujours moins coûteuse que la gestion d’une crise. Et sur ce dossier, l’anticipation vaut mieux que l’improvisation.












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