Une semaine après une importante réunion organisée par la préfecture de l’Hérault, l’État affiche désormais sa volonté de passer à la vitesse supérieure face à la prolifération massive des lapins de garenne dans plusieurs secteurs du département. Dégâts agricoles, infrastructures fragilisées, multiplication des terriers, tensions sur le terrain : le dossier prend une ampleur telle que l’ensemble des acteurs concernés a été rappelé autour de la table par la préfète Chantal Mauchet.
Une crise qui ne cesse de s’étendre
À So Chasse, nous évoquions déjà il y a quelques semaines la situation explosive observée le long de la LGV Montpellier–Nîmes et dans plusieurs communes héraultaises où les lapins prolifèrent parfois par milliers. Depuis, le phénomène continue de gagner du terrain. Vignes, maraîchage, vergers, serres agricoles, jeunes plantations : les dégâts se multiplient dans de nombreux secteurs de l’Est héraultais mais aussi désormais dans d’autres zones du département. Les talus ferroviaires, autoroutiers et certaines friches constituent toujours des refuges idéaux pour des populations devenues extrêmement difficiles à contenir. Face à cette situation, la préfecture a donc décidé de réunir l’ensemble des acteurs concernés lundi dernier.
Chasseurs, louvetiers, agriculteurs et élus réunis par la préfète
Dans un communiqué diffusé sur X, la préfecture de l’Hérault annonce un renforcement de la « mobilisation collective » contre la prolifération du lapin de garenne. Autour de la table figuraient élus locaux, représentants du monde agricole, chasseurs, lieutenants de louveterie, gestionnaires d’infrastructures et services de l’État. L’objectif affiché est clair : éviter les actions isolées et coordonner les opérations de régulation à l’échelle des territoires touchés. La préfète Chantal Mauchet a notamment demandé aux maires des communes concernées de devenir les coordinateurs des actions locales afin de faciliter les échanges entre propriétaires, agriculteurs, sociétés de chasse, piégeurs et services administratifs. L’État assure également vouloir accompagner davantage les communes dans la mise en œuvre des mesures de terrain.
Des mesures de plus en plus musclées
Les chiffres communiqués par la préfecture montrent d’ailleurs une montée en puissance des opérations de régulation depuis le début de l’année 2026 :
- 93 arrêtés de capture délivrés ;
- 7 arrêtés de régulation administrative ciblant spécifiquement le lapin ;
- augmentation du nombre de lieutenants de louveterie passant de 22 à 31 dans le département.
Les documents diffusés par les services de l’État détaillent également les dispositifs désormais mobilisables selon les secteurs concernés : chasse, furetage, piégeage, régulation administrative et interventions coordonnées autour des infrastructures sensibles. Dans plusieurs communes classées en « zone rouge », le lapin est désormais considéré comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD), permettant des opérations de régulation beaucoup plus poussées.
Plus de 2000 hectares touchés
Sur le terrain, les témoignages continuent d’être particulièrement alarmants. Comme nous l’évoquions déjà dans notre précédent article, certaines exploitations agricoles subissent des pertes considérables depuis plusieurs années. Autour de Mauguio notamment, des professionnels évoquent une situation devenue totalement incontrôlable avec des centaines, parfois des milliers de lapins visibles chaque nuit sur certaines parcelles. Au total, près de 2000 hectares seraient aujourd’hui impactés par les dégâts dans le département. Les infrastructures inquiètent également de plus en plus les autorités. Les terriers creusés dans les remblais ferroviaires, autoroutiers ou le long de certains ouvrages fragilisent les sols et compliquent fortement l’entretien des installations. La préfecture demande d’ailleurs désormais une implication renforcée des gestionnaires d’infrastructures comme la SNCF, ASF, BRL ou encore Oc’Via.
Les chasseurs toujours en première ligne
Dans ce dossier, le monde cynégétique reste une nouvelle fois au cœur du dispositif de terrain. Sociétés de chasse communales, piégeurs agréés, louvetiers et chasseurs participent activement aux opérations engagées depuis plusieurs mois afin de tenter de contenir une explosion démographique qui semble désormais dépasser le simple cadre cynégétique. La Fédération départementale des chasseurs de l’Hérault poursuit également son travail de coordination avec les élus, les agriculteurs et les services de l’État. Car derrière cette prolifération spectaculaire du lapin de garenne, c’est désormais tout un équilibre agricole, rural et sécuritaire qui se retrouve fragilisé dans plusieurs secteurs du département.












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