Chasse interdite à Fréjus : un autre maire du Var appelle à ne pas suivre David Rachline

Après l’annonce de David Rachline, qui souhaite interdire la chasse sur les terrains communaux de Fréjus, Lohan Ferretti, maire de Salernes et lui-même chasseur, réagit pour So Chasse. S’il ne souhaite pas s’opposer personnellement au maire de Fréjus, il juge cette décision mauvaise pour l’équilibre des territoires et appelle les autres maires du Var à ne pas suivre cet exemple.

Une décision qu’il juge mauvaise pour le territoire

Lohan Ferretti ne veut pas entrer dans un affrontement personnel avec David Rachline. Le maire de Salernes considère néanmoins que la décision annoncée par son homologue de Fréjus de mettre fin à la chasse sur les terrains communaux est une mauvaise décision. À ses yeux, la question dépasse largement le simple débat entre chasseurs et opposants à la chasse. Dans le Var, où les populations de sangliers, de chevreuils et de cervidés sont importantes, retirer de nouveaux territoires aux chasseurs pourrait avoir des conséquences concrètes sur la gestion de la faune. « Je ne suis pas contre le maire, je pense que c’est une décision personnelle », explique-t-il. L’élu estime notamment que le contexte des incendies et l’hommage rendu à Brigitte Bardot ont pu peser dans cette annonce. Il veut toutefois éviter que cette décision soit interprétée comme une position politique générale.

Lohan Ferretti insiste sur une décision personnelle

Le sujet est d’autant plus sensible que Lohan Ferretti est lui-même proche du monde de la chasse et qu’il appartient à la même famille politique que de nombreux chasseurs du Var. Il tient donc à faire une distinction très nette entre la décision de David Rachline et une quelconque position du Rassemblement national. « Ce n’est pas une décision du RN, c’est une décision personnelle de David Rachline », insiste-t-il. Pour le maire de Salernes, cette précision est importante alors que de nombreux chasseurs du département votent traditionnellement à droite ou au RN. Il ne souhaite donc ni appeler à un boycott de David Rachline, ni organiser une opposition politique à son encontre. Son objectif est ailleurs : défendre le maintien de la chasse et convaincre les autres élus locaux de ne pas reproduire cette décision.

Les sangliers au cœur des inquiétudes

Derrière la question de la chasse, Lohan Ferretti met surtout en avant les conséquences qu’une diminution des territoires chassables pourrait avoir sur les populations de grand gibier. Il cite notamment le sanglier, de plus en plus présent à proximité des zones urbaines. Selon lui, les animaux peuvent déjà s’approcher des habitations et provoquer des dégâts. « Les sangliers commencent à rentrer dans les villes, dans les maisons », souligne-t-il. Il craint qu’une réduction supplémentaire des territoires disponibles pour la chasse ne favorise encore davantage leur développement. Pour l’élu, le problème ne serait alors plus seulement cynégétique : davantage de sangliers signifie aussi davantage de risques d’accidents routiers et potentiellement davantage de dégâts pour les particuliers et les collectivités. Il estime également que les chasseurs jouent un rôle dans la régulation des populations et que leur retrait d’un territoire doit être mesuré au regard de ses conséquences.

Un territoire sans chasse ne tiendrait pas dans la durée

Lohan Ferretti considère qu’une commune rurale peut éventuellement fonctionner pendant quelque temps sans chasse, mais pas durablement. Selon lui, les conséquences finiraient rapidement par devenir difficiles à maîtriser. « Une commune rurale peut vivre un an sans chasse. Après, ça devient impossible », estime-t-il. Il évoque notamment un horizon de deux ou trois ans au-delà duquel la situation pourrait devenir particulièrement problématique si les populations de grand gibier continuaient à augmenter sans dispositif de régulation suffisant. Pour lui, retirer environ 1 500 à 1 700 hectares de territoire aux chasseurs à Fréjus constitue déjà une surface considérable, même si d’autres secteurs restent accessibles. Il estime d’ailleurs que la Fédération des chasseurs du Var pourrait chercher à proposer aux chasseurs concernés de pratiquer sur d’autres communes du département.

Un appel aux autres maires du Var

Plus que l’annonce de David Rachline elle-même, c’est surtout le risque de voir d’autres communes suivre le même chemin qui inquiète Lohan Ferretti. Le maire de Salernes appelle donc ses collègues du Var à ne pas prendre de décisions similaires sans avoir préalablement discuté avec les chasseurs et les acteurs locaux. « Si un autre maire veut prendre la même décision, il faut au moins qu’il en parle avec les chasseurs », défend-il. Il rappelle que la chasse fait partie de l’identité rurale et varoise et qu’elle reste pratiquée par de nombreux habitants du département. Lui-même, avant son élection, était impliqué dans deux sociétés de chasse qui ont ensuite fusionné à Salernes. Devenu maire, il a quitté ses fonctions de secrétaire mais reste proche de l’association en tant que secrétaire adjoint. Une proximité qui explique aussi pourquoi il entend défendre cette activité sans pour autant transformer le sujet en affrontement politique.

Maintenir le dialogue plutôt que provoquer un affrontement

Lohan Ferretti ne souhaite finalement pas rompre le dialogue avec David Rachline. Il indique pouvoir prendre contact avec son directeur de cabinet afin d’échanger sur cette décision et tenter de faire entendre ses arguments. Il considère notamment que le maire de Fréjus pourrait revenir sur sa position dans les mois ou les années à venir, notamment lorsqu’il sera confronté aux conséquences concrètes de la présence du grand gibier sur le territoire. « Je pense qu’il reviendra dessus », estime-t-il. En attendant, le maire de Salernes veut surtout éviter que la décision prise à Fréjus ne devienne un modèle pour d’autres communes. Pour lui, la gestion de la faune sauvage ne peut pas se résumer à une opposition entre chasseurs et non-chasseurs : elle doit tenir compte de l’équilibre des territoires, de la biodiversité, de la sécurité et des réalités auxquelles sont confrontées les communes rurales.

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

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