Chasse à Fréjus : la FDC du Var dénonce une décision « sans raison » du maire

La décision du maire de Fréjus de mettre fin à la chasse sur les terrains communaux de la ville surprend fortement Laurent Faudon, président de la Fédération départementale des chasseurs du Var. Dans un entretien accordé à So Chasse, il revient sur les conséquences potentielles de cette décision, les 1 700 hectares concernés et la convention qui lie la commune à la société de chasse de Fréjus.

Une décision qui surprend la FDC du Var

Laurent Faudon ne cache pas sa surprise après l’annonce du maire de Fréjus, David Rachline. Ce dernier a annoncé mardi 29 septembre vouloir interdire la chasse dans sa commune. « J’étais déjà très surpris. Très surpris parce que, déjà, on a des problèmes sur Fréjus liés au grand gibier », explique le président de la Fédération départementale des chasseurs du Var lors d’un entretien accordé à So Chasse. Il rappelle notamment la présence importante de sangliers à proximité des habitations et estime que la décision intervient dans un département où la gestion du grand gibier constitue déjà une difficulté importante. Selon lui, la présence du loup dans le Var contribue également à repousser une partie du grand gibier vers les zones habitées. « Ça fait qu’il y a de plus en plus, surtout les sangliers, qui sont contre les maisons au milieu des villages, des villes, et c’est impossible à chasser », explique-t-il.

Une décision qui concerne les terrains communaux

Laurent Faudon rappelle que le maire dispose des droits de chasse sur les terrains communaux et peut donc décider de ne plus y autoriser la chasse. Mais la situation est, selon lui, compliquée par l’existence d’une convention avec la société de chasse de Fréjus. « Mais par contre, il avait signé une convention avec la société de chasse de Fréjus », souligne-t-il. Le président de la FDC du Var indique que cette convention prévoirait un délai de six mois pour mettre fin à la collaboration. Il souhaite donc d’abord examiner précisément les documents avant d’envisager une éventuelle suite juridique. « J’ai dit au président de la société de Fréjus de m’envoyer, si le maire envoie une lettre, et sa convention pour voir un peu. Après, on mettra dans les mains de l’avocat national », précise-t-il.

Une rupture qui ne serait liée à aucun incident connu

Pour Laurent Faudon, la décision aurait pu être compréhensible si la société de chasse avait commis une faute particulière. « S’il y avait eu une faute de la société de chasse de Fréjus qui avait manqué à la convention, qui avait fait une photographie ou qui avait eu un grave accident, pourquoi pas, je l’aurais compris. Mais là, il n’y a rien eu », affirme-t-il. Le président de la FDC du Var assure qu’Alain Mélanello, son premier vice-président et président de la société de chasse de Fréjus, ne lui avait jamais fait état d’un problème avec la municipalité. Il considère donc que la décision est intervenue de manière soudaine.

1 700 hectares concernés

La décision concerne environ 1 700 hectares de terrains communaux sur lesquels les chasseurs de Fréjus pouvaient pratiquer. Laurent Faudon reconnaît que la société dispose également d’autres territoires, notamment des terrains domaniaux et privés. Mais il estime que la perte de cette superficie constitue malgré tout un coup important pour les chasseurs locaux. « Ça lève quand même un gros morceau à la société de Fréjus », explique-t-il. La Fédération départementale considère ainsi que la décision ne prive pas totalement les chasseurs de leur territoire, mais qu’elle réduit sensiblement les possibilités de chasse dont ils disposent.

Une première réunion sans le maire

La société de chasse de Fréjus a rapidement cherché à rencontrer la municipalité. Une réunion s’est tenue mercredi matin, mais une personne manquait à l’appel. « M. le maire n’a pas eu le courage de venir à la réunion. Il a envoyé son directeur ou sa directrice de cabinet et un adjoint », regrette Laurent Faudon. Selon lui, les représentants de la municipalité ont confirmé lors de cette rencontre que le maire avait décidé d’arrêter la chasse sur les terrains communaux. Le président de la FDC du Var préfère pour l’instant laisser la société de chasse mener les discussions, tout en restant prêt à intervenir si le dossier devait prendre une tournure juridique.

Des conséquences redoutées sur les dégâts et la sécurité

Pour Laurent Faudon, l’enjeu dépasse largement la seule pratique de la chasse. Il rappelle que des dégâts sont déjà constatés à Fréjus et estime que la suppression de la chasse sur les terrains communaux pourrait compliquer davantage la gestion des populations de grand gibier. « Ce que je sais, c’est qu’il y a quand même des dégâts sur Fréjus », affirme-t-il. Il redoute également une augmentation des problèmes liés aux collisions avec les véhicules et une pression accrue du grand gibier sur les espaces naturels. « On le sait que si on arrête de chasser à un endroit, ça va devenir difficile », estime-t-il.

Une inquiétude qui dépasse Fréjus

Au-delà du cas de Fréjus, Laurent Faudon redoute que ce type de décision puisse se multiplier dans d’autres communes. Il estime que les difficultés seraient alors beaucoup plus importantes si la chasse venait à être progressivement interdite sur de nombreux territoires communaux. « Le problème, c’est que moi, j’ai peur que ça fasse boule de neige et que ce ne soit pas que dans le Nord, que ce soit dans la France entière, que les maires prennent des décisions comme ça et ça va être compliqué », explique-t-il. Pour l’heure, la FDC du Var entend toutefois se concentrer sur le cas de Fréjus et sur l’examen de la convention qui lie la commune à la société de chasse.

La convention au centre des prochaines étapes

La Fédération ne souhaite donc pas tirer de conclusions définitives avant d’avoir étudié les documents. Si la convention prévoit effectivement les modalités évoquées par Laurent Faudon, notamment un préavis de six mois, la FDC entend demander qu’elle soit respectée. « Nous, on fera tout le nécessaire pour faire appliquer la convention », assure le président de la Fédération départementale des chasseurs du Var. La suite du dossier dépendra donc notamment du contenu exact de cette convention et des éventuels documents transmis par la municipalité.

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

2 réponses à « Chasse à Fréjus : la FDC du Var dénonce une décision « sans raison » du maire »

  1. Max

    Bonjour,
    Avant de réclamer la régularisation des sangliers trop nombreux dans le Var. Qu’on arrête l’agrainage de ces derniers dans le Massif de l’Estèrel. Cette pratique perdure encore aujourd’hui et demeure bien connu des sociétés de chasses locales.

  2. Martial Lecompte

    La faune sauvage est en grande souffrance avec un été particulièrement dévastateur. Cette décision d’interdire la chasse sur la commune est une très bonne nouvelle. La chasse de loisir dans nos forêts doit cesser.

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