Présidentielle 2027 : la candidate des « surmulots » veut interdire la chasse

Mira Markovic candidate du Parti animaliste

Le Parti animaliste a choisi sa candidate pour l’élection présidentielle de 2027 : Mira Douchka Markovic. Son nom vous rappelle quelque chose ? C’est normal. Conseillère de Paris, elle était devenue célèbre en 2022 en demandant que l’on parle de « surmulots » plutôt que de rats, un terme qu’elle jugeait « moins connoté négativement », tout en plaidant pour des méthodes de régulation non létales. Quatre ans plus tard, la même responsable politique veut porter jusqu’à l’Élysée un programme prévoyant la « fin » de la chasse. Les rats mériteraient donc davantage de considération et une nouvelle manière de cohabiter avec l’homme. Pour les chasseurs, en revanche, pas de cohabitation : dehors.

Des « surmulots » plutôt que des rats

Le 7 juillet 2022, Douchka Markovic prend la parole au Conseil de Paris alors que les élus débattent de la présence des rats dans la capitale. Elle reconnaît que leur présence dans les logements et les caves peut constituer une difficulté. Mais l’élue du Parti animaliste tient immédiatement à remettre un peu de douceur dans ce monde de brutes : elle préfère les appeler « surmulots », le terme étant à ses yeux « moins connoté négativement ». Elle demande alors de « changer de paradigme » et de rechercher des méthodes « efficaces et non létales ». Voilà donc le rat d’égout victime, lui aussi, d’un problème d’image. L’appellation « surmulot » est parfaitement exacte puisqu’elle désigne bien le rat brun, Rattus norvegicus. Ce qui avait déclenché l’hilarité n’était donc pas le mot lui-même, mais cette volonté de réhabiliter l’image d’un animal dont la prolifération pose de véritables problèmes sanitaires. Douchka Markovic était même allée jusqu’à présenter les rats comme des « auxiliaires de la maîtrise des déchets » et à défendre une nouvelle forme de cohabitation avec eux.

Le gentil surmulot peut pourtant vous envoyer à l’hôpital

Car le changement de vocabulaire possède une petite faiblesse : les bactéries, elles, se moquent éperdument de la connotation des mots. Le ministère de la Santé rappelle que les principaux réservoirs de la leptospirose sont les rongeurs, « en particulier les rats », qui excrètent les bactéries dans leurs urines et contaminent ainsi leur environnement. La maladie peut prendre des formes graves et provoquer la mort. En 2025, Santé publique France a enregistré 562 cas de leptospirose sur le territoire français : 380 personnes ont été hospitalisées, 36 % des patients hospitalisés sont passés en réanimation et six sont décédés. Depuis 2023, la leptospirose est d’ailleurs une maladie à déclaration obligatoire. Voilà qui est tout de même un peu plus sérieux qu’un problème de mauvaise réputation du pauvre « surmulot ». Que l’on s’entende bien : Mira Markovic ne proposait évidemment pas de laisser les rats pulluler sans rien faire. Elle défendait des méthodes non létales et une autre gestion de leur présence. Mais le contraste est saisissant. Lorsqu’il est question du rat, animal susceptible de transmettre une zoonose potentiellement mortelle, il faut « changer de paradigme », mieux connaître l’animal et rechercher des méthodes non létales. Lorsqu’il est question des chasseurs, en revanche, le Parti animaliste ne s’embarrasse guère de semblables précautions : il réclame purement et simplement la fin de la chasse.

Pour les chasseurs, pas de méthode douce : l’interdiction

Mira Markovic a été désignée candidate du Parti animaliste à la présidentielle le 2 octobre. Cofondatrice du mouvement en 2016, elle est engagée depuis 25 ans dans la cause animale. Et son parti annonce très clairement la couleur : création d’un ministère indépendant de la Condition animale, sortie de l’élevage intensif et fin des pratiques qu’il qualifie de « cruelles », parmi lesquelles il range explicitement la chasse et la corrida. Il ne s’agit donc pas de discuter du nombre de jours de chasse, de sécurité, de modes de prélèvement ou de gestion adaptative. Il ne s’agit pas davantage de distinguer chasse au petit gibier, régulation du sanglier ou plans de chasse des cervidés. La chasse est placée en bloc dans la catégorie des pratiques à faire disparaître. C’est évidemment plus simple lorsqu’on regarde la faune sauvage depuis Paris. Beaucoup moins lorsqu’on chausse des bottes et qu’on va constater un champ de maïs ravagé par les sangliers.

Sans chasseurs, qui régulera les sangliers et les cervidés ?

C’est la question que le programme animaliste devra bien finir par affronter. Supprimer la chasse est un slogan. Gérer plusieurs centaines de milliers de sangliers et de cervidés en est une autre. Le problème est suffisamment réel pour que le Gouvernement lui-même reconnaisse en 2026 « l’accroissement des populations de grand gibier » et les enjeux socio-économiques, écologiques et sanitaires qui en découlent. L’État a même renforcé ces dernières années les possibilités de régulation du sanglier : extension des périodes de chasse, facilitation du piégeage et nouvelles possibilités concernant l’usage de la chevrotine. Autrement dit, pendant que le Parti animaliste propose de supprimer les chasseurs du paysage, les pouvoirs publics cherchent au contraire des moyens d’augmenter la pression sur certaines populations de grand gibier. L’Office français de la biodiversité énumère lui-même les problèmes liés au sanglier : dégâts aux cultures et aux récoltes, dommages dans les espaces urbains et périurbains, risques sanitaires et collisions liées aux infrastructures routières. Le ministère reconnaît parallèlement que l’augmentation du grand gibier fait peser une charge financière croissante sur les fédérations de chasseurs, auxquelles la loi confie l’indemnisation des dégâts agricoles. Entre 2023 et 2025, l’État a dû mobiliser 50 millions d’euros pour accompagner ce système. Alors posons la question toute simple que les slogans oublient : une fois la chasse interdite, qui fait le travail ?

On appelle qui quand les sangliers seront toujours là ?

Car les sangliers n’ont probablement pas lu le programme du Parti animaliste. Ils continueront à se reproduire, à retourner les prairies, à entrer dans les maïs, à coloniser les zones périurbaines et à traverser les routes. Les cervidés ne disparaîtront pas davantage par décret présidentiel. Faudra-t-il alors employer des agents publics pour réaliser à coups de carabine ce que des chasseurs faisaient jusque-là sur leurs deniers et leur temps libre ? Faudra-t-il organiser des opérations administratives de destruction tout en expliquant que la chasse a été abolie parce qu’elle était « cruelle » ? Qui financera les dégâts agricoles ? Le contribuable ? Qui assumera politiquement les collisions routières et les dégâts forestiers lorsque les densités deviendront intenables ? Voilà les questions concrètes auxquelles une candidature prétendant à la présidence de la République devra répondre. Car gérer la faune sauvage ne consiste pas seulement à choisir les mots les moins désagréables pour parler des animaux.

Après les surmulots, les sangliers victimes de leur mauvaise réputation ?

On imagine déjà la prochaine séance de réhabilitation lexicale. Le sanglier qui détruit plusieurs hectares de maïs pourrait devenir un « suidé en recherche alimentaire ». Le cerf qui abroutit une plantation forestière, un « grand herbivore participant spontanément à l’entretien de la végétation ». Quant au sanglier traversant une départementale devant une voiture, gardons-nous évidemment de toute expression susceptible de lui donner une image négative. C’est caricatural ? Évidemment, comme le sont les idées saugrenues sorties des cerveaux des partisans de l’animalisme Mais, derrière, demeure une question autrement plus sérieuse. La France possède une grande faune abondante dont la gestion exige chaque année des prélèvements considérables. Les dégâts agricoles existent, les collisions existent et l’État reconnaît lui-même la nécessité de renforcer la régulation de certaines espèces. Dans ce contexte, annoncer tranquillement la disparition de la chasse sans expliquer précisément par quoi seront remplacés les centaines de milliers de chasseurs qui participent aujourd’hui à cette régulation laisse un immense trou dans le raisonnement. Mira Markovic devra d’abord réunir les 500 parrainages nécessaires pour participer à l’élection présidentielle. Si elle y parvient, les chasseurs auront au moins une question très simple à lui poser : après avoir interdit la chasse, qui prendra leur place sur le terrain ? À moins, bien sûr, qu’il suffise de rebaptiser les dégâts.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

2 réponses à « Présidentielle 2027 : la candidate des « surmulots » veut interdire la chasse »

  1. jean marc.boasso

    Pour gérer la faune sauvage envahissante ils feront appel aux apprentis sorciers qui ont des virus plein les éprouvettes afin que le monde rural ( ou citadin) retrouve sa tranquillité

  2. Bob26

    Mais non pas les sorciers et sorcières pour la régulation….les surmulots s’en chargeront lorsqu’ils auront remis la peste ..
    Enfin.. c’est cousu de fil blanc …
    Ils ont dû regarder la planète des singes en boucle ces zozos

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