Le chasseur de 50 ans impliqué dans la mort d’un promeneur à Cassagnas, en Lozère, le 18 octobre dernier, comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Mende en décembre prochain. Placé sous contrôle judiciaire, il encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Un procès dès le mois de décembre
Une semaine après le terrible drame survenu dans les Cévennes, la procédure judiciaire se précise. Le chasseur qui avait mortellement blessé un promeneur de 65 ans lors d’une chasse aux sangliers sera jugé en décembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Mende. Après avoir été placé en garde à vue et avoir reconnu être l’auteur du tir, cet homme de 50 ans a été placé sous contrôle judiciaire jeudi 22 octobre. L’enquête avait été ouverte par le procureur de la République de Mende, Valéry Morron, pour homicide involontaire au cours d’une action de chasse par manquement à une obligation de prudence ou de sécurité. En cas de violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité, le Code pénal prévoit une peine pouvant atteindre cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Il appartiendra au tribunal d’apprécier les responsabilités et de déterminer les éventuelles sanctions.
Un tir en direction des fougères
Les premiers éléments de l’enquête avaient révélé des circonstances particulièrement préoccupantes. Selon les déclarations rapportées par le parquet, le chasseur aurait aperçu quelque chose bouger dans les fougères avant d’ouvrir le feu, pensant tirer sur un sanglier. Le quinquagénaire chassait sur sa propriété avec son beau-frère. La victime, qui se promenait à proximité, ne se trouvait pas sur le terrain du tireur. Le parquet a par ailleurs précisé qu’elle n’avait commis aucune imprudence. Malgré l’intervention rapide des secours et la mobilisation d’un hélicoptère médicalisé, le promeneur, victime de deux arrêts cardiaques, n’avait pas pu être sauvé.
Identifier avant de tirer, une obligation absolue
Comme nous le rappelions au lendemain de ce drame, aucun mouvement dans la végétation, aucun bruit ni aucune silhouette indistincte ne peuvent justifier un tir. L’identification formelle de l’animal constitue un préalable incontournable à toute utilisation d’une arme de chasse. Lorsque le moindre doute subsiste, une seule décision s’impose : ne pas tirer. Aucun sanglier, aucun trophée, aucune occasion de prélèvement ne mérite que l’on prenne le risque de mettre une vie humaine en danger. Cette tragédie intervient alors que les accidents de chasse ont diminué de 49 % en vingt ans, selon l’Office français de la biodiversité. Lors de la saison 2025-2026, quatre décès avaient été enregistrés, concernant exclusivement des chasseurs. Aucun non-chasseur n’avait perdu la vie depuis février 2022. Ces progrès incontestables ne sauraient toutefois atténuer la gravité du drame de Cassagnas. Pour les proches de ce promeneur de 65 ans, les statistiques n’ont aujourd’hui aucune importance. Ils ont perdu un être cher dans des circonstances qui n’auraient jamais dû se produire.











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