À Villiers-en-Bois, dans les Deux-Sèvres, une opération peu commune se déroule chaque année au cœur du massif forestier. Aux côtés des agents de l’Office français de la biodiversité (OFB), des bénévoles, regroupés au sein de l’association « Les amis de la forêt des sciences », participent à la capture de chevreuils vivants destinés à des programmes de suivi scientifique. Parmi eux figurent plusieurs chasseurs, dont un meneur de chiens spécialisés dans la quête du chevreuil.
Une meute de beagles au service de la recherche
Au petit matin, les équipes installent de vastes filets sur plusieurs dizaines d’hectares. Une fois le dispositif en place, les chiens sont découplés afin de mettre les animaux en mouvement et de les conduire vers les zones de capture. Parmi les bénévoles présents figure notamment Willy Pasquier, chasseur et meneur d’une meute de beagles. Depuis près de quinze ans, il participe à ces opérations avec ses chiens. Pour ces derniers, le travail est finalement très proche de celui qu’ils accomplissent durant la saison de chasse : rechercher un chevreuil, suivre sa voie et le pousser hors de son enceinte. À une différence près : ici, l’objectif n’est pas le prélèvement mais la capture vivante. Les beagles, réputés pour leurs qualités sur le chevreuil, jouent un rôle essentiel dans la réussite de l’opération.
Quand les savoir-faire cynégétiques servent la science
Une fois les animaux capturés dans les filets, les bénévoles interviennent rapidement afin d’éviter toute blessure. Là encore, plusieurs participants sont issus du monde de la chasse. L’un d’eux explique d’ailleurs pratiquer habituellement la chasse du chevreuil mais apprécier également cette facette plus scientifique de sa passion. Une remarque qui résume bien l’esprit de ces journées. Car contrairement à la propagande anti-chasse dans l’air du temps, les chasseurs ne s’intéressent pas uniquement au prélèvement du gibier. Leur connaissance du terrain, des animaux et de leurs comportements est régulièrement mise à contribution dans le cadre d’études scientifiques, de suivis sanitaires ou de programmes de recherche menés par l’OFB, les fédérations départementales des chasseurs ou différents organismes spécialisés.
Mieux comprendre le chevreuil face aux évolutions de son environnement
Après leur capture, les chevreuils sont examinés par les techniciens de l’OFB. Identification individuelle, pose de transpondeurs électroniques, mesures biométriques et prélèvements permettent de suivre les animaux sur plusieurs années. Ces données servent à mieux comprendre la dynamique des populations mais également à mesurer les conséquences que peuvent avoir les évolutions climatiques sur l’espèce. Les responsables du programme le reconnaissent volontiers : sans l’engagement des bénévoles et notamment des chasseurs qui fournissent hommes, chiens et savoir-faire de terrain, ces opérations seraient extrêmement difficiles à mettre en œuvre.
Une autre image de la chasse
À Villiers-en-Bois, cette opération menée depuis de nombreuses années rappelle que les chasseurs sont avant tout des acteurs de la connaissance de la faune sauvage. Le temps d’une journée, les armes restent au râtelier mais les compétences acquises au fil des saisons de chasse continuent de servir la gestion et l’étude du chevreuil comme vous pouvez le voir dans cette vidéo d’ICI Poitou-Charente:












Laisser un commentaire