Drôme : un cinquième loup abattu, loin du « massacre » annoncé

Tir de défense loup

Un loup en situation d’attaque sur un troupeau a été abattu par un lieutenant de louveterie dans le Vercors drômois. Il s’agit du cinquième spécimen éliminé dans la Drôme depuis le début de l’année. À l’échelle nationale, seulement 92 loups ont été décomptés au 24 juillet, alors que le plafond annuel est actuellement fixé à 227.

Un loup éliminé en situation d’attaque

Un nouveau loup a été abattu dans la Drôme. Le tir a été effectué dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 juillet, sur le territoire de la communauté de communes du Royans-Vercors. Selon les informations communiquées par la préfecture, le prédateur se trouvait « en situation d’attaque » sur un troupeau lorsqu’un lieutenant de louveterie est intervenu dans le cadre d’un tir de défense. L’administration ne précise ni la commune concernée ni la nature du troupeau visé. Elle souligne toutefois que l’intervention a été réalisée en complément des mesures de protection déjà mises en place par l’éleveur. Le tir ne constituait donc pas une opération de recherche menée au hasard dans le massif, mais bien une réponse à une attaque en cours.

Le cinquième loup abattu dans la Drôme

Il s’agit du cinquième loup tué dans la Drôme depuis le début de l’année 2026. Un précédent animal avait notamment été abattu à la fin du mois de mai dans les Baronnies. D’autres interventions ont eu lieu dans la vallée de la Drôme et dans la plaine de Valence. Ce nouveau tir illustre la progression territoriale du prédateur. Autrefois principalement associé aux zones les plus montagneuses, le loup est désormais observé dans des secteurs de plaine et dans des territoires où les éleveurs sont parfois moins préparés à sa présence. En 2025, le ministère de la Transition écologique estimait que le nombre d’attaques avait augmenté d’environ 10 % en France, pour atteindre 4 441 attaques. Près de 12 927 animaux domestiques, principalement des ovins, avaient été victimes de la prédation, soit une augmentation de plus de 15 %.

Le loup reste une espèce protégée

La modification du statut juridique du loup a pourtant suscité de nombreuses déclarations alarmistes de la part des associations opposées aux tirs. Au niveau européen, l’espèce est passée en 2025 du statut d’espèce « strictement protégée » à celui d’espèce « protégée ». Cette évolution donne davantage de souplesse aux États pour organiser la gestion des populations, tout en leur imposant de maintenir l’espèce dans un état de conservation favorable. La France a adapté sa réglementation par un arrêté du 23 février 2026, entré en vigueur le 1er avril. Contrairement à ce que pourrait laisser penser le terme de « déclassement », le loup n’est donc devenu ni une espèce chassable ni un animal que chacun pourrait librement éliminer. Sa destruction volontaire en dehors du cadre légal demeure interdite et peut être punie de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. Les tirs restent réalisés dans un cadre réglementaire précis, notamment pour défendre les troupeaux exposés à la prédation.

Seulement 92 loups décomptés en France

Le dernier bilan officiel disponible permet d’ailleurs de relativiser les accusations de « massacre » régulièrement formulées depuis l’assouplissement du statut de protection. Au 24 juillet, 92 loups avaient été décomptés au niveau national dans le cadre du plafond annuel. Ce chiffre comprend les loups détruits légalement, mais aussi les spécimens victimes d’actes de braconnage. Le plafond actuellement applicable est fixé à 227 animaux, soit 21 % de la population estimée. Il pourra être porté à 248, soit 23 %, si la pression de prédation et l’évolution des tirs le justifient au cours de l’année. Plus de la moitié de l’année s’est déjà écoulée et à peine 41 % du plafond initial a donc été consommé. Naturellement, ce plafond ne constitue pas un quota qu’il faudrait impérativement atteindre. Mais ces chiffres prouvent que le changement de statut du loup n’a entraîné aucune élimination généralisée de l’espèce.

Des tirs toujours difficiles à réaliser

L’abattage d’un loup reste une opération particulièrement compliquée. Le prédateur est discret, principalement actif la nuit et capable de parcourir de grandes distances. Sa présence sur un troupeau peut être très brève et les lieutenants de louveterie doivent respecter des conditions précises avant d’ouvrir le feu. Les tirs de défense sont destinés à protéger immédiatement un troupeau. Ils ne permettent pas d’organiser une chasse généralisée au loup, contrairement à ce que prétendent parfois leurs opposants. Dans le Royans-Vercors, le lieutenant de louveterie est intervenu alors que le prédateur était effectivement en situation d’attaque. C’est précisément pour répondre à ce type de situation que le dispositif existe.

Un bilan trop faible pour rassurer les éleveurs

L’absence de « massacre » ne constitue pas nécessairement une bonne nouvelle pour les éleveurs confrontés à des attaques répétées. Derrière chaque intervention figurent souvent des animaux tués ou blessés, des troupeaux affolés et des professionnels contraints de passer leurs nuits à surveiller leurs bêtes. Les clôtures, les chiens de protection et la présence humaine peuvent réduire certains risques, mais aucun dispositif ne permet d’empêcher toutes les attaques. Le cas drômois le démontre une nouvelle fois : l’éleveur avait mis en œuvre des mesures de protection et le loup s’est malgré tout présenté devant son troupeau.

Alors que la population lupine étend son territoire et que les attaques progressent dans les zones nouvellement colonisées, les 92 loups décomptés au niveau national apparaissent bien loin de mettre l’espèce en danger. Ils montrent surtout que, même après l’évolution du cadre européen, les interventions demeurent limitées et très encadrées. Le véritable enjeu consiste désormais à permettre aux éleveurs et aux agents autorisés de réagir suffisamment rapidement lorsqu’un loup attaque, sans attendre que les carcasses s’accumulent dans les pâturages.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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