Faisan : 436 points d’écoute pour suivre les coqs dans le Cher

Coq faisan chanteur

Dans le Cher, le suivi du faisan ne se fait pas au hasard. Depuis la mi-avril, la fédération départementale des chasseurs (FDC18) a lancé une vaste opération de comptage des coqs faisans chanteurs, un travail de terrain précis, répété année après année, pour mesurer l’état réel des populations.

Un protocole rodé sur tout le département

L’opération s’appuie sur un maillage rigoureux du territoire. Pas moins de 436 points d’écoute ont été répartis sur 128 communes, avec un espacement d’environ deux kilomètres entre chaque point. À chaque emplacement, les observateurs restent en position pendant dix minutes. L’objectif : détecter les chants des coqs faisans, particulièrement actifs à cette période de l’année, en pleine phase de reproduction. Ce protocole, simple en apparence, repose en réalité sur une méthode standardisée, permettant de comparer les résultats d’une année sur l’autre.

Le chant du coq comme indicateur

Le principe est bien connu des techniciens cynégétiques : au printemps, le coq faisan chante pour marquer son territoire et attirer les poules. Ce comportement naturel devient un indicateur précieux. En comptabilisant les coqs entendus sur chaque point, il est possible d’obtenir une estimation fiable de la densité de population avant reproduction. Une donnée essentielle pour ajuster ensuite les plans de gestion.

Un suivi sur le long terme

Dans certaines communes du Cher, ces comptages sont réalisés depuis plus de 17 ans. Une profondeur de données qui permet de dégager de véritables tendances. Hausse, stabilité ou recul des populations : ces suivis offrent une lecture claire de l’évolution du faisan sur le territoire, loin des impressions ponctuelles. Ils permettent aussi d’évaluer l’impact des actions menées localement, qu’il s’agisse d’aménagements, de gestion des prélèvements ou de protection des poules.

Des zones en non-tir pour protéger la reproduction

L’opération se concentre sur des secteurs où la poule faisane n’est pas tirée. Un choix logique, qui vise à sécuriser la reproduction et à favoriser le maintien des populations. Dans ces zones, le suivi des coqs chanteurs prend tout son sens : il permet de vérifier si les mesures de gestion portent leurs fruits.

Le rôle clé des bénévoles

Derrière ce dispositif, il y a aussi un engagement humain important. Ces comptages mobilisent de nombreux bénévoles, présents sur le terrain aux premières heures du jour. Leur implication est essentielle pour couvrir un territoire aussi vaste et garantir la fiabilité des données recueillies.

Mesurer pour mieux gérer

Ce type de suivi illustre le pragmatisme des chasseurs : la gestion du petit gibier repose sur des données concrètes. Avant de prélever, il faut connaître. Avant de décider, il faut mesurer. Dans le Cher, comme ailleurs, ces comptages de coqs chanteurs constituent un outil simple, mais redoutablement efficace, pour adapter la gestion du faisan aux réalités de l’évolution de ses populations.

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