Mercredi 28 octobre, un chasseur de 75 ans a été grièvement blessé par un coup de feu tiré accidentellement par son fils dans une palombière de Dordogne, perchée à plus de 20 mètres du sol. Et au-delà des accidents impliquant des armes, plusieurs drames survenus ces dernières années mettent en lumière un autre danger : les chutes depuis les installations. La chasse en palombière serait-elle finalement plus accidentogène que d’autres pratiques cynégétiques ?
Un père blessé par un tir accidentel dans une palombière de Dordogne
L’accident s’est produit mercredi 28 octobre 2026, sur la commune d’Antonne-et-Trigonant, à proximité de Périgueux. Un père de 75 ans et son fils de 30 ans se trouvaient dans une palombière installée à environ 21 mètres de hauteur lorsqu’un coup de feu est parti, atteignant le septuagénaire au bras. Selon les premiers éléments rapportés par la presse locale, une branche aurait accroché la détente du fusil, provoquant le départ accidentel du coup. Cette circonstance reste toutefois à confirmer par les investigations. Alertés vers 13 h 42, les sapeurs-pompiers ont dû mobiliser des moyens importants pour porter secours à la victime. La hauteur de l’installation a nécessité l’intervention d’une équipe spécialisée dans les secours en milieu périlleux afin de redescendre le blessé. Au total, douze sapeurs-pompiers et quatre véhicules ont été engagés. Médicalisé sur place, le chasseur a ensuite été transporté au centre hospitalier de Périgueux. Malgré la gravité de sa blessure, son pronostic vital ne serait pas engagé.
Des accidents qui ne concernent pas uniquement les armes à feu
Lorsqu’on évoque les accidents de chasse, on pense naturellement aux tirs accidentels, aux mauvaises manipulations d’armes ou encore au non-respect des angles de sécurité en battue. Mais la chasse à la palombe, particulièrement ancrée dans les traditions du Sud-Ouest, présente une spécificité : certaines installations sont construites à plusieurs dizaines de mètres du sol. Véritables cabanes perchées dans les arbres, parfois reliées par des passerelles, les palombières nécessitent des travaux réguliers d’entretien, de réparation et d’élagage. Et c’est précisément à l’occasion de ces interventions que plusieurs accidents particulièrement graves ont été recensés ces dernières années.
En 2024, un chasseur meurt en entretenant sa palombière dans les Landes
Le 18 juillet 2024, un accident dramatique s’est produit à Saint-Gor, dans les Landes. Deux chasseurs âgés de 75 et 70 ans s’étaient retrouvés pour effectuer des travaux d’entretien sur leur palombière. Alors qu’ils intervenaient à une quinzaine de mètres de hauteur, l’un des deux hommes a chuté sur son compagnon. Le premier est décédé, tandis que le second a été grièvement blessé aux jambes. Incapable de se déplacer, ce dernier est resté plusieurs heures sur place avant que les secours ne soient alertés. Ce drame illustre l’un des risques majeurs liés à l’entretien des installations : des travaux effectués en hauteur, parfois par des chasseurs âgés, dans des environnements où l’intervention des secours peut s’avérer particulièrement compliquée.
En novembre 2024, une nouvelle chute mortelle dans les Pyrénées-Atlantiques
Quelques mois plus tard, le 8 novembre 2024, un autre accident mortel s’est produit à Nabas, dans les Pyrénées-Atlantiques. Un chasseur de 61 ans, passionné de chasse à la palombe, s’était rendu seul dans sa palombière pour effectuer des travaux d’élagage. Selon les informations rapportées à l’époque, il serait monté sur le toit de son installation avant de faire une chute fatale. Malgré l’intervention des secours, l’homme n’a pas pu être réanimé. Là encore, l’accident ne s’est pas produit à l’occasion d’un tir, mais pendant une opération d’entretien. Un élément qui revient régulièrement dans les faits divers concernant les palombières.
En 2025, un chasseur chute de 18 mètres en Dordogne
Le 1er novembre 2025, c’est à Capdrot, dans le sud de la Dordogne, qu’un chasseur de 67 ans a été victime d’un grave accident. Alors qu’il procédait au remplacement d’une planche sur sa palombière, il a chuté d’environ 18 mètres. Selon les premiers éléments rapportés, l’humidité du bois aurait pu favoriser sa glissade. Grièvement blessé, notamment au niveau de la colonne vertébrale, il a dû être évacué par hélicoptère vers le CHU de Bordeaux. Cet accident rappelle que les risques ne concernent pas uniquement les phases de construction des installations, mais également leur entretien courant. Le remplacement d’une planche, la réparation d’une passerelle ou la manipulation d’un appelant peuvent devenir des opérations dangereuses dès lors qu’elles sont réalisées à une telle hauteur.
En septembre 2026, deux chasseurs chutent d’une nacelle en préparant leur poste
Plus récemment, le 6 septembre 2026, deux hommes âgés de 45 et 74 ans ont été victimes d’un grave accident au Fleix, en Dordogne. Ils utilisaient une nacelle télescopique pour installer une caisse destinée aux appelants lorsqu’une défaillance du bras de l’engin aurait provoqué leur chute d’une dizaine de mètres. Le plus âgé des deux chasseurs a été très grièvement blessé, souffrant notamment d’une fracture ouverte du fémur et d’un important traumatisme à la tête. Son état a nécessité une évacuation en urgence vers le CHU de Bordeaux.
La palombière est-elle réellement plus accidentogène que les autres chasses ?
C’est finalement toute la difficulté de la question. Les bilans publiés chaque année par l’Office français de la biodiversité permettent de suivre l’évolution des accidents de chasse, mais ils concernent principalement les accidents corporels liés à l’utilisation d’une arme dans le cadre de l’activité cynégétique. Les chutes survenues pendant des travaux d’entretien ou de construction d’une palombière ne sont donc pas nécessairement intégrées à ces statistiques. Pour la saison 2025-2026, l’OFB a recensé 92 accidents de chasse, dont quatre mortels. Sur vingt ans, le nombre d’accidents a diminué de 49 %, ce qui témoigne d’une amélioration importante de la sécurité dans la pratique cynégétique. Reste une question à laquelle les chiffres officiels ne permettent pas de répondre : combien de chasseurs sont blessés chaque année en tombant d’une palombière ou en travaillant à son entretien ? Les accidents recensés ces dernières années montrent que le risque est bien réel, parfois mortel, mais ils ne suffisent pas à affirmer que cette chasse serait plus dangereuse qu’une autre. Il faudrait pour cela disposer de données précises sur le nombre de pratiquants, les journées de chasse et les accidents liés aux installations. Une chose est certaine : lorsqu’une cabane est perchée à quinze ou vingt mètres du sol, la sécurité ne se limite pas au maniement des armes. Et au regard des drames survenus ces dernières années, la question d’un meilleur recensement de ces accidents mérite d’être posée.












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