Nouvelle cyber attaque visant la FFTir : les données de 587 000 licenciés proposées à la vente

Cyberattaque FFTir

Un an presque jour pour jour après une première cyberattaque ayant débouché sur des vols d’armes chez des tireurs sportifs, la Fédération française de tir fait l’objet d’une nouvelle revendication de piratage. Près de 587 000 fiches de licenciés, des milliers de photographies d’identité et des documents médicaux seraient proposés à la vente sur un forum cybercriminel. Une affaire particulièrement inquiétante pour les tireurs sportifs, mais également pour les nombreux chasseurs pratiquant les deux activités.

Près de 600 000 licenciés potentiellement concernés

La Fédération française de tir (FFTir) se retrouve une nouvelle fois confrontée à une possible fuite massive de données personnelles. Selon les informations publiées le 17 octobre par le site spécialisé FrenchBreaches, puis actualisées le 18 octobre, un pirate informatique affirme avoir récupéré les données de 586 854 licenciés de la fédération. Parmi les personnes potentiellement concernées figureraient environ 250 000 licenciés actifs et 350 000 anciens membres. Les fichiers proposés à la vente sur un forum cybercriminel comprendraient notamment 140 000 adresses postales, 64 000 photographies d’identité et 19 000 documents, principalement des certificats médicaux. Le pirate revendique également la possession d’informations concernant 1 659 clubs de tir, ainsi que de centaines de milliers d’enregistrements techniques liés aux comptes des adhérents. Des échantillons auraient été diffusés pour appuyer cette revendication. Toutefois, l’authenticité de l’ensemble des fichiers et le nombre exact de personnes concernées restent à confirmer.

Une intrusion qui aurait duré plusieurs jours

Les premiers éléments recueillis font état d’un mode opératoire particulièrement préoccupant. Le pirate aurait initialement utilisé un compte informatique compromis ne bénéficiant pas d’une double authentification, avant d’exploiter une faille de contrôle d’accès permettant de consulter des données normalement réservées à d’autres utilisateurs. Selon les informations disponibles, les services informatiques de la FFTir auraient mis plusieurs jours à détecter cette présence malveillante. L’attaquant affirme avoir notamment téléchargé des photographies, des documents et plusieurs dizaines de dossiers personnels détaillés avant que son accès soit finalement bloqué. Ces informations techniques, qui reposent en partie sur les déclarations du pirate, nécessitent encore une confirmation officielle. Mais si elles se vérifient, elles poseront de sérieuses questions sur la sécurisation des systèmes informatiques d’une fédération dont les adhérents sont susceptibles de détenir légalement des armes à feu.

En 2025, le piratage avait déjà conduit à des vols d’armes

Car cette affaire rappelle un précédent particulièrement inquiétant. Entre le 18 et le 20 octobre 2025, la FFTir avait subi une importante intrusion informatique ayant compromis les données personnelles d’environ un million de licenciés et anciens licenciés. Les conséquences avaient largement dépassé les habituelles tentatives d’escroquerie par Internet. Le parquet de Paris avait confirmé que certaines informations dérobées avaient été utilisées par des malfaiteurs pour commettre des cambriolages et des vols d’armes chez des tireurs sportifs. Des individus avaient notamment usurpé la qualité de policiers pour approcher leurs victimes et tenter de s’emparer de leurs armes. En janvier 2026, un jeune homme de 18 ans, soupçonné d’avoir participé à la commercialisation des données volées, avait été interpellé puis mis en examen. Ce précédent change considérablement la portée de la nouvelle revendication de piratage. Car lorsqu’une liste de licenciés d’un club de tir se retrouve entre des mains criminelles, le danger ne se limite plus à la réception d’un courriel frauduleux. Il peut malheureusement se matérialiser par une intrusion au domicile des personnes concernées.

Les chasseurs également exposés

Cette nouvelle affaire ne concerne pas uniquement les pratiquants du tir sportif. De nombreux chasseurs sont également licenciés à la FFTir, notamment pour pratiquer le tir à longue distance, le tir de précision ou simplement entretenir leur maîtrise des armes dans un stand agréé. Ils peuvent donc eux aussi figurer parmi les personnes dont les informations personnelles seraient compromises. Il faut néanmoins rappeler qu’une licence FFTir ne signifie pas automatiquement que son titulaire possède une arme. Rien ne permet davantage d’affirmer que les fichiers proposés à la vente contiennent des inventaires d’armes ou des informations sur leurs lieux de conservation. Mais la présence éventuelle d’un nom, d’une adresse postale et d’une affiliation à un club de tir peut déjà constituer un renseignement intéressant pour des individus malintentionnés. Les événements judiciaires consécutifs à la fuite de 2025 l’ont malheureusement démontré. Et dans le climat particulièrement tendu que connaît actuellement notre pays, la question mérite d’être prise très au sérieux. Au lendemain des scènes de violences quasi insurrectionnelles du samedi 17 octobre, marquées par des pillages, des incendies et des attaques contre des bâtiments publics dans plusieurs villes françaises, voir circuler des fichiers identifiant des détenteurs potentiels d’armes n’a vraiment rien de rassurant. Aucun lien n’est évidemment établi entre ces violences et la nouvelle revendication de piratage. Mais elles rappellent combien la sécurité des citoyens et de leurs biens demeure une préoccupation majeure.

FFTir, FNC, OFB, armureries : l’hécatombe informatique continue

La nouvelle affaire FFTir vient allonger une liste déjà particulièrement inquiétante de cyberattaques visant le monde des armes, de la chasse et du tir sportif. Le 20 janvier 2026, la Fédération nationale des chasseurs était victime d’une intrusion dans l’espace adhérents de son guichet unique de validation des permis de chasser. Des données personnelles avaient pu être consultées, malgré une réaction rapide des services informatiques de la FNC. Début août, c’était au tour de l’Armurerie Lavaux, implantée à Neufchâteau dans les Vosges, d’être frappée par une cyberattaque ciblée. L’entreprise avait confirmé l’extraction d’informations relatives aux commandes de clients effectuées depuis 2025 : identités, adresses postales, numéros de téléphone et, surtout, désignation précise des produits achetés. Un incident particulièrement préoccupant que So Chasse avait relaté dès le 7 août. Car disposer simultanément de l’adresse d’un client et de la liste du matériel qu’il a commandé dans une armurerie constitue un renseignement potentiellement exploitable par des cambrioleurs. Le 4 octobre, l’Office français de la biodiversité signalait à son tour un incident de sécurité touchant son application Permis de chasser, avant d’annoncer le rétablissement du service le 12 octobre. Plus récemment encore, l’Armurerie du Bocage, en Vendée, confirmait également avoir été victime d’une cyberattaque, tandis qu’un pirate revendiquait la détention de documents concernant sa clientèle. Aucun élément ne permet d’affirmer que ces intrusions sont liées entre elles. Mais leur accumulation devient franchement préoccupante. En moins d’un an, fédérations, administration publique et armureries ont successivement vu leurs systèmes informatiques pris pour cible. Et après les cambriolages et vols d’armes consécutifs au premier piratage de la FFTir en 2025, impossible de considérer ces attaques comme de simples incidents techniques. Pour les chasseurs et les tireurs sportifs, la menace peut désormais dépasser largement le monde virtuel.

Une vigilance indispensable pour les détenteurs d’armes

Pour les personnes potentiellement concernées, la prudence est plus que jamais nécessaire. À la suite du piratage de 2025, les autorités avaient notamment mis en garde les licenciés contre des appels ou visites de faux policiers, gendarmes ou douaniers prétendant devoir contrôler ou récupérer leurs armes. Ce risque mérite d’être rappelé aujourd’hui. Tout contact inhabituel faisant référence à une licence de tir, une arme détenue ou une prétendue vérification administrative doit être contrôlé auprès des services officiels, en utilisant des coordonnées obtenues indépendamment de l’interlocuteur. Il convient également de redoubler de vigilance face aux messages électroniques demandant de confirmer des informations personnelles, de transmettre des documents ou de communiquer des identifiants. Les chasseurs et tireurs sportifs concernés ne doivent pas hésiter à signaler toute démarche suspecte aux forces de l’ordre.

La protection des fichiers doit devenir une priorité

À force de multiplier les démarches numériques, les fichiers d’adhérents et les procédures dématérialisées, les fédérations et les administrations disposent aujourd’hui d’une quantité considérable d’informations sur des citoyens qui pratiquent légalement leur activité. Cette centralisation impose une responsabilité particulière à ceux qui conservent ces données. Il ne suffit plus de rappeler aux chasseurs et aux tireurs sportifs leurs obligations en matière de détention et de sécurisation des armes. Il faut également leur garantir que les informations qu’ils sont contraints de communiquer dans le cadre de leurs démarches administratives bénéficient d’une protection informatique à la hauteur des enjeux. Car lorsque ces données sont compromises, ce sont les intéressés qui peuvent en subir les conséquences, parfois jusque dans leur propre domicile. Après les vols d’armes consécutifs au piratage de 2025, cette nouvelle alerte concernant la FFTir ne saurait être considérée comme un simple incident informatique de plus. Les chasseurs et les tireurs sportifs ont le droit d’attendre des réponses précises sur l’origine de cette nouvelle fuite présumée, les données réellement compromises et les moyens mis en œuvre pour empêcher que de telles situations se reproduisent. La sécurisation des armes est une obligation pour leurs détenteurs. Celle de leurs données personnelles doit être une exigence tout aussi fondamentale pour les organismes qui les collectent.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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