Ouverture de la chasse : pourquoi la botte Saint Hubert traverse les générations?

Alors que l’ouverture s’est déroulé partout en France, les bottes retrouvent leur place au premier rang de l’équipement du chasseur. Parmi elles, la Saint Hubert de Le Chameau traverse les générations sans perdre son statut d’icône. Histoire, fabrication, confort, entretien ou encore différences avec la Chasseur : nous avons interrogé Frédéric Gadeyne, Account Manager Le Chameau BeNeLux, pour comprendre les secrets de cette longévité.

BSL: La botte Saint Hubert est devenue une véritable icône de la chasse française. Pouvez-vous nous raconter son histoire et nous expliquer pourquoi elle occupe une place si particulière dans le cœur des chasseurs ?

FG: La Saint Hubert est née d’une volonté simple : concevoir une botte capable de répondre aux exigences des chasseurs de grand gibier en associant protection, confort et élégance. Dès son origine, elle a été pensée comme un équipement de terrain, destiné à accompagner les chasseurs dans toutes les conditions. Si elle est devenue une icône, c’est parce qu’elle est restée fidèle à cette philosophie. Elle incarne une certaine idée de la chasse française : le respect du milieu naturel, la recherche d’un équipement fiable et durable, et un savoir-faire artisanal transmis au fil des générations. Beaucoup de chasseurs ont découvert la Saint Hubert aux côtés de leur père ou de leur grand-père, ce qui en fait aujourd’hui bien plus qu’une botte : une véritable référence.

BSL: Depuis sa création, qu’est-ce qui a évolué sur la Saint Hubert et qu’avez-vous volontairement choisi de ne jamais changer ?

FG: La Saint Hubert a naturellement évolué avec les attentes des chasseurs et les progrès techniques. Les formulations du caoutchouc naturel ont été optimisées pour offrir davantage de souplesse et de résistance, les procédés de vulcanisation ont gagné en précision afin de garantir une étanchéité durable, et les semelles ont évolué pour améliorer l’adhérence ainsi que le confort de marche sur des terrains variés. En revanche, nous avons toujours conservé ce qui fait son identité : une fabrication artisanale réalisée à la main, sa doublure en cuir pleine fleur, son chaussant caractéristique et cette recherche permanente d’un équilibre entre robustesse, confort et longévité. L’objectif n’a jamais été de transformer la Saint Hubert, mais de la faire progresser sans lui faire perdre son caractère.

BSL: L’ouverture de la chasse approche. Pourquoi est-ce le bon moment pour s’intéresser à l’état de ses bottes ?

FG: Une saison de chasse réussie commence par un équipement sur lequel on peut compter. Les bottes sont souvent mises à rude épreuve avant d’être remisées plusieurs mois. Cette période d’inactivité peut avoir des conséquences sur le caoutchouc, les semelles ou la doublure si elles n’ont pas été stockées dans de bonnes conditions. Avant la reprise, quelques minutes suffisent pour contrôler leur état et effectuer un entretien préventif. Cela permet d’éviter une infiltration d’eau, une perte d’adhérence ou un inconfort qui ne se révélerait qu’après plusieurs kilomètres de marche.

BSL: Les bottes font partie des équipements que l’on oublie parfois jusqu’au dernier moment. Que conseillez-vous de vérifier sur une paire avant le début de la saison ?

FG: Nous recommandons de contrôler plusieurs points essentiels :

  • l’absence de fissures ou de craquelures sur le caoutchouc ;
  • l’état des semelles et la profondeur des crampons afin de conserver une bonne adhérence ;
  • l’étanchéité générale de la botte ;
  • l’état de la doublure cuir, qui doit rester souple et propre ;
  • le maintien du pied et du mollet, car une botte qui s’est déformée peut rapidement devenir inconfortable.

Une simple vérification avant la saison permet souvent d’éviter des désagréments importants une fois sur le terrain.

BSL: Pourquoi la Saint Hubert reste-t-elle particulièrement adaptée aux longues journées de chasse ?

FG: Une journée de chasse sollicite énormément les pieds : plusieurs heures debout, de longues marches, des terrains irréguliers et des conditions météo parfois exigeantes. La Saint Hubert a été conçue pour limiter cette fatigue. Son chaussant offre un maintien précis, tandis que la doublure en cuir épouse progressivement la morphologie du pied afin de limiter les points de pression et les frottements. Sa semelle, qui est composée d’un renfort de cambrion ainsi que d’un amortisseur dans le talon, contribue à absorber une partie des chocs liés à la marche et conserve une bonne stabilité sur des terrains variés. Ce sont ces détails qui font la différence lorsqu’une journée se prolonge.

BSL: La doublure en cuir est l’une des signatures de la Saint Hubert. Quels sont les avantages de ce choix pour un chasseur ?

FG: Le cuir possède des qualités naturelles particulièrement intéressantes pour un usage intensif. Il absorbe une partie de l’humidité produite par le pied puis la restitue progressivement, ce qui participe à maintenir un meilleur confort tout au long de la journée. Il s’adapte également à la morphologie du porteur au fil des utilisations, ce qui procure une sensation de maintien très naturelle et limite les échauffements. Enfin, lorsqu’il est correctement entretenu, le cuir conserve durablement ses qualités mécaniques, ce qui contribue à la longévité de la botte. C’est un choix exigeant, mais il reflète notre volonté de privilégier des matériaux nobles, performants et durables.

BSL: Quels sont vos conseils pour entretenir correctement une paire de Saint Hubert avant, pendant et après la saison afin de la conserver pendant de nombreuses années ?

FG: Le premier réflexe consiste à éliminer systématiquement la boue et les salissures après chaque sortie avec de l’eau claire. Une fois nettoyées, les bottes doivent sécher naturellement dans un endroit aéré, à l’abri d’une source de chaleur directe qui pourrait altérer le caoutchouc comme le cuir. Comme il s’agit d’une matière naturelle, pensez à l’imbiber régulièrement de spray d’entretien Le Chameau pour préserver sa qualité et sa souplesse. Pour la doublure cuir, l’application régulière d’un simple talc sur la doublure permet de préserver sa souplesse et ses propriétés naturelles. Enfin, durant les périodes de stockage, il est préférable de conserver les bottes debout ou sur un support pour bottes, dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et des fortes variations de température.

BSL: Les conditions de chasse sont très variées : rosée, pluie, boue, ronces… Comment la Saint Hubert a-t-elle été pensée pour répondre à toutes ces contraintes ?

FG: La Saint Hubert a été développée pour répondre aux réalités du terrain. Son caoutchouc naturel offre un excellent compromis entre souplesse, résistance et étanchéité, permettant d’accompagner les mouvements du chasseur sans compromettre la protection. La conception de la semelle favorise l’accroche sur les terrains meubles tout en facilitant l’évacuation de la boue. L’épaisseur du caoutchouc protège efficacement contre les agressions de la végétation, tandis que la doublure cuir contribue au confort lors des longues journées d’utilisation. Chaque élément répond à une contrainte concrète rencontrée sur le terrain.

BSL: La Chasseur est une botte plus récente dans la gamme Le Chameau, notamment reconnue pour sa fermeture étanche. Comment est née l’idée de proposer cette alternative et à quels besoins des chasseurs répond-elle ?

FG: La Chasseur, qui a été créée en 1970, est née de l’évolution des pratiques. Certains chasseurs recherchaient les performances et la qualité de fabrication Le Chameau, tout en souhaitant un chaussage plus rapide et un ajustement plus précis au niveau du mollet et du coup de pied. La fermeture éclair étanche répond précisément à ce besoin. Elle facilite l’enfilage, notamment lorsque l’on porte plusieurs couches de vêtements, et permet d’adapter le serrage à la morphologie de chacun sans compromettre l’étanchéité. C’est une solution particulièrement appréciée des chasseurs qui marchent beaucoup ou alternent entre différents terrains au cours d’une même journée.

BSL: La Saint Hubert incarne l’histoire et le savoir-faire traditionnel de Le Chameau. Avec la Chasseur, vous avez développé une botte plus contemporaine. Comment ces deux modèles se complètent-ils dans les usages et les attentes des chasseurs ?

FG: Ces deux modèles partagent le même niveau d’exigence en matière de qualité et de fabrication, mais répondent à des attentes différentes. La Saint Hubert s’adresse aux chasseurs attachés à une botte traditionnelle, avec une doublure cuir et un chaussant emblématique qui ont fait leur réputation depuis plusieurs décennies. La Chasseur apporte davantage de modularité grâce à sa fermeture étanche, qui facilite le chaussage et permet un ajustement personnalisé du mollet. Elle est également proposée avec une doublure en cuir ou en néoprène, et, plus récemment, en laine naturelle. Il ne s’agit donc pas d’opposer tradition et modernité, mais de proposer deux réponses complémentaires à des usages et à des préférences différentes.

BSL: Pour conclure, quel serait votre principal conseil aux chasseurs qui s’apprêtent à vivre une nouvelle saison avec leurs bottes Le Chameau ?

FG: Une bonne paire de bottes est un investissement qui accompagne souvent un chasseur pendant de nombreuses années. En prenant le temps de les inspecter, de les nettoyer et de les entretenir avant l’ouverture, on s’assure qu’elles offriront toutes leurs performances au moment où l’on en a besoin. Nos bottes sont conçues pour durer. Avec un entretien régulier et quelques gestes simples, elles continueront d’accompagner les chasseurs saison après saison, quelles que soient les conditions rencontrées sur le terrain.

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Baudouin est journaliste spécialisé dans le monde de la chasse depuis plus de quinze ans et rédacteur en chef de So Chasse. Titulaire d'une carte de presse, il a publié plus de 5 000 articles et réalisé plus de 1 500 reportages vidéo consacrés à la chasse, à la faune sauvage, aux chiens, aux armes, à la réglementation et aux territoires. Il a notamment interviewé plusieurs candidats à l’élection présidentielle en 2017 et 2022 sur leur vision de la chasse et de la ruralité. Ses reportages l’ont également conduit en Italie, en Espagne, en Écosse, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, au Bénin et au Mozambique. Chasseur depuis son plus jeune âge, il pratique aussi bien l’approche, l’affût, la battue que la chasse du petit gibier avec son springer. À travers So Chasse, il défend un journalisme de terrain fondé sur l’expérience, la vérification des faits et la rencontre avec les acteurs du monde cynégétique.

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