Invitée du Festival international du journalisme de Couthures-sur-Garonne, en Lot-et-Garonne, Sandrine Rousseau s’est retrouvée samedi face à plusieurs dizaines d’agriculteurs de la Coordination rurale et de chasseurs venus lui demander des comptes. Un échange particulièrement tendu, qui illustre une nouvelle fois la rupture profonde entre la députée écologiste et une grande partie du monde rural.
Un accueil glacial au Festival du journalisme
Le comité d’accueil ne laissait guère planer le doute. À quelques mètres du festival organisé par le Groupe Le Monde et Le Nouvel Obs, des agriculteurs de la Coordination rurale et des chasseurs lot-et-garonnais avaient installé un barbecue et déployé une banderole affichant : « Pour sauver un agriculteur, mangez un vegan ». Loin d’éviter la confrontation, Sandrine Rousseau est allée à la rencontre des manifestants. Très rapidement, le dialogue a tourné à l’affrontement verbal. Un exploitant agricole lui a notamment rappelé sa déclaration de 2025 sur la rentabilité des exploitations : « Vous avez en face de vous quelqu’un qui, depuis quatre ans, n’a pas sorti un sou de son exploitation. ». Quelques instants plus tard, un autre lui lance : « Vous dites que vous n’en avez rien à branler de notre revenu ! ». La députée écologiste maintient alors la distinction qu’elle défend depuis plusieurs mois : « Non, de votre rentabilité. Je pense que la quête de rentabilité est en train de vous faire crever. Et c’est ça mon sujet : que vous ayez un revenu minimum qui vous donne de la dignité. ». Après plusieurs minutes d’échanges particulièrement tendus, Sandrine Rousseau quitte finalement les lieux sous les huées.
Une succession de déclarations qui exaspère les campagnes
Pour de nombreux agriculteurs et chasseurs, cet épisode ne constitue pas un simple désaccord politique mais l’aboutissement de plusieurs années de polémiques. Le nom de Sandrine Rousseau est régulièrement associé à des prises de position qui ont profondément marqué le monde rural. Beaucoup se souviennent de sa célèbre sortie sur le barbecue, qu’elle présentait comme un symbole de virilité à déconstruire, provoquant une polémique nationale. D’autres retiennent ses déclarations assimilant la viande à des « cadavres d’animaux », ou encore ses attaques répétées contre la chasse. Dans le monde cynégétique, ses propos affirmant qu’un féminicide sur quatre serait commis avec une arme de chasse, donc par un chasseur avaient également suscité une vive colère et conduit la Fédération nationale des chasseurs à engager une action en justice. Autant de déclarations qui, au fil des années, ont contribué à installer une profonde défiance à son égard dans les territoires ruraux.
Le symbole d’un dialogue devenu impossible
L’échange de Couthures-sur-Garonne dépasse largement la seule personnalité de Sandrine Rousseau. Il met en lumière le fossé qui s’est creusé entre une partie des responsables écologistes et les acteurs de terrain que sont agriculteurs, éleveurs, chasseurs ou gestionnaires des espaces naturels. Alors que les exploitations agricoles subissent de plein fouet les conséquences de la sécheresse, de la hausse des charges et des incertitudes économiques, beaucoup de professionnels se montrent de plus en plus virulents face à un discours qu’ils jugent déconnecté de leurs réalités quotidiennes. En repartant sous les huées, la députée écologiste a sans doute mesuré une nouvelle fois combien son image s’est dégradée auprès d’une partie de la France rurale. Pour beaucoup des manifestants présents samedi, les explications apportées sur ses différentes déclarations ne suffisent plus à effacer un sentiment durable de mépris vis à vis de la France rurale.












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