« Je rêve qu’ils s’étouffent dans leurs banquets de sales beaufs. » : So Chasse répond à Orelsan

Avant d’être journaliste, je suis profondément attaché au monde rural. À ces femmes et ces hommes qui vivent de la terre ou qui la parcourent, à ceux qui chassent, qui pêchent, qui élèvent, qui cultivent, mais aussi à tous ceux qui continuent de faire vivre ces moments de convivialité qui rythment encore nos campagnes. Je ne réagis pas souvent aux déclarations des artistes. Chacun est libre de ses goûts, de ses opinions et de ses engagements. Mais lorsque j’entends un rappeur déclarer qu’il « rêve que les participants au Canon Français s’étouffent dans leurs banquets de sales beaufs », je ne peux pas rester silencieux. Car derrière cette phrase, je ne vois pas seulement une provocation. J’y vois le mépris d’une France que je connais bien. Celle des banquets de village, des bandas, des fêtes populaires, des chasseurs, des agriculteurs et de tous ceux qui prennent encore le temps de se retrouver autour d’une table. Cette France n’a pas à rougir de ce qu’elle est. Bien au contraire. Elle mérite qu’on la respecte, même lorsqu’on ne la comprend pas. C’est pourquoi j’ai souhaité répondre au rappeur normand.

On peut ne pas apprécier le fromage. On peut ne pas apprécier le vin rouge. On peut ne pas apprécier Joe Dassin ou Michel Sardou. On peut ne pas aimer se retrouver entre amis autour d’un banquet. On peut ne pas apprécier ces grandes tablées où se mêlent hommes et femmes du monde rural, mais aussi citadins attachés aux valeurs de nos campagnes. On peut préférer une bavette de Salers à un jambon sous vide Cochonou. On peut aimer chanter les chansons du rugby ou celles de nos montagnes. On peut tout cela, car c’est aussi une certaine idée de la France. La France qui revisite Le Chasseur de Michel Delpech, celle de La Goffa Lolita, des bandas, des claques de Jacques Chirac sur le cul des vaches. Cette certaine France, chère à Jacques Chirac, c’est précisément celle que le rappeur Orelsan rêverait de voir « s’étouffer dans leurs banquets de sales beaufs ».

On pourrait croire qu’une telle rancœur, qu’un tel dégoût de cette France, trouve son origine dans une enfance de village difficile. Pourtant, il n’en est rien. Comment ce fils de professeurs, titulaire d’un bac ES obtenu au lycée Victor-Hugo de Caen puis diplômé d’une école de commerce, peut-il aujourd’hui s’ériger en inquisiteur d’une France qu’il ne connaît probablement pas ? La France des paysans, des boulistes, des terriens de ceux qui aiment les bonnes choses, qui chassent, qui pêchent et qui, parfois même, vont encore à la messe… Mon Dieu ! Qui est cette nouvelle génération pour montrer du doigt ceux qui ont encore le plaisir de se retrouver, de chanter, de danser, de porter un béret sur la tête, comme le faisaient avant eux leurs grands-parents lors des fêtes populaires de nos villages ou encore aujourdh’ui le 14 juillet ?

Populaire. Voilà sans doute le mot que notre rappeur, pourtant si prompt à parler au nom du peuple, devrait commencer par défendre. Car c’est bien cette petite musique insidieuse qui tente, année après année, de distordre notre société. Qu’Orelsan n’apprécie ni les banquets, ni les bérets, ni la charcuterie, c’est son droit le plus strict. Mais qu’il en vienne à souhaiter la mort de ceux qui en sont les acteurs, n’est-ce pas, au fond, une forme de mépris pour une culture française qui mérite autant de respect que toutes les autres ?

Pour ma part, je serai toujours heureux de partager un repas avec ces « canoniers » et ces fêtards. S’il souhaite ma mort, soit. Il l’adressera à quelqu’un qui, comme lui, est passé par l’École de Management de Normandie, mais à qui l’on a surtout appris une valeur essentielle : le respect d’autrui. Mon petit doigt me dit qu’il n’a sans doute pas gardé le même souvenir de cette école que moi. Car j’y ai rencontré des personnes d’horizons extrêmement différents, avec lesquelles le débat n’a jamais empêché le respect. En lançant sa carrière avec Sale Pute, l’une de ses premières chansons les plus controversées, il est finalement difficile de s’étonner qu’il en soit encore là aujourd’hui. A bon entendeur Aurelien Cotentin, Baudouin (Promo 135 de l’EM Normandie).

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Baudouin est journaliste spécialisé dans le monde de la chasse depuis plus de quinze ans et rédacteur en chef de So Chasse. Titulaire d'une carte de presse, il a publié plus de 5 000 articles et réalisé plus de 1 500 reportages vidéo consacrés à la chasse, à la faune sauvage, aux chiens, aux armes, à la réglementation et aux territoires. Il a notamment interviewé plusieurs candidats à l’élection présidentielle en 2017 et 2022 sur leur vision de la chasse et de la ruralité. Ses reportages l’ont également conduit en Italie, en Espagne, en Écosse, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, au Bénin et au Mozambique. Chasseur depuis son plus jeune âge, il pratique aussi bien l’approche, l’affût, la battue que la chasse du petit gibier avec son springer. À travers So Chasse, il défend un journalisme de terrain fondé sur l’expérience, la vérification des faits et la rencontre avec les acteurs du monde cynégétique.

3 réponses à « « Je rêve qu’ils s’étouffent dans leurs banquets de sales beaufs. » : So Chasse répond à Orelsan »

  1. Christophe Duchamp

    Bonjour Mr Baudouin,
    Je vous remercie pour votre article en réponse au chanteur Orelsan.
    En effet, je suis affligé, comme nombre de personnes du monde rural de cette haine contre le canon français. Cela reflète a mon grand regret, qu’il y a toujours une fracture dans notre pays entre ce monde plutôt urbain et notre monde rural. Là ou le monde rural s’ouvre a tous, dans une convivialité et du partage, nous avons une levée de bouclier d’un certain nombre de personnes ou personnalités. Cela semble déranger une certaine « bien pensance », de festoyer, rire ou encore échanger dans ce monde qui en a tant besoin.
    Peut être cette haine est due au succès grandissant de cette vision de notre France. Celle qui maintient des traditions et de l’échange. Étanche a la haine et ouverte a tous.
    Alors, je vous remercie pour votre réponse ferme et honnête. Sans vulgarité et sans haine.
    Pour ma part, je continuerai a partager ma vision de la convivialité du monde rural et a festoyer au rythme de nos fêtes populaires.
    Merci pour vos articles de chasses et votre défense de nos valeurs.
    Cordialement
    Christophe Duchamp

  2. C'est DUCON

    Malheureusement ces individus, tous des délinquants d’une façon ou d’une autre sont soutenus par LFIslamiste de mélenchon, qui par tous les moyens cherchent des électeurs pour sa dernière Présidentielle.

    La racaille se sent pousser des ailes devant un état laxiste.

    Mai 2027 n’arrive pas assez vite pour stopper toute cette débandade dangereuse.

    Ne vous trompez pas de bulletin dans l’urne, la gauche et l’extrême gauche sont à exclure.

  3. Hervé MIREMONT

    Chez nous on appelle ça « un triste Guit ».

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