L’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier (ANCGG) réagit officiellement à la publication de l’arrêté du 25 juin 2026, qui autorise désormais, dans la plupart des départements, la chasse en battue du chamois, de l’isard et du mouflon. Si cette évolution réglementaire est présentée par les pouvoirs publics comme une mesure de simplification, l’association estime qu’elle remet en cause l’esprit même de la chasse de montagne et appelle les fédérations départementales à préserver la chasse à l’approche. L’arrêté du 25 juin 2026, publié au Journal officiel le 9 juillet dernier, modifie les règles applicables à la chasse du chamois, de l’isard et du mouflon. Désormais, sauf dans quelques départements bénéficiant d’une exception, la chasse en battue avec l’emploi de chiens devient légalement possible pour ces trois espèces.
Une évolution qui ne convainc pas l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier. Dans une note publiée le 10 juillet, son président, le Dr Matthieu Cousty, regrette une décision prise au nom de la simplification administrative mais qui, selon lui, risque d’avoir des conséquences bien plus larges. Pour l’ANCGG, cette nouvelle possibilité brouille le message porté depuis des décennies autour de la chasse de montagne. Le chamois, l’isard et le mouflon sont traditionnellement chassés à l’approche, une pratique qui exige une excellente connaissance du terrain, des animaux et de leur comportement. Cette méthode permet également d’identifier précisément les individus avant le tir, un point jugé essentiel pour assurer une gestion qualitative des populations, notamment chez des espèces où le dimorphisme sexuel est parfois peu marqué.
L’association estime également que la battue entraîne un dérangement beaucoup plus important pour ces animaux, déjà confrontés aux effets du dérèglement climatique et à une fréquentation croissante des espaces montagnards par les activités de loisirs. Au-delà des considérations biologiques, l’ANCGG craint également un impact sur l’image de la chasse. Selon elle, autoriser la battue pour des espèces emblématiques de la montagne pourrait être mal perçu, aussi bien par les chasseurs que par le grand public, alors même que ces animaux sont peu concernés par les problématiques d’équilibre agro-sylvo-cynégétique qui justifient généralement les opérations de régulation. L’association reconnaît toutefois que certaines situations particulières peuvent nécessiter des battues, notamment dans quelques départements où des populations limitées de mouflons se retrouvent en dehors de leur milieu habituel. Mais plutôt qu’une autorisation généralisée, elle proposait un dispositif plus ciblé : permettre au ministre chargé de la chasse d’autoriser, par arrêté triennal, des battues limitées à une espèce et à un département, sur proposition du préfet après demande de la fédération départementale concernée. Enfin, l’ANCGG rappelle que les fédérations départementales des chasseurs disposent toujours d’un levier important. Dans leur Schéma départemental de gestion cynégétique, elles peuvent choisir de maintenir la chasse à l’approche comme seule modalité autorisée pour le chamois, l’isard et le mouflon. Une possibilité que l’association invite clairement à utiliser afin de préserver ce qu’elle considère comme l’éthique et la tradition de la chasse en montagne. L’association conclut sa prise de position par une formule qui résume sa philosophie : « Le chamois ne se chasse pas, il se mérite. »












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