Vendredi 28 août 2026, un référendum, lancé par Nicolas Hansen, président de la Fédération des chasseurs de l’Aisne, donne la parole aux chasseurs du département sur une interdiction de l’agrainage des sangliers du 15 octobre au 15 février. Une mesure signée plus tôt dans l’année créant une fracture chez les pratiquants.
21 000 sangliers prélevés dans l’Aisne la saison dernière
Le débat continue d’animer le monde de la chasse. Le sanglier, espèce dont les populations explosent depuis plusieurs années, colonise petit à petit les territoires de l’hexagone. Dans l’Aisne, 21 000 individus ont été prélevés la saison dernière, alors qu’il y a dix ans, le chiffre était divisé par deux, tout comme le prix des dégâts sur les cultures.
« Dans le département, s’il y a autant de sangliers, c’est parce qu’il y a un agrainage. Lorsqu’on les nourrit, ces animaux grossissent trop rapidement ce qui fait avancer leur majorité sexuelle » explique Nicolas Hansen, président de la Fédération départementale des chasseurs. Pour pallier ce problème, une proposition a été soumise au préfet par le président de la Fédération.
Une décision assez mal communiquée auprès des chasseurs
« La mesure a été inscrite quand je n’étais pas encore président, mais je faisais partie de la Fédération des chasseurs de grand gibier du département, et nous avons été informés que l’agrainage des sangliers sera suspendu du 15 octobre au 15 février, et ce de 2026 à 2031, chose qui a été signée par le préfet » raconte l’homme de 39 ans. Mais à côté, la communication sur cette décision n’a pas été faite auprès des chasseurs, ou alors très peu.
Un référendum pour donner la parole aux 11 000 pratiquants
C’est après la parution d’un article dans le journal L’Union que des chasseurs se plaignent de ne pas avoir demandé leur avis. « C’est tout à fait légitime, c’est pourquoi j’ai organisé un référendum. J’ai posé la question Êtes-vous favorable à la mesure de la Fédération pour interdire l’agrainage des sangliers ?, pour que les 11 000 pratiquants du département puissent s’exprimer » affirme le trentenaire. La consultation lancée le vendredi 28 août dernier se fermera la veille de l’ouverture générale, le 19 septembre prochain. Elle avait déjà recueilli 600 votes le 31 août, « alors que d’habitude, on a entre 200 et 250 votants ».
Cinq réunions publiques, une première déjà faite
Pour parler de ce sujet, cinq réunions publiques sont organisées pour que Nicolas Hansen présente son argumentaire. Une première a eu lieu hier, mercredi 2 septembre. « Pendant ce premier rassemblement, certains étaient favorables à cette interdiction mais d’autres étaient totalement contre. La mesure crée une véritable fracture » avance alors le président.

Ce dernier donne son argumentaire en deux explications : « La première est scientifique. Si l’on donne de la nourriture à des animaux sauvages, la concentration dans certains endroits sera artificielle et non naturelle, il y a un vrai risque d’avoir plus de dégâts parce que nous n’avons jamais réalisé autant d’agrainage et en parallèle, nous n’avons jamais eu autant de sangliers ni autant de cultures ravagées. »
Un véritable souci de crédibilité
La deuxième se veut plus rationnelle et joue surtout sur la crédibilité. « En fait, on ne peut pas dire qu’il y a trop de population et qu’il faut réguler si c’est en partie de notre faute qu’il y a autant d’animaux. On met aussi en avant la venaison comme une viande sauvage. Mais petit à petit, les conditions de vie des sangliers deviennent de plus en plus similaires à celles d’un élevage. C’est un vrai souci à régler si l’on veut garder la gestion du grand gibier » lâche Nicolas Hansen.
Le plébiscite se terminant donc dans deux semaines, si les résultats sont favorables à cette interdiction, rien ne bougera. À l’inverse, le président de la Fédération fera son maximum pour que le préfet annule la décision.












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