À Saint-André-de-Corcy, dans l’Ain, quatre étangs du domaine de Vernange viennent de retrouver leur aspect d’origine après d’importants travaux de restauration écologique. Un chantier porté par la Fédération des chasseurs de l’Ain et financé par le Département, qui doit permettre de restaurer la biodiversité tout en relançant l’activité piscicole.
Quand les étangs disparaissent sous les arbres
Il y a encore trois ans, difficile d’imaginer les quatre étangs tels qu’ils apparaissent aujourd’hui. Les arbres avaient progressivement colonisé les terrains, recouvrant les anciennes étendues d’eau et gagnant du terrain sur les digues. Pour rendre aux étangs leur aspect d’origine, d’importants travaux ont donc été nécessaires. Des abatteuses ont été utilisées pour dégager les bois et rouvrir les digues. « Il était nécessaire de faire ces travaux pour que la biodiversité puisse continuer d’exister telle qu’on la connaît dans la Dombes », explique Gontran Bénier, président de la Fédération des chasseurs de l’Ain à nos confrères de France 3 Auvergne Rhône-Alpes. Et derrière ces travaux, il ne s’agit pas seulement de remettre de l’eau dans le paysage. Un étang traditionnel de la Dombes constitue un véritable écosystème, avec ses roselières, ses jonchères et ses zones de végétation indispensables à de nombreuses espèces.
Une restauration qui profitent aux oiseaux d’eau
La restauration doit notamment profiter aux oiseaux qui dépendent des zones humides pour se nourrir et se reproduire. « Un étang, c’est une richesse formidable tant au niveau végétal qu’animal », rappelle Christian Lagalice, président de la fondation à laquelle appartient le site. Il souligne également la raréfaction des zones humides, notamment sous la pression de l’agriculture et des infrastructures.
Un fonctionnement qui repose sur un équilibre
Pour Yoann Bollet, technicien à la Fédération des chasseurs, le constat est simple : « Si on laisse les étangs à l’abandon, les oiseaux vont déserter le site. » Le fonctionnement d’un étang dombiste repose justement sur cet équilibre entre l’eau, la végétation et les activités humaines. « Les oiseaux ont besoin de ces habitats pour s’y reproduire », rappelle de son côté Timothée Beroud, régisseur de la fondation Pierre Vérots.
La pisciculture revient après 15 ans d’arrêt
Autre objectif du chantier : remettre en route l’activité piscicole, abandonnée sur ces étangs depuis une quinzaine d’années. Une restauration qui ne se limite donc pas à une opération paysagère. « Cette activité est la base du fonctionnement de l’étang », rappelle Yoann Bollet. Carpes, gardons, tanches, brochets ou encore sandres pourront à nouveau être élevés sur place avant d’être commercialisés. Une activité traditionnelle qui participe elle aussi à l’entretien et au fonctionnement des étangs de la Dombes. C’est justement cette particularité qui mérite d’être soulignée : ici, la restauration de la biodiversité passe aussi par le retour d’une activité humaine traditionnelle. L’objectif n’est pas de mettre le milieu sous cloche, mais de retrouver le fonctionnement d’un étang dombiste entretenu et exploité.
75 000 euros pour retrouver la Dombes d’autrefois
Le domaine de Vernange est reconnu depuis dix ans comme espace naturel sensible. Pour restaurer ces quatre étangs, représentant une dizaine d’hectares, 75 000 euros ont été nécessaires, avec un financement du Département de l’Ain. Le département compte plus de 1 000 étangs sur son territoire et envisage désormais de poursuivre ce type de restauration. Une opération qui rappelle surtout une réalité parfois oubliée dans les débats sur la biodiversité : préserver certains milieux naturels ne signifie pas nécessairement les abandonner à eux-mêmes. Dans la Dombes, les chasseurs participent ici directement à la remise en état d’un écosystème dont dépendent à la fois la faune sauvage, la végétation et une activité piscicole traditionnelle.












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