Pierrounet va-t-il revenir en Aveyron pour le brame ?

Cerf Pierrounet Aveyron

Longtemps sans donner de nouvelles, Pierrounet vient de réapparaître en pleine forme en Lozère. Le célèbre cerf suivi pendant plusieurs années par les chasseurs de l’Aveyron semble donc prêt pour un nouveau rendez-vous avec le brame. Reste désormais à savoir s’il reproduira son étonnante habitude : quitter ses quartiers lozériens pour rejoindre l’Aveyron à l’approche de la saison des amours.

Des nouvelles qui rassurent enfin les chasseurs

La Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron commençait sérieusement à s’inquiéter. Pierrounet n’avait plus donné signe de vie depuis le mois de février, lorsqu’il avait été observé en Lozère, sur la commune de Bourgs-sur-Colagne. Depuis, plus rien. La bonne nouvelle est finalement venue des voisins de la Fédération départementale des chasseurs de Lozère. Des pièges photographiques judicieusement installés ont permis de retrouver le célèbre cervidé et surtout de constater qu’il semble en excellente condition. La FDC de l’Aveyron a officiellement annoncé son retour sur les images le 26 août. Une apparition d’autant plus rassurante que Pierrounet n’est plus équipé de son ancien collier GPS.

Une histoire commencée dans une clôture

Si ce cerf bénéficie aujourd’hui d’un tel suivi, c’est parce que son histoire est pour le moins particulière. En janvier 2024, l’animal s’était retrouvé prisonnier d’une clôture à Lassouts, dans l’Aveyron. Alertés, les chasseurs locaux et les techniciens de la Fédération départementale étaient intervenus pour lui éviter de mourir d’épuisement. Le cerf avait été anesthésié afin de pouvoir couper les fils emprisonnant ses bois. Les techniciens avaient profité de l’intervention pour l’équiper d’un collier GPS dans le cadre d’un programme d’étude des déplacements du grand gibier. C’est ainsi que celui qui fut baptisé Pierrounet est devenu au fil des mois une véritable mascotte. Son collier a finalement été programmé pour se détacher au printemps 2025, peu avant l’épuisement de sa batterie. Depuis, les chasseurs doivent compter sur les observations directes, les photographes et les pièges photo pour continuer à suivre ses aventures.

De la Lozère à l’Aveyron pour retrouver les biches

Les données GPS récoltées auparavant avaient révélé une particularité étonnante. Pierrounet passe une grande partie de l’année en Lozère mais, lorsque le brame approche, il prend la direction de l’Aveyron. En 2024 déjà, il avait quitté ses quartiers lozériens en septembre pour parcourir plusieurs dizaines de kilomètres et rejoindre son secteur de brame aveyronnais. Après la période des amours, il était reparti vers la Lozère en empruntant de nouveau un itinéraire très direct. Le même comportement avait été observé l’année suivante. Voilà pourquoi la Fédération de l’Aveyron surveille maintenant les bois et les prairies avec attention : « Généralement il arrive vers la mi-septembre », rappelle-t-elle. Si Pierrounet respecte une nouvelle fois son calendrier, son départ de Lozère pourrait donc être imminent.

L’année dernière, Pierrounet avait sorti les gants

Et ceux qui connaissent son histoire savent que le voyage n’a rien d’une simple promenade automnale. Lors du brame 2025, Pierrounet était revenu en Aveyron avec la ferme intention de ne pas jouer les figurants. Dans un message publié le 23 octobre dernier, après la fin du brame, la Fédération racontait que le cerf avait dû affronter plusieurs concurrents pour conserver sa place auprès des biches. Les combats avaient laissé des traces : un andouiller cassé et un œil fortement tuméfié. Cela ne l’avait pourtant pas empêché de poursuivre le brame et de conserver autour de lui un petit groupe de quatre à cinq biches. La Fédération avait résumé le caractère de son protégé avec humour : « Pierrounet aime la castagne ».

Douze cors pour cette nouvelle saison

Cette année, Pierrounet est facilement reconnaissable grâce à sa ramure. Les dernières photographies montrent un cerf portant douze cors, contre treize (quatorze cors irrégulier) recensés la saison précédente. Ce changement n’a évidemment rien d’anormal. Comme nous le savons tous, les bois des cervidés tombent puis repoussent chaque année et leur configuration peut évoluer d’une saison à l’autre. Mais à l’approche du brame, l’état général de Pierrounet est surtout une excellente nouvelle. La Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron invite désormais les « coureurs des bois et autres observateurs avertis » à lui transmettre leurs observations dès que le cerf sera aperçu.

Le suivi de la faune continue même sans GPS

Au-delà de l’histoire sympathique de Pierrounet, son parcours illustre aussi le travail de connaissance réalisé par les Fédérations départementales des chasseurs. Son sauvetage avait permis de recueillir pendant plus d’un an de précieuses données sur les déplacements d’un grand cerf entre deux départements. Depuis la chute de son collier, la coopération entre chasseurs, techniciens et Fédérations de l’Aveyron et de la Lozère permet de poursuivre son observation autrement. Mais à quelques jours des premières grandes soirées de brame, une question demeure : le roi voyageur quittera-t-il une nouvelle fois la Lozère pour retrouver ses biches aveyronnaises ? Si ses habitudes n’ont pas changé, la réponse ne devrait plus tarder.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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