Face aux dégâts de sangliers et aux attaques de troupeaux par le loup, la préfecture du Var cherche quatre nouveaux lieutenants de louveterie. Ces chasseurs bénévoles, véritables auxiliaires de l’État, pourront intervenir aussi bien lors d’opérations de régulation du grand gibier qu’aux côtés des éleveurs confrontés à la prédation.
Quatre postes à pourvoir
La préfecture du Var vient de lancer un appel à candidatures pour renforcer son réseau de lieutenants de louveterie pour la période courant jusqu’au 31 décembre 2029. Quatre secteurs sont concernés : le secteur n° 6 autour du camp militaire de Canjuers, le n° 9 dans le Pays de Fayence, le n° 18 autour de Néoules et le n° 20 dans le massif des Maures. Le département dispose actuellement de 31 lieutenants de louveterie répartis sur 27 secteurs. Nommés par le préfet, ils exercent bénévolement des missions de service public et sont considérés comme des agents auxiliaires de l’État. Un statut souvent méconnu du grand public mais qui prend toute son importance lorsqu’un sanglier devient problématique en zone périurbaine, lorsqu’une population animale occasionne des dégâts importants ou encore lorsqu’un élevage est confronté aux attaques du loup.
Sangliers dans les jardins et secteurs sensibles
Dans le Var, le sanglier représente évidemment une part importante de leur activité. À la suite de nuisances signalées par des particuliers ou des professionnels, les lieutenants de louveterie peuvent être chargés de missions de régulation concernant notamment les sangliers, mais également les renards, pigeons, fouines, ragondins ou blaireaux. Ils peuvent effectuer des tirs, y compris de nuit lorsqu’ils sont ordonnés dans ce cadre administratif, ou encadrer des battues administratives destinées à réduire les populations de sangliers dans des secteurs particulièrement sensibles. Ces situations se rencontrent notamment lorsque les animaux pénètrent dans les zones habitées, retournent les jardins, détériorent des clôtures ou créent un danger pour la circulation. Des interventions parfois délicates puisque la proximité des maisons, des routes ou d’autres infrastructures impose évidemment des règles de sécurité particulièrement strictes.
Deux louvetiers recherchés spécialement pour le loup
Mais l’appel à candidatures lancé dans le Var possède une autre particularité. Deux lieutenants de louveterie suppléants sont recherchés sur les secteurs n° 6 et n° 9 afin d’intervenir spécifiquement sur les missions liées au loup. La préfecture justifie ces recrutements par les nombreux dégâts causés aux troupeaux dans les communes situées autour du camp militaire de Canjuers. Les louvetiers concernés pourront notamment participer aux missions nocturnes de défense des troupeaux ovins et caprins dans les foyers de prédation. Le Code de l’environnement prévoit en effet que les lieutenants de louveterie peuvent participer, sous le contrôle de l’autorité préfectorale, aux opérations concernant le loup lorsqu’elles sont ordonnées dans le cadre réglementaire applicable à cette espèce protégée. Il ne s’agit donc évidemment pas de permettre aux louvetiers de tirer librement des loups, mais de disposer sur le terrain de personnes expérimentées capables d’intervenir rapidement lorsque l’administration autorise une opération.
Une démission et une succession à préparer
Les deux autres recrutements répondent à des situations différentes. Dans le secteur n° 18, le poste de lieutenant de louveterie titulaire est vacant à la suite de la démission de celui qui occupait jusque-là cette fonction. Dans le secteur n° 20, dans le massif des Maures, la préfecture souhaite anticiper le départ du titulaire actuel. Celui-ci atteindra la limite d’âge réglementaire le 26 octobre 2027. Un suppléant est donc recherché afin de pouvoir lui succéder à cette date. La réglementation prévoit en effet que le mandat d’un lieutenant de louveterie prend automatiquement fin lorsqu’il atteint l’âge de 75 ans.
Des chasseurs expérimentés et disponibles
On ne devient évidemment pas lieutenant de louveterie simplement en envoyant une lettre de motivation. Les candidats doivent être de nationalité française, jouir de leurs droits civiques, résider dans le département où ils exerceront ou dans un canton limitrophe, présenter les aptitudes physiques nécessaires et être détenteurs du permis de chasser depuis au moins cinq ans. Une solide compétence cynégétique est évidemment exigée. Et une condition particulièrement révélatrice de la nature très concrète de cette fonction concerne les chiens. Le candidat doit s’engager à pouvoir mobiliser au minimum quatre chiens courants réservés à la chasse du sanglier ou du renard, ou au moins deux chiens de déterrage. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas nécessaire qu’il en soit personnellement propriétaire. À cela s’ajoutent disponibilité, sang-froid, connaissance du terrain, discernement et diplomatie. Car lorsqu’un louvetier intervient de nuit auprès d’un élevage, organise une opération administrative ou doit réguler des sangliers au milieu d’une zone habitée, la seule maîtrise d’une arme ne suffit évidemment pas.
Des bénévoles au service de l’État
C’est aussi l’un des aspects parfois oubliés de la louveterie : toutes ces missions sont exercées bénévolement. Le Code de l’environnement indique explicitement que les fonctions de lieutenant de louveterie sont bénévoles. Ceux-ci sont pourtant les conseillers techniques de l’administration pour les questions liées à la gestion des animaux susceptibles d’occasionner des dégâts. Une responsabilité loin d’être symbolique dans un département comme le Var, confronté à la fois à des populations importantes de sangliers, à l’urbanisation croissante de certains territoires et à la prédation du loup. Les personnes intéressées ont jusqu’au 15 octobre 2026 pour déposer leur candidature auprès de la préfecture du Var. Après étude des dossiers, les candidats pourront être convoqués à un entretien individuel au cours du dernier trimestre.












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