Pyrénées-Orientales : après le feu, les chasseurs protègent le petit gibier

Chasseurs abreuvant la faune

Après l’incendie qui a ravagé près de 5 000 hectares dans la vallée de la Têt, la Fédération départementale des chasseurs des Pyrénées-Orientales a décidé d’adapter les pratiques cynégétiques aux réalités du terrain. La chasse du petit gibier sera notamment suspendue jusqu’en février 2027, tandis que celle du grand gibier devra être maintenue pour limiter les dégâts agricoles.

Le petit gibier durement touché par les flammes

L’incendie de Trévillach, survenu au début du mois de juillet, a profondément bouleversé les milieux naturels de la vallée de la Têt. Plusieurs milliers d’hectares de végétation ont été détruits, privant de nombreuses espèces sauvages de nourriture, d’abris et de points d’eau. Face à cette situation, la Fédération départementale des chasseurs des Pyrénées-Orientales a réuni les responsables cynégétiques locaux afin de définir les mesures les plus adaptées. « Les chasseurs sont conscients de la fragilité de la faune après ces incendies et adapteront leurs pratiques », souligne-t-elle dans un communiqué. La chasse du petit gibier sera ainsi suspendue dans les secteurs concernés jusqu’en février 2027. Une décision destinée à laisser le temps aux populations de perdrix, de lapins et d’autres espèces de se reconstituer. Les perdreaux auraient été particulièrement affectés par la disparition de leur habitat et par le manque d’eau. Ces oiseaux s’abreuvant notamment grâce à la rosée matinale, la destruction de la végétation les a placés dans une situation très difficile.

Deux mille litres d’eau distribués

Dès les jours suivant l’incendie, les chasseurs se sont mobilisés pour venir en aide aux animaux survivants. « Environ 2 000 litres d’eau ont été distribués sur dix jours en des points stratégiques pour aider ces animaux à traverser cette phase difficile », indique la Fédération départementale des chasseurs. Un suivi annuel de la faune doit également être mis en place dans les zones incendiées. Les chasseurs espèrent ainsi mesurer précisément l’évolution des populations et adapter, si nécessaire, les mesures de gestion dans les prochaines années. À plus long terme, l’ouverture des milieux provoquée par le passage du feu pourrait favoriser certaines espèces. La repousse de nouvelles plantes et la germination de graines jusque-là enfouies pourraient offrir des conditions favorables aux passereaux, aux lapins et aux perdrix d’ici deux ou trois ans.

La chasse du grand gibier reste nécessaire

La situation est en revanche très différente pour le grand gibier. La Fédération départementale des chasseurs estime indispensable de maintenir la chasse du sanglier dans les secteurs périphériques aux zones brûlées. Après un incendie, les animaux se regroupent en effet dans les espaces épargnés par les flammes. Ces concentrations peuvent rapidement provoquer d’importants dégâts dans les cultures voisines. Les sangliers sortent alors en plus grand nombre pour rechercher de la nourriture dans les vignes, les vergers et les parcelles agricoles. Une pression supplémentaire pour des exploitants déjà confrontés à la sécheresse, à la grêle et désormais aux conséquences de l’incendie. La Fédération conteste donc les appels réclamant une suspension générale de la chasse après les feux. Une telle décision ne tiendrait compte ni de la situation des agriculteurs ni des différences entre les espèces. Suspendre temporairement la chasse du petit gibier tout en maintenant la régulation du sanglier constitue au contraire une réponse adaptée aux réalités du terrain.

Des territoires de chasse presque entièrement détruits

La commune de Rodès figure parmi les secteurs les plus sévèrement touchés. Selon Laurent Baudet, président de l’Association communale de chasse agréée locale, près de 95 % du territoire chassable de la commune a disparu dans les flammes. Il estime que la sécheresse, associée à une importante croissance de l’herbe au printemps, a fourni au feu une quantité considérable de combustible. Au total, environ 350 chasseurs seraient directement affectés par l’incendie. La Fédération départementale des chasseurs lance donc un appel à la solidarité afin qu’ils puissent être temporairement accueillis sur d’autres territoires.

Les chasseurs appelés à participer au débroussaillage

La Fédération souhaite également renforcer l’implication des chasseurs dans la prévention des incendies. Ces derniers sont invités à participer aux opérations de débroussaillage dans les secteurs qu’ils fréquentent habituellement. Un rappel leur a également été adressé concernant les périodes de risque élevé. Lorsque le niveau de vigilance est important, les chasseurs sont appelés à ne pas pénétrer dans les massifs et à concentrer leurs efforts sur le soutien au monde agricole. À Trévillach comme à Bezouce (Gard), Fontainebleau ou dans les autres territoires récemment touchés par les incendies, les chasseurs démontrent ainsi qu’ils savent suspendre leurs activités lorsque la faune en a besoin, tout en maintenant les opérations indispensables à l’équilibre des populations et à la protection des cultures.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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