Une pétition réclamant l’arrêt de la chasse pendant au moins trois ans sur les zones incendiées de la forêt de Fontainebleau a rencontré un large écho cet été. Du côté des chasseurs, la réponse est claire : personne n’a l’intention d’aller chasser sur des parcelles calcinées où la faune a fui et où la nature doit reprendre son souffle. En revanche, ils refusent l’idée d’une interdiction générale et automatique, estimant que la gestion doit se faire avec bon sens, au cas par cas.
Une pétition qui rencontre un certain écho
Lancée le 14 juillet 2026 sur Change.org par Bruno Valentin, un habitant du Cantal se disant “pas fan de la chasse”, la pétition demande l’interdiction totale de toute forme de chasse dans les massifs touchés par les incendies de l’été 2026, avec un moratoire d’au moins trois ans sur les zones brûlées. Son auteur explique avoir été bouleversé par les images des feux qui ont touché la forêt de Fontainebleau et dit avoir immédiatement pensé à la faune et à la flore. Au vendredi 31 juillet 2026 dans l’après-midi, sa pétition revendiquait déjà 329 990 signatures, preuve que le sujet touche bien au-delà de la Seine-et-Marne. Mais si l’émotion est compréhensible, la réponse avancée par les opposants à la chasse apparaît, une fois encore, très uniforme. Comme souvent, certains veulent transformer une situation locale et exceptionnelle en principe général, sans tenir compte de la réalité du terrain.
Pas besoin de leur expliquer qu’on ne chasse pas sur des cendres
Interrogé par actu.fr, Olivier Delmer, tout juste nommé directeur de la Fédération départementale des chasseurs de Seine-et-Marne, a tenu un discours de bon sens. “En tant que chasseur, nous sommes des gens assez sensés. Il est clair que la nature doit reprendre ses droits”, explique-t-il. Autrement dit, les chasseurs n’ont pas attendu une pétition en ligne pour comprendre qu’un territoire ravagé par le feu n’est pas un terrain de chasse ordinaire. Là où le massif a brûlé, là où les animaux ont fui, là où les conditions de sécurité ne sont plus réunies, il est évident que les pratiques doivent être adaptées, voire suspendues. C’est d’ailleurs le sens du message porté par les responsables cynégétiques : dans les secteurs les plus touchés, il n’est pas question d’aller “chasser sur les cendres”. D’abord parce qu’il n’y a souvent, à court terme, plus grand-chose à y chasser. Ensuite parce que la priorité est à la régénération du milieu.
Une adaptation locale plutôt qu’une interdiction automatique
Olivier Delmer précise ainsi que la Fédération départementale des chasseurs de Seine-et-Marne demandera aux chasseurs d’adapter leurs prélèvements. La nuance est importante : il ne s’agit pas de nier les conséquences du feu, mais de répondre intelligemment à la situation réelle du massif. Cette approche rejoint ce que les chasseurs défendent depuis le début de l’été face aux différentes pétitions anti-chasse apparues après les incendies. Inutile de voter une grande interdiction automatique à l’échelle nationale quand les sociétés de chasse, les fédérations, les communes et les gestionnaires forestiers savent déjà prendre leurs responsabilités. Chaque incendie est différent. L’impact sur la faune varie selon la surface brûlée, l’intensité du sinistre, la rapidité de propagation du feu et la capacité des espèces à fuir. Les grands animaux, comme les cerfs ou les sangliers, quittent généralement les zones menacées pour se réfugier dans les secteurs périphériques épargnés. Les petites espèces sont plus vulnérables, mais encore faut-il rappeler qu’à Fontainebleau, la chasse de la petite faune est aujourd’hui très limitée.
La régulation des sangliers reste une nécessité
C’est là que le discours des chasseurs heurte l’idéologie de certains militants. Car si l’on peut parfaitement comprendre qu’une zone sinistrée soit laissée au repos, cela ne signifie pas que toute chasse doive être stoppée partout, ni pour plusieurs années. Olivier Delmer le rappelle très justement : “l’arrêt complet de la chasse n’est pas non plus possible, et notamment pour les sangliers, car il faut tout de même réguler les populations”. Cette précision est essentielle. La forêt qui repousse après un incendie est fragile. Si les populations d’ongulés sont trop importantes, elles peuvent compromettre la régénération naturelle en abroutissant les jeunes pousses ou en dégradant les jeunes plantations. Dans certains secteurs, suspendre totalement toute régulation pendant une longue période pourrait donc produire l’effet inverse de celui recherché. La bonne réponse consiste donc à protéger les zones réellement sinistrées lorsque cela s’impose, tout en maintenant, là où c’est nécessaire, une gestion du grand gibier compatible avec la reconstruction du massif.
Les chasseurs défendent une ligne de bon sens
Au fond, cette nouvelle polémique illustre une opposition désormais classique. D’un côté, certains militants veulent imposer des mesures générales au nom de l’émotion. De l’autre, les chasseurs rappellent une réalité simple : la nature ne se gère pas depuis une pétition en ligne, mais sur le terrain. Personne, dans le monde de la chasse, ne conteste qu’après un incendie majeur, certains espaces doivent être laissés tranquilles. Personne ne soutient sérieusement l’idée d’aller tirer dans des parcelles noircies où la vie sauvage a été bouleversée. En revanche, les chasseurs refusent qu’on les présente comme incapables de discernement. À Fontainebleau comme ailleurs, ils entendent faire ce qu’ils ont toujours fait : observer, s’adapter et gérer. Avec une idée simple que beaucoup semblent oublier : protéger la nature, ce n’est pas interdire systématiquement, c’est agir avec mesure.












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