À Saint-Étienne, l’école d’armurerie adapte son offre aux évolutions du secteur avec un nouveau CAP spécialisé dans les armes de tir et de poing. Une formation construite avec les professionnels pour répondre à leurs besoins. Sophie Rochette, directrice déléguée à la formation, a répondu aux questions de la rédaction.
Une formation adaptée aux besoins du secteur
L’école d’armurerie de Saint-Étienne prépare l’ouverture d’une nouvelle coloration du CAP Armurier, consacrée aux armes de catégorie A et B. L’objectif est de compléter la formation existante, historiquement davantage orientée vers les armes de chasse. Pour Sophie Rochette, directrice déléguée aux formations et contactée par So Chasse, cette évolution répond directement aux attentes des professionnels : « En discutant avec les professionnels, on se rend compte qu’il y a de plus en plus de tir sportif et de moins en moins de chasse. L’idée était donc de répondre à la demande des professionnels. »
Un projet avec plusieurs acteurs du secteur
Le projet a notamment été construit avec différents acteurs du secteur, dont la FEPAM, la SNAFAM, le ministère des Armées, la gendarmerie et la police. « On essaye vraiment de voir tout ce qui est autour de l’armement et c’est là qu’on s’est rendu compte qu’il y avait une vraie demande. » Les bases du CAP restent les mêmes : réparation, entretien, révision, travail du bois et du métal. Mais elles seront désormais appliquées aux armes de catégorie A et B.

Des professionnels au cœur du cursus
« On va travailler les mêmes compétences, mais elles vont être adaptées aux armes de catégorie A et B. Le travail du fer, le travail du bois, le démontage et le remontage seront faits sur ces armes. » La formation sera organisée en modules, avec des interventions de professionnels spécialisés dans différents domaines. « À chaque fois, on fait intervenir un professionnel pendant une semaine qui est spécialisé dans un domaine. » Armes de précision, armes de poing, semi-automatiques : l’établissement souhaite faire appel à des spécialistes venus de toute la France afin de proposer un enseignement au plus près du terrain.
Des débouchés élargis pour les apprentis
Cette spécialisation doit également permettre aux élèves d’accéder à davantage d’entreprises. Armureries travaillant sur les catégories A et B, mais aussi secteur militaire, pourront accueillir les apprentis : « Il y en a qui vont partir à l’armée, on va beaucoup travailler avec les GAMI. Et après, il y a toutes les armureries qui travaillent sur les armes de catégorie A et B. En fait, le champ est hyper large. » Pour l’établissement, cette proximité avec les besoins des entreprises est essentielle : « C’est hyper important qu’on soit au plus proche de la réalité. Mettre des jeunes pour quelque chose qu’ils ne font pas et qui ne les rend pas embauchables derrière, on n’a aucun intérêt. »

Une formation exigeante
Le cursus s’adresse à des candidats majeurs disposant déjà de bases techniques, notamment en ébénisterie ou en usinage. « S’ils arrivent sans aucune compétence ni en bois ni sur les machines-outils, les tours, les fraiseuses, tout ça, c’est hyper compliqué. En un an, ils n’arrivent pas à tout assimiler » estime Sophie Rochette. La réglementation occupe également une place importante dans la formation. « Ils ont beaucoup de cours de législation. » Un enseignement qui doit être régulièrement actualisé, les textes évoluant constamment. L’implication des professionnels se traduit enfin par des partenariats concrets, avec notamment la mise à disposition de matériel et d’armes pour les élèves. « Ils nous témoignent vraiment leur confiance et leur volonté de former les futurs professionnels, les futurs armuriers de demain. » Une évolution qui accompagne aussi la place croissante du tir sportif dans le secteur.












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