Un jeune boulanger de 25 ans qui se rendait à son travail à moto a violemment percuté un sanglier dans la nuit de samedi à dimanche à Laudun-L’Ardoise, dans le Gard. Éjecté de sa machine et victime de plusieurs fractures, il a dû être hospitalisé. Un nouvel accident qui rappelle que la prolifération du grand gibier n’est pas seulement une question de dégâts agricoles : elle constitue également un véritable enjeu de sécurité routière.
Un sanglier surgit en pleine nuit
L’accident s’est produit aux alentours d’une heure du matin ce dimanche 27 septembre à Laudun-L’Ardoise. Un boulanger de 25 ans circulait à moto pour rejoindre son lieu de travail lorsqu’il a percuté un sanglier. Sous la violence du choc, le jeune homme a été éjecté de son deux-roues. Rapidement dépêchés sur place, les sapeurs-pompiers du Gard l’ont pris en charge avant de l’évacuer vers le centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze. Selon les premiers éléments, il souffrait de plusieurs fractures. Ses jours ne seraient heureusement pas en danger. La gendarmerie a sécurisé les lieux pendant l’intervention des secours.
Les collisions avec le grand gibier, un risque bien réel
Ce type d’accident est malheureusement loin d’être exceptionnel. Les dernières grandes statistiques nationales disponibles sont anciennes, ce qui rend d’ailleurs difficile toute estimation actuelle précise du phénomène. En 2008, près de 35 000 collisions avec des animaux sauvages avaient néanmoins été déclarées en France. Plus de 60 % concernaient alors du grand gibier, notamment sangliers, chevreuils et cerfs. Les dommages matériels réglés par les assureurs représentaient déjà environ 16 millions d’euros. Plus grave encore, les données de la police et de la gendarmerie portant sur les années 2008 à 2010 faisaient état d’environ 500 accidents corporels provoqués par des animaux sauvages, ayant entraîné 35 décès et environ 350 hospitalisations. Dans son rapport consacré à la sécurité à la chasse publié en 2022, le Sénat rappelait d’ailleurs que les collisions routières avec des animaux sauvages provoquaient davantage de victimes que les accidents de chasse.
Beaucoup plus de sangliers qu’il y a quelques décennies
Et ces statistiques ont aujourd’hui près de vingt ans. Depuis, la pression exercée par le grand gibier n’a certainement pas disparu. Les chiffres officiels concernant les prélèvements de sangliers donnent une idée spectaculaire de l’évolution des populations. En 1974, quelque 45 000 sangliers étaient prélevés en France. En 2023, le tableau national dépassait 863 000 animaux. En un demi-siècle, les prélèvements ont donc été multipliés par environ dix-neuf. Cette explosion ne permet évidemment pas d’en déduire mécaniquement que le nombre de collisions routières a été multiplié dans les mêmes proportions. Le trafic automobile, les infrastructures, les aménagements routiers et la répartition géographique des populations animales jouent également un rôle. Mais elle montre à quel point la régulation, notamment du sanglier, est devenue un enjeu majeur de sécurité routière.
Réguler la grande faune, c’est aussi protéger les automobilistes
On entend régulièrement certaines associations ou responsables écologistes réclamer des journées sans chasse, voire une réduction beaucoup plus importante de l’activité cynégétique. Le problème est que le débat ne peut pas faire abstraction de la dynamique des populations de grand gibier. Les pouvoirs publics demandent déjà aux chasseurs d’augmenter leurs prélèvements dans de nombreux territoires afin de limiter les dégâts agricoles et forestiers. Un récent rapport de l’IGEDD et du CGAAER souligne d’ailleurs l’augmentation considérable des populations d’ongulés et la nécessité de renforcer leur régulation dans les secteurs en déséquilibre. Réduire fortement les possibilités de prélèvement sans mettre en place une solution de remplacement efficace reviendrait donc mécaniquement à diminuer la pression exercée sur des populations déjà très abondantes. Et derrière les tableaux de chasse, il ne faut jamais oublier la réalité concrète. Un sanglier adulte peut dépasser largement les 80 ou 100 kg. Lorsqu’un tel animal surgit devant une voiture, et plus encore devant une moto, les conséquences peuvent être dramatiques. L’accident survenu cette nuit dans le Gard vient malheureusement de le rappeler. La régulation du grand gibier par la chasse ne concerne donc pas seulement les chasseurs, les agriculteurs ou les forestiers. Elle participe également à un enjeu beaucoup plus large : la sécurité de tous ceux qui empruntent quotidiennement nos routes.











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