Nouvelle victoire des chasseurs : One Voice déboutée sur la perdrix grise

Perdrix grise des Pyrénées

À quelques jours d’intervalle, les chasseurs viennent d’obtenir deux décisions favorables face aux recours des associations environnementalistes. Après la validation de la chasse aux pantes des alouettes dans le Sud-Ouest par le Conseil d’État, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier vient de refuser de suspendre la chasse de la perdrix grise des Pyrénées dans l’Aude, comme le réclamait One Voice. Une nouvelle victoire judiciaire pour le monde cynégétique, même si la procédure sur le fond doit encore se poursuivre.

One Voice voulait stopper la chasse en urgence

One Voice avait saisi le tribunal administratif de Montpellier pour demander la suspension de l’arrêté préfectoral du 29 mai 2026 encadrant la chasse de la perdrix grise des Pyrénées dans l’Aude.

L’association estimait notamment que l’état de conservation de cette sous-espèce, classée « quasi menacée », ne permettait pas de maintenir les prélèvements. Elle mettait également en avant les conséquences de la sécheresse, des canicules et des incendies de l’été. Le juge des référés n’a pourtant pas suivi cette argumentation. Selon la décision rapportée à l’issue de l’audience, la condition d’urgence nécessaire pour obtenir la suspension de l’arrêté n’a pas été reconnue. Les prélèvements constatés, particulièrement faibles au regard des possibilités théoriques prévues par le texte, ne permettent pas de caractériser une menace immédiate justifiant l’arrêt de la chasse. La chasse de la perdrix grise des Pyrénées peut donc se poursuivre dans l’Aude selon les modalités prévues par l’arrêté préfectoral.

Des comptages et des prélèvements suivis sur le terrain

Cette décision donne surtout du poids au travail réalisé depuis des années par les chasseurs de montagne et la Fédération départementale des chasseurs de l’Aude. Contrairement à l’image d’une chasse pratiquée sans connaissance des populations parfois véhiculée par ses opposants, la perdrix grise des Pyrénées fait l’objet d’un suivi particulièrement poussé. Les chasseurs et les ACCA participent aux comptages, entretiennent les milieux, travaillent sur la restauration des habitats et suivent précisément les prélèvements réalisés. La Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage avait d’ailleurs rendu un avis favorable aux dispositions concernant l’espèce. Une commission dans laquelle ne siègent pas uniquement des chasseurs, mais également des représentants d’associations de protection de l’environnement et des scientifiques. Le programme PERPYR11 va encore plus loin. Des perdrix sont équipées de balises GPS afin d’étudier leurs déplacements, leur utilisation des différents habitats et leur comportement au cours de l’année. Un travail scientifique auquel viennent s’ajouter l’entretien des milieux ouverts, le repérage des clôtures dangereuses ou encore les actions conduites avec les éleveurs. Autrement dit, dans l’Aude, la gestion de la perdrix ne commence pas le jour de l’ouverture et ne s’arrête pas après le dernier coup de fusil.

Une deuxième décision favorable en quelques jours

Cette décision intervient surtout quelques jours seulement après une autre victoire importante pour le monde de la chasse. Le Conseil d’État a rejeté les recours dirigés contre les arrêtés encadrant la chasse traditionnelle de l’alouette des champs aux pantes en Gironde, dans les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. Là encore, le dossier avait été considérablement renforcé au fil des années. Quotas, autorisations individuelles, formation des pratiquants, contrôles, expérimentation de la sélectivité des installations et justification de l’absence d’alternative satisfaisante avaient été apportés pour répondre aux exigences du droit européen. Pour la Fédération nationale des chasseurs, cette décision récompensait plusieurs années de travail après une succession de contentieux et de décisions défavorables. À quelques jours d’intervalle, les dossiers des pantes à alouettes et de la perdrix grise des Pyrénées viennent donc rappeler une réalité : les recours des associations anti-chasse ne débouchent pas systématiquement sur l’interdiction qu’elles réclament.

Le terrain et les données face aux recours

Dans l’Aude, la Fédération défend précisément cette philosophie : compter les oiseaux, connaître leurs habitats, suivre les prélèvements et adapter les possibilités de chasse aux résultats obtenus. C’est justement sur cette connaissance du terrain que repose désormais une grande partie de la défense juridique de la chasse. Une méthode qui rejoint celle employée au niveau national pour les pantes à alouettes : lorsque les chasseurs arrivent devant le juge avec des données, des suivis scientifiques, des quotas et un dispositif de contrôle solide, les recours ne sont plus nécessairement synonymes d’interdiction. La bataille judiciaire autour de la perdrix grise des Pyrénées n’est toutefois pas terminée. Le juge des référés s’est prononcé sur la demande de suspension en urgence, pas encore sur la légalité définitive de l’arrêté, qui devra être examinée au fond. Mais pour la saison en cours, One Voice n’a pas obtenu l’arrêt des prélèvements qu’elle réclamait. Après les pantes à alouettes, c’est donc une deuxième décision favorable aux chasseurs en quelques jours. Et cette fois encore, ce sont les données de terrain et le travail réalisé autour de l’espèce qui pèsent lourd face aux demandes d’interdiction.

Partager cet article


Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha


Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

Découvrez d'autres articles

Retour en haut