Il ne reste plus que deux jours pour participer à la consultation publique consacrée à la chasse traditionnelle des alouettes aux pantes dans le Sud-Ouest. Après une décision historique du Conseil d’État favorable à cette pratique, le ministère soumet à l’avis du public les quotas de capture pour la saison 2026-2027. Une dernière occasion de faire entendre sa voix avant la clôture, jeudi 29 octobre.
Une consultation qui s’achève demain soir
Ouverte le 9 octobre, la consultation publique relative aux quotas de capture des alouettes des champs aux pantes entre dans sa dernière ligne droite. Les contributions peuvent encore être déposées jusqu’au jeudi 29 octobre inclus. Le texte concerne quatre départements dans lesquels cette chasse traditionnelle est pratiquée depuis des générations : la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques. L’enjeu est la reconduction des plafonds de prélèvement pour la campagne 2026-2027. Le projet d’arrêté prévoit un maximum de 98 702 alouettes, réparties entre les Landes (56 672), la Gironde (38 600), les Pyrénées-Atlantiques (2 200) et le Lot-et-Garonne (1 230). Il ne s’agit évidemment pas d’un objectif de prélèvement, mais de plafonds que les chasseurs ne peuvent dépasser. Ces quotas tiennent compte des données démographiques et migratoires de l’espèce, ainsi que des captures enregistrées au cours des saisons précédentes.
Le Conseil d’État a déjà tranché
Cette consultation intervient dans un contexte juridique particulièrement favorable aux défenseurs des chasses traditionnelles. Le 2 octobre dernier, le Conseil d’État a rejeté les recours des fanatiques anti-chasse de One Voice et de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), qui demandaient l’annulation des arrêtés du 28 août 2025 encadrant cette pratique et fixant les quotas de la saison précédente. La haute juridiction administrative a notamment retenu les résultats des expérimentations scientifiques conduites en 2023 et 2024, qui avaient établi une sélectivité supérieure à 99,9 % sur 1 391 captures observées. Elle a également considéré que les prélèvements autorisés répondaient au critère européen des petites quantités et ne compromettaient pas les efforts de conservation de l’espèce. Autre point important : les juges ont reconnu que la chasse à tir ne constituait pas, dans les conditions étudiées, une alternative satisfaisante aux pantes. La dimension culturelle, les savoir-faire particuliers et le rapport à la nature propres à cette méthode ont été pris en compte dans leur appréciation. Un revers sérieux pour les associations qui contestaient cette chasse, après plusieurs années de procédures et d’incertitudes pour ses pratiquants.
Un patrimoine cynégétique du Sud-Ouest
Car derrière les pantes, il y a bien davantage qu’une simple méthode de capture. Il y a des installations entretenues avec soin, des appelants, une connaissance des déplacements migratoires, des gestes transmis entre générations et une véritable culture rurale profondément enracinée dans le Sud-Ouest. Cette chasse demeure strictement encadrée. Les filets doivent être actionnés volontairement par le chasseur après identification des oiseaux, les captures sont comptabilisées et les installations soumises à des prescriptions précises. Les pratiquants doivent également suivre une formation spécifique. Le Conseil d’État a reconnu la compatibilité de ce dispositif avec les exigences européennes, dans les conditions fixées par les arrêtés examinés. Le projet soumis aujourd’hui à consultation vise donc à reconduire les quotas sur cette base réglementaire et scientifique.
Plus que quelques heures pour faire entendre sa voix
La Fédération nationale des chasseurs et les Fédérations des chasseurs des départements concernés soutiennent le projet d’arrêté. Elles ont appelé les pratiquants et les défenseurs des chasses traditionnelles à participer à cette consultation, ouverte à tous les citoyens, chasseurs ou non. Chaque participant peut déposer une contribution personnelle et argumentée sur la plateforme officielle du ministère. Les observations recueillies doivent être examinées avant l’adoption du texte définitif. Cette procédure n’est pas un référendum : le nombre d’avis favorables ou défavorables ne détermine pas automatiquement la décision administrative. Après la décision du Conseil d’État du 2 octobre, cette consultation constitue une nouvelle étape pour l’avenir des pantes dans le Sud-Ouest. Les personnes attachées à cette tradition disposent encore de deux jours pour exposer leurs arguments. La clôture est fixée au jeudi 29 octobre 2026 inclus. Pour participer : accéder à la consultation publique officielle sur la chasse aux alouettes aux pantes.












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