La Wild Sheep Foundation vient de remettre 50 000 dollars à la FACE pour renforcer la défense de la chasse auprès des institutions européennes. Derrière ce chèque se trouve surtout une puissante organisation américaine de chasseurs et de conservationnistes qui a consacré des sommes considérables à la restauration des populations de grands moutons sauvages. Une nouvelle démonstration que chasse et protection de la grande faune sont loin d’être incompatibles.
Un chèque de 50 000 dollars à Bruxelles
Les chasseurs européens viennent de recevoir un sérieux coup de pouce venu d’outre-Atlantique. Réunie les 29 et 30 septembre à Bruxelles, l’assemblée générale de la FACE, la Fédération européenne pour la chasse et la conservation, s’est achevée par la remise d’un chèque de 50 000 dollars par Gray Thornton, président et directeur général de la Wild Sheep Foundation. L’argent est explicitement destiné à soutenir le travail de représentation et de défense de la FACE auprès des décideurs européens. Ce soutien arrive à un moment où les dossiers ne manquent pas à Bruxelles. Les représentants des associations nationales de chasse de 37 pays européens ont notamment travaillé sur l’avenir des directives Oiseaux et Habitats, la gestion des grands carnivores, les réglementations européennes concernant les chiens de chasse ou encore la restauration du petit gibier. Une table ronde réunissant la FACE, le CIC, la Wild Sheep Foundation et la SCI Foundation s’est également penchée sur les moyens de mieux défendre la chasse et la conservation dans les grandes instances internationales.
La Wild Sheep Foundation, des chasseurs qui protègent la grande faune
Le nom de la Wild Sheep Foundation mérite que l’on s’y arrête. Fondée en 1977 sous le nom de Foundation for North American Wild Sheep, cette organisation s’est donné pour mission de restaurer et de maintenir les populations de grands moutons sauvages et leurs habitats. Bighorns des Rocheuses ou du désert, mouflons de Dall et mouflons de Stone figurent notamment au cœur de son action. Et contrairement à cette vision très européenne qui voudrait parfois que protéger un animal impose nécessairement de ne plus le chasser, la WSF assume parfaitement les deux. Elle travaille à l’augmentation des populations, finance leur suivi scientifique et la restauration de leurs habitats tout en défendant ouvertement une chasse durable. La défense des intérêts des chasseurs figure d’ailleurs noir sur blanc parmi ses objectifs. Sur le terrain, cela se traduit par des restaurations d’habitats, des études scientifiques, des actions contre les maladies, des aménagements de points d’eau ou encore des captures et translocations destinées à créer de nouvelles populations ou à renforcer celles qui existent déjà.
Des populations de moutons sauvages multipliées
Les résultats obtenus permettent difficilement de présenter cette organisation comme un simple lobby de chasseurs. Les populations de moutons sauvages d’Amérique du Nord avaient atteint des niveaux historiquement bas au milieu du XXe siècle. La Wild Sheep Foundation estime aujourd’hui qu’elles ont plus que triplé depuis cette période. Le cas du bighorn est particulièrement spectaculaire. Sa population nord-américaine était tombée autour de 25 000 animaux dans les années 1950 et 1960. Elle dépasse aujourd’hui les 85 000 individus. Derrière ce rétablissement se trouvent plusieurs décennies de gestion, de restauration des habitats, de recherche et de déplacements d’animaux auxquels les chasseurs ont largement participé financièrement. Depuis 1977, la Wild Sheep Foundation et son réseau annoncent avoir consacré plus de 145 millions de dollars aux actions de conservation et de gestion. Sur les dix derniers exercices seulement, plus de 70 millions de dollars ont été dirigés vers la conservation des moutons sauvages, la restauration des habitats, la recherche, l’éducation et la défense de la chasse.
Plus de 11 millions de dollars en une seule année
Les chiffres du dernier exercice donnent une idée de la puissance financière de cette organisation qui compte pourtant seulement quelque 11 000 membres à travers le monde. Entre juillet 2024 et juin 2025, la Wild Sheep Foundation a consacré 11,535 millions de dollars à ses différents programmes. Plus de 7,18 millions ont notamment été reversés à des agences publiques américaines, canadiennes et aux organismes de gestion de communautés autochtones grâce à la vente de permis de conservation. Plus de 2 millions supplémentaires ont été consacrés à la conservation des moutons sauvages, aux habitats et à la recherche. Voilà une réalité dont on parle généralement beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’expliquer au grand public qui finance réellement la grande faune sauvage. Ici, les chasseurs ne se contentent pas de prélever des animaux : ils sortent également le portefeuille pour financer leur conservation.
Chasser une espèce tout en augmentant ses populations
C’est précisément le modèle défendu par la Wild Sheep Foundation. Une population animale suffisamment abondante peut supporter des prélèvements raisonnés tandis que l’argent généré par la chasse contribue en retour à financer sa conservation, son habitat et son suivi scientifique. Le mécanisme est particulièrement visible avec certains permis exceptionnels de chasse aux moutons sauvages, vendus aux enchères ou attribués par tirage au sort. Les sommes récoltées sont ensuite reversées aux organismes chargés de la gestion de la faune. Pour le seul exercice 2024-2025, ces permis ont ainsi permis de retourner plus de 7 millions de dollars directement vers les organismes publics et autochtones concernés. Autrement dit, le chasseur possède ici une valeur économique pour l’animal qu’il chasse. Plus les populations sont solides et correctement gérées, plus le système peut financer leur maintien à long terme. Nous sommes bien loin de l’idée selon laquelle il faudrait nécessairement choisir entre chasse et conservation.
Une offensive internationale en faveur de la chasse durable
Les 50 000 dollars versés à la FACE ne constituent d’ailleurs pas une opération isolée. Au printemps dernier, la Wild Sheep Foundation s’était déjà engagée à apporter 200 000 euros au CIC, le Conseil international de la chasse et de la conservation du gibier. L’objectif est de renforcer la représentation internationale d’un modèle fondé sur la conservation, l’utilisation durable de la faune sauvage et la chasse. L’organisation américaine assume ainsi désormais une dimension internationale beaucoup plus marquée. Si l’Amérique du Nord demeure naturellement son principal terrain d’action, elle entend également intervenir là où se décide l’avenir politique de la chasse. Et Bruxelles constitue évidemment l’un de ces endroits.
Des chasseurs américains au secours des chasseurs européens
C’est finalement toute la symbolique de ce chèque de 50 000 dollars. À plusieurs milliers de kilomètres de Bruxelles, des chasseurs américains ont participé pendant des décennies au financement du retour de populations de grande faune autrefois fortement réduites. Leur organisation vient désormais utiliser une partie de ses moyens pour aider les représentants des chasseurs européens à défendre leur modèle devant les institutions de l’Union européenne. Au moment où la chasse est régulièrement présentée par ses adversaires comme nécessairement incompatible avec la protection de la biodiversité, la Wild Sheep Foundation apporte une réponse particulièrement concrète : des chasseurs ont investi des dizaines de millions de dollars dans des populations animales qu’ils souhaitent précisément continuer à chasser durablement. Et ces populations ont augmenté. Avec les 50 000 dollars remis à la FACE, ce modèle de conservation par la chasse entend désormais faire entendre sa voix jusque dans les couloirs de Bruxelles.












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