Du 2 au 8 novembre prochain, la troisième édition de la Semaine européenne de la viande de gibier mettra la venaison à l’honneur dans toute l’Europe. En France, la Fédération Nationale des Chasseurs participe à cette opération avec sa marque « Gibiers de France ». L’objectif est de faire découvrir au grand public une viande sauvage, locale et savoureuse, qui mérite de trouver sa place dans nos assiettes tout au long de l’année.
Une semaine européenne pour promouvoir la viande de gibier
À l’initiative de la Fédération européenne pour la chasse et la conservation (FACE), les associations de chasseurs de nombreux pays européens se mobiliseront du 2 au 8 novembre pour la troisième édition de la Semaine européenne de la viande de gibier. Cette opération entend mettre en lumière les qualités gustatives, nutritionnelles et environnementales de la venaison, mais également rappeler le rôle de la chasse dans l’approvisionnement alimentaire et la vie économique des territoires ruraux. En France, la Fédération Nationale des Chasseurs a naturellement décidé de participer à cette mobilisation, en s’appuyant notamment sur sa marque « Gibiers de France », lancée en octobre 2025. Le message porté par la FNC est particulièrement clair : « Le gibier, c’est toute l’année. Pas seulement pour les fêtes ! ». Une manière de bousculer les habitudes alimentaires des Français, pour lesquels la viande de gibier reste encore trop souvent associée aux repas de Noël, aux grandes occasions ou aux recettes traditionnelles nécessitant plusieurs heures de préparation.
Une viande française qui mérite une meilleure place sur le marché
Derrière cette semaine de promotion se cache également un véritable enjeu économique. La France dispose d’une ressource importante en viande de gibier sauvage, notamment grâce aux prélèvements de sangliers, de chevreuils et de cerfs réalisés chaque année par les chasseurs. Pourtant, cette production nationale demeure insuffisamment valorisée dans les circuits commerciaux traditionnels. La Fédération Nationale des Chasseurs rappelle ainsi que 51 % du gibier commercialisé sur le marché français provient de l’importation, selon les données de référence sur lesquelles elle s’appuie. Un paradoxe dans un pays qui dispose pourtant d’une ressource cynégétique aussi abondante. Une grande partie de la venaison française demeure consommée directement par les chasseurs, leurs familles et leurs proches. Le développement de débouchés commerciaux suppose donc de renforcer les capacités de collecte, de transformation et de distribution, tout en respectant les exigences sanitaires. L’enjeu est aussi de permettre aux consommateurs de trouver plus facilement du gibier français chez leurs bouchers, dans les restaurants ou dans les commerces alimentaires.
« Gibiers de France », pour garantir l’origine et la traçabilité
C’est précisément pour répondre à cette ambition que la Fédération Nationale des Chasseurs a lancé, le 7 octobre 2025, sa marque-label « Gibiers de France ». Son objectif est de permettre aux consommateurs d’identifier une viande provenant exclusivement d’animaux sauvages prélevés sur le territoire français, avec des garanties concernant son origine, sa traçabilité et le respect des exigences sanitaires. Auditée par l’organisme certificateur Certipaq, la démarche repose sur un cahier des charges applicable aussi bien aux viandes brutes qu’aux produits transformés. Pour les chasseurs comme pour les professionnels de la filière, cette identification doit contribuer à valoriser la venaison française et à renforcer la confiance des consommateurs. Elle représente également un moyen de soutenir les entreprises de collecte, les ateliers de transformation, les artisans bouchers et les professionnels de la restauration qui souhaitent travailler une viande issue de nos territoires.
Une empreinte environnementale particulièrement intéressante
La venaison dispose également d’arguments environnementaux que la Fédération Nationale des Chasseurs entend mettre en avant. Une récente analyse scientifique consacrée à la viande de grand gibier sauvage français s’est intéressée à l’empreinte environnementale du sanglier, du chevreuil et du cerf, depuis leur prélèvement jusqu’à leur consommation. Selon les résultats présentés par la FNC, l’empreinte environnementale globale de ces viandes apparaît, dans l’hypothèse méthodologique principale de l’étude, très inférieure à celle des viandes d’élevage étudiées, à savoir le poulet, le porc et le bœuf. Ces résultats varient selon les espèces et les hypothèses retenues. Ils mettent néanmoins en évidence l’intérêt environnemental potentiel de cette ressource alimentaire issue de la faune sauvage. Contrairement aux animaux d’élevage, les grands gibiers vivent en liberté et se nourrissent des ressources disponibles dans leurs milieux naturels. Leur viande ne nécessite donc ni élevage dédié ni production de cultures spécifiquement destinées à leur alimentation. Sa valorisation permet ainsi de donner un débouché alimentaire supplémentaire aux animaux prélevés dans le cadre de la gestion cynégétique.
Sanglier, chevreuil, cerf : une cuisine qui sait aussi être moderne
L’autre ambition de cette semaine européenne est de réconcilier les consommateurs avec une viande parfois jugée difficile à préparer. Car si le civet de lièvre, le cuissot de chevreuil rôti ou le traditionnel sanglier en sauce conservent naturellement leur place dans notre patrimoine gastronomique, la venaison ne se limite pas à ces préparations. Un filet de chevreuil peut être simplement poêlé, une épaule de sanglier se prête à une cuisson lente et fondante, tandis que la viande de cerf peut être déclinée en steaks, en boulettes ou en préparations hachées. De quoi proposer des recettes accessibles, adaptées aux habitudes alimentaires actuelles, sans renoncer aux saveurs caractéristiques du gibier. Naturellement, les préparations doivent respecter les règles de conservation, de contrôle sanitaire et de cuisson propres aux différentes espèces, particulièrement au sanglier. Pendant cette semaine européenne, la FACE encouragera les chasseurs et les amateurs de gastronomie à partager leurs recettes et leurs expériences culinaires sur les réseaux sociaux. Un quiz de dix questions permettra également de tester ses connaissances sur la viande de gibier, tandis que différentes recettes seront mises à l’honneur. En France, la marque « Gibiers de France » lancera également, à partir du 8 novembre, une nouvelle campagne de communication destinée à donner envie aux consommateurs de découvrir ou de redécouvrir cette viande sauvage.
Faire de la venaison une viande du quotidien
Au-delà de cette semaine de promotion, le véritable défi reste de modifier durablement les habitudes de consommation. La viande de gibier possède une place historique dans la gastronomie française, mais sa consommation demeure encore largement saisonnière et souvent limitée aux chasseurs ou aux amateurs de cuisine traditionnelle. Pour la Fédération Nationale des Chasseurs, il s’agit désormais de faire reconnaître la venaison comme une véritable ressource alimentaire nationale, capable de trouver sa place dans les circuits de distribution et sur les tables françaises tout au long de l’année. Le développement de cette filière représente également une opportunité pour l’économie rurale, en créant de nouveaux débouchés autour de la collecte, de la découpe, de la transformation et de la commercialisation. La Semaine européenne de la viande de gibier constitue ainsi une nouvelle occasion de rappeler une évidence trop souvent oubliée : le gibier ne se résume pas à un trophée ou à un tableau de chasse. Il représente aussi une ressource alimentaire issue de nos territoires, dont la valorisation mérite d’être encouragée. Et pour la découvrir, nul besoin d’attendre le réveillon de Noël !












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