La décision de l’Office français de la biodiversité (OFB) passe très mal dans les Alpes. Capturée accidentellement en Seine-Maritime après avoir été prise dans un piège à renard, une louve a finalement été relâchée vendredi 15 mai dans l’arc alpin avec un collier GPS de suivi destiné à étudier ses déplacements. Une opération présentée comme scientifique par les autorités… mais vécue comme une véritable provocation par de nombreux éleveurs de montagne déjà confrontés quotidiennement à la prédation lupine.
« Nos montagnes ne sont pas une zone de relégation »
La colère est rapidement montée dans les Hautes-Alpes où la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont mené lundi une action coup de poing devant les locaux de l’OFB. Sur les réseaux sociaux, les syndicats agricoles dénoncent une décision totalement incompréhensible alors que les attaques de loups explosent déjà dans le département. « Les Alpes ne sont pas une réserve à loups. Nos montagnes ne sont pas une zone de relégation », ont notamment déclaré les représentants agricoles. Depuis le début de la saison d’estive, les syndicats évoquent déjà 18 attaques ayant causé la mort de 63 animaux domestiques. Pour de nombreux éleveurs, voir l’État réintroduire volontairement une louve supplémentaire dans l’un des territoires déjà les plus touchés de France ressemble à une véritable négation de la réalité du terrain.
Les départements alpins déjà sous forte pression
L’arc alpin constitue aujourd’hui le principal bastion du loup en France. C’est dans ces départements que les populations sont les plus importantes et que les dégâts sur les troupeaux atteignent des niveaux parfois très lourds pour les exploitations pastorales. Dans certaines vallées, les éleveurs vivent désormais avec une pression permanente durant toute la période d’estive : surveillance nocturne, stress des attaques, chiens de protection, pertes économiques et épuisement psychologique. Dans ce contexte, l’arrivée d’une nouvelle femelle inquiète forcément les professionnels du pastoralisme. Car qui dit louve relâchée dans un territoire déjà occupé par des mâles dit aussi possibilité de reproduction rapide, puis à terme constitution d’une nouvelle meute et extension supplémentaire de la pression de prédation.
Une décision qui relance le débat sur la gestion du loup
Les services de l’État assurent pourtant avoir choisi une zone éloignée des habitations et prenant en compte les enjeux agricoles locaux. Un argument qui peine toutefois à convaincre sur le terrain, tant le fossé semble désormais immense entre les discours administratifs et la réalité vécue par les éleveurs confrontés aux attaques. Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur la gestion du loup en France, au moment même où plusieurs pays européens commencent à assouplir leur position sur le prédateur sous la pression croissante des territoires ruraux. Dans les Alpes françaises, beaucoup ont surtout le sentiment que les contraintes continuent de s’accumuler pour les éleveurs… pendant que la présence du loup progresse année après année.












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