Nouvelle victoire judiciaire pour les associations animalistes… mais au prix de quelles conséquences sur le terrain ? Dans l’Eure, le tribunal administratif de Rouen vient d’annuler un arrêté préfectoral qui autorisait des opérations de destruction de blaireaux à la demande de SNCF Réseau afin de protéger une ligne ferroviaire fragilisée par des galeries souterraines. Une décision saluée par les associations ASPAS, One Voice, France Nature Environnement ou encore AVES France, mais qui relance une question sensible : jusqu’où les recours idéologiques peuvent-ils compliquer la gestion concrète des risques liés à la faune sauvage ?
Une ligne ferroviaire fragilisée par des galeries
L’arrêté concernait quatre communes de l’Eure traversées par la ligne reliant Gisors à Pont-de-l’Arche. SNCF Réseau estimait que des galeries creusées sous les infrastructures pouvaient fragiliser certains secteurs de voie ferrée et avait demandé au préfet l’autorisation de procéder à des opérations de destruction ciblées entre mars et mai 2025. Le tribunal administratif a toutefois considéré que les preuves apportées étaient insuffisantes pour démontrer avec certitude la présence de blaireaux directement sous les voies ainsi que l’existence d’un danger immédiat pour les infrastructures. Les juges ont également estimé que des solutions alternatives, comme certains systèmes de répulsion ou de clapets anti-retour, n’avaient pas été suffisamment étudiées avant d’autoriser les destructions.
Une décision qui interroge sur la gestion des risques
Pour les associations animalistes, cette annulation constitue une avancée importante contre ce qu’elles dénoncent comme des destructions abusives de la faune sauvage. Mais sur le terrain, beaucoup soulignent que la problématique des galeries d’animaux fouisseurs à proximité des infrastructures ferroviaires est bien réelle. Dans plusieurs régions françaises, la présence de terriers sous certaines voies, digues ou talus fait régulièrement l’objet de surveillances et d’interventions afin d’éviter des affaissements potentiellement dangereux. Cette affaire illustre surtout les difficultés croissantes rencontrées par les gestionnaires d’infrastructures publiques dès qu’il s’agit d’intervenir sur certaines espèces devenues particulièrement sensibles sur le plan médiatique et judiciaire.
Six blaireaux détruits avant l’annulation
Avant même la décision du tribunal, le préfet de l’Eure avait finalement retiré son arrêté en avril 2025. Mais six blaireaux avaient déjà été détruits lors des opérations menées par les lieutenants de louveterie. Les associations espèrent désormais que cette décision fera jurisprudence et compliquera à l’avenir ce type d’autorisations préfectorales. Un dossier qui risque de relancer le débat, déjà très vif en France, entre protection stricte de certaines espèces et impératifs de sécurité ou de gestion des infrastructures publiques.












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