Comme nous l’écrivions dès le 30 juin, l’absence de nouvel arrêté ESOD pour la période 2026-2029 bloque désormais les opérations de destruction à tir et de piégeage de plusieurs espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. La Fédération Nationale des Chasseurs dénonce aujourd’hui un retard incompréhensible et pointe directement la responsabilité de Monique Barbut.
Une situation que les chasseurs redoutaient
Le 30 juin, nous alertions nos lecteurs sur une situation aussi ubuesque que préoccupante : l’arrêté de classement des ESOD du groupe 2 arrivait à son terme, sans que le nouveau texte pour la période 2026-2029 ne soit publié. Depuis le 1er juillet, les conséquences sont donc concrètes. Les opérations de piégeage et de destruction à tir par les particuliers, lorsqu’elles reposent sur ce classement ESOD, ne peuvent plus être mises en œuvre. Elles resteront suspendues jusqu’à l’entrée en vigueur du nouvel arrêté ministériel, c’est-à-dire le lendemain de sa publication au Journal officiel.
La FNC dénonce un blocage politique
Dans un communiqué publié le 30 juin, la Fédération Nationale des Chasseurs ne mâche pas ses mots. Elle affirme avoir relancé à plusieurs reprises les autorités, sans obtenir de visibilité sur la date de publication du nouvel arrêté, ni même sur l’ouverture de la consultation publique préalable. Selon la FNC, « tout avait été préparé dans les temps pour que l’arrêté soit bien pris pour le 1er juillet ». Mais la Fédération met directement en cause Monique Barbut, accusée d’avoir, « par dogmatisme », remis en cause à plusieurs reprises le travail réalisé. Pour le monde cynégétique, le message est clair : ce retard ne serait pas dû à un problème technique, mais à une volonté politique de freiner un dispositif pourtant encadré, documenté et fondé sur les dégâts constatés.
Les agriculteurs en première ligne
La FNC insiste surtout sur les conséquences de ce retard pour le monde agricole. En plein été, alors que les dégâts peuvent être importants sur les cultures, les particuliers ne peuvent plus intervenir sur les espèces concernées tant que le nouvel arrêté n’est pas publié. Pour les chasseurs, les piégeurs agréés et les agriculteurs, cette suspension tombe au pire moment. Elle prive les territoires ruraux d’un outil de régulation pourtant essentiel, alors même que les dégâts de corvidés, de mustélidés ou d’autres espèces classées ESOD sont régulièrement documentés dans les départements concernés. La Fédération estime ainsi que le monde agricole est une nouvelle fois envoyé au front sans moyens d’action suffisants.
Le renard reste chassable dans certains cadres
La FNC rappelle toutefois un point important : ce retard n’a pas d’incidence sur les possibilités de chasse du renard prévues par la réglementation cynégétique. Pendant cette période transitoire, la chasse du renard demeure donc possible dans le cadre de la chasse anticipée du chevreuil et du sanglier, à condition de respecter les règles propres à ces modes de chasse. En revanche, pour les opérations relevant spécifiquement du classement ESOD, le blocage est bien réel.
Une polémique appelée à durer
Cette affaire risque de prendre rapidement une dimension nationale. Car derrière le retard administratif se pose une question de fond : comment demander aux chasseurs, aux piégeurs et aux agriculteurs de gérer les dégâts, tout en suspendant les outils réglementaires qui leur permettent d’agir ? La FNC promet de tenir les chasseurs informés de l’évolution du dossier. Mais sur le terrain, l’incompréhension domine déjà. Pour beaucoup, cette séquence illustre une nouvelle fois le décalage entre les réalités rurales et les décisions prises depuis les bureaux parisiens.












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