150 lièvres en deux jours : Romain Chaffard nous ouvre les portes de la Hongrie avec Hunting Pleasure

Créée par Philippe Girardet en 2017, l’agence Hunting Pleasure s’est imposée au fil des années comme une référence pour les chasseurs français désireux de découvrir de nouveaux territoires, notamment dans les pays de l’Est. Aujourd’hui dirigée par Romain Chaffard, installé en Hongrie depuis quatre ans, l’agence s’appuie sur une équipe expérimentée. Aux côtés de Romain, Ákos Göth, associé de la société depuis ses débuts, constitue l’un des piliers de l’entreprise. Parfaitement francophone et anglophone, il possède une connaissance approfondie des territoires et de la gestion cynégétique hongroise. L’équipe compte également Brigitta Bertalan, forte de plus de vingt ans d’expérience dans le monde de la chasse et la gestion administrative des séjours. Trilingue hongrois-français-espagnol, elle assure le suivi des dossiers clients et renforce nos équipes sur le terrain en temps qu’interprète quand il le faut !

Enfin, Simon Cattelain est aujourd’hui l’interlocuteur privilégié pour les séjours petit gibier. Grand connaisseur des territoires et des espèces chassées, il parle couramment hongrois, français et anglais. Ensemble, ils accompagnent les chasseurs français sur des destinations devenues emblématiques, à commencer par la Hongrie. Lièvres devant soi, brocards à l’approche, daims, cerfs au brame… Le pays offre une diversité cynégétique rare en Europe. Entretien.

Romain Chaffard, Directeur Général d’Hunting Pleasure

Romain, vous avez repris la direction générale de Hunting Pleasure après Philippe Girardet. Quel a été votre parcours ?

Je suis originaire de Haute-Savoie, donc ma première école, c’est la chasse en montagne. Très jeune, j’ai eu envie d’aller voir ailleurs, de découvrir d’autres biotopes, d’autres façons de chasser et d’autres cultures cynégétiques. C’est grâce à des amis proches que j’ai découvert l’Alsace, puis un animal qui m’a immédiatement fasciné : le daim. En cherchant à comprendre l’origine de cette présence du daim en Alsace, je suis arrivé assez naturellement à la Hongrie. Et qui dit Hongrie, dit Hunting Pleasure. J’ai rencontré Philippe Girardet, nous avons noué des liens très forts, puis une collaboration solide s’est installée. Aujourd’hui, j’ai repris l’agence avec mon partenaire hongrois Ákos Göth. Le fait d’habiter en Hongrie me permet d’être au plus près des territoires et d’accueillir personnellement une grande partie des chasseurs de grand gibier.

Pourquoi la Hongrie est-elle devenue la destination phare de Hunting Pleasure ?

Parce qu’elle coche beaucoup de cases. D’abord, c’est un pays de chasse avec une vraie culture de gestion. Les territoires sont sérieux, les gardes connaissent parfaitement leurs animaux, et la pression de chasse reste maîtrisée. Ensuite, il y a une densité de gibier que l’on ne retrouve pas partout en Europe. La Hongrie permet aussi de proposer plusieurs chasses très différentes. On peut venir pour le lièvre devant soi, pour le brocard à l’approche ou de rut, pour le daim en octobre, ou encore pour le cerf au brame en septembre. C’est cette diversité, associée à une organisation bien rodée, qui en fait une destination très forte pour nous.

Le lièvre devant soi semble être l’un de vos séjours emblématiques. Comment cela se déroule-t-il ?

C’est une chasse très vivante, très conviviale, mais qui demande aussi de l’énergie. On chasse généralement en petits groupes, à partir de cinq chasseurs, souvent six à huit fusils. Le principe ressemble à une chasse en ligne, en avançant doucement dans la plaine ou le long de petits bosquets. Chaque chasseur marche avec un garde. Les chiens des gardes restent au pied, principalement pour rapporter les lièvres et retrouver les blessés. On voit énormément de lièvres. Sur certains séjours, les groupes prélèvent entre 100 et 150 lièvres sur deux jours. En moyenne, un chasseur peut prélever une douzaine de lièvres, parfois davantage selon le groupe et le quota choisi.

Il faut donc être en bonne condition physique ?

Oui, il faut être honnête : on marche beaucoup. On peut faire environ 14 kilomètres par jour. Ce n’est pas une chasse techniquement difficile, mais il faut aimer marcher et être en forme. Après, nous savons nous adapter. Si un chasseur fatigue l’après-midi, il peut être placé en bout de ligne. L’idée n’est pas de mettre les gens en difficulté, mais de leur faire vivre un beau séjour. La journée se fait en continu, avec une pause déjeuner chaud sur le terrain. C’est aussi ce qui plaît beaucoup : on reste dans l’ambiance de chasse toute la journée.

Sur quels territoires chassez-vous le lièvre en Hongrie ?

Nous travaillons avec six territoires partenaires sélectionnés en exclusivité, situés dans la grande plaine à l’Est du pays. Les surfaces varient de 5 000 à 18 000 hectares. Certains quotas annuels de lièvres peuvent surprendre : 600, 1 000, parfois 1 400 lièvres selon les territoires. Ces densités ne sont pas le fruit du hasard. Elles viennent d’une gestion très stricte de l’espèce, d’une faible pression de chasse et d’un travail de terrain mené depuis des années. Il a fallu du temps pour convaincre certains territoires d’organiser des séjours pour de petits groupes. Aujourd’hui, nous avons cette possibilité, et c’est vraiment une force.

Comment s’organise l’arrivée des chasseurs ?

La plupart arrivent à Budapest. Nous les prenons ensuite en charge avec un véhicule de l’agence. Les hébergements sont situés à proximité des territoires, souvent à 15 ou 20 minutes de route. Certains viennent aussi avec leur propre véhicule. Les chasseurs viennent avec leurs fusils et ils peuvent acheter leurs cartouches sur place. Nous proposons des séjours à la carte, mais le format classique est de deux jours de chasse et trois nuits.

Quelle est la période idéale pour le lièvre ?

La période va de mi-octobre à mi-décembre, avec un cœur de saison très intéressant en novembre. C’est une chasse d’automne, avec de belles lumières, des températures souvent agréables et des territoires très ouverts. On peut également prélever quelques faisans, uniquement des coqs. Mais le cœur du séjour reste vraiment le lièvre devant soi.

Quels sont les tarifs pour ce type de séjour ?

Il existe deux grandes formules. La première est un forfait avec quota de lièvres inclus. Pour un séjour de deux jours de chasse, trois nuits, sur une base de sept ou huit chasseurs avec environ 140 lièvres inclus, les tarifs débutent autour de 1 800 euros par chasseur selon le devis et le quota retenu. La deuxième formule fonctionne avec des frais d’organisation, à partir de 750 euros, puis des taxes de prélèvement par lièvre. Cela permet à chaque groupe de choisir ce qui lui convient le mieux. Certains préfèrent la sécurité du forfait, d’autres une formule plus ouverte.

La Hongrie, ce n’est pas seulement le lièvre. Vous organisez aussi des séjours brocards ?

Oui, et c’est une autre grande spécialité du pays. La Hongrie est vraiment un pays de brocards. Nous travaillons notamment dans l’Est et le Sud, avec de belles densités et des trophées très variés. On peut organiser des séjours pour des brocards classiques de 300 à 400 grammes, mais aussi pour de grands trophées à plus de 500 grammes. La période principale va du 15 avril au 20 mai, puis fin juillet-début août pendant le rut. Les séjours durent souvent trois ou quatre jours. En général, un ou deux chasseurs suffisent, avec une chasse en 1×1. Sur trois jours, il est possible de prélever plusieurs brocards, parfois six à dix selon les objectifs du chasseur et le territoire.

Comment se déroule une journée de chasse au brocard ?

On chasse matin et soir, avec un garde. La sortie du matin commence tôt, puis on rentre pour un bon petit déjeuner vers 10 h ou 10 h 30. Ensuite, il y a un temps de repos, parfois une visite, puis la sortie de fin d’après-midi jusqu’à la nuit. C’est une chasse d’approche passionnante parce qu’on voit beaucoup d’animaux. Le tarif dépend ensuite du type de séjour : frais d’organisation à partir de 1 350 euros pour trois jours et trois nuits, puis taxes selon le trophée, ou formules au forfait incluant certains brocards.

Vous évoquez aussi le daim comme une chasse très forte en Hongrie. Pourquoi ?

Le daim, c’est un animal qui me touche particulièrement. En Hongrie, nous avons des territoires exceptionnels, notamment dans le Sud-Est du pays, avec des populations remarquables. Sur l’un de nos territoires principaux, on parle de plus de 1 500 daims et daines recensés. C’est impressionnant. La chasse se fait exclusivement à l’approche, en territoire ouvert. En octobre, pendant le rut, l’ambiance est extraordinaire. On peut chasser de grands daims matures de plus de 10 ans, avec des trophées dépassant 3,5 kg, régulièrement médaillés d’or au CIC. À partir de novembre, on peut aussi orienter les séjours vers des animaux de sélection, des daines ou des jeunes.

Et pour le cerf au brame ?

Le cerf au brame en Hongrie reste un grand moment. Nous avons développé des relations fortes, parfois exclusives, avec plusieurs territoires. Selon les souhaits et le budget, on oriente les chasseurs vers le Sud, l’Ouest ou le Nord-Est de Budapest. Dans le Sud, on peut viser de très grands trophées, souvent au-delà de 10 kg, entre le 1er et le 20 septembre. Dans l’Ouest, les densités sont magnifiques, avec de beaux cerfs entre 7 et 10 kg. Plus au Nord-Est, on peut proposer des séjours au forfait sur des trophées plus accessibles, autour de 5 à 8 kg. Là encore, tout repose sur la gestion. Les animaux sont suivis, les prélèvements sont raisonnés, et les gardes connaissent parfaitement leurs cerfs. Pour un chasseur passionné de brame, c’est une expérience très forte.

Vous proposez également de grandes battues en Hongrie. Qu’ont-elles de particulier ?

Les grandes battues hongroises font partie de nos séjours les plus spectaculaires. Nous les organisons sur des territoires sélectionnés dans le Nord-Est, le Centre et le Sud de la Hongrie, où les densités de sangliers et de cervidés sont particulièrement importantes. Ce qui fait la différence, c’est d’abord la gestion des territoires : certaines zones ne sont chassées qu’une seule fois par saison et aucune chasse d’approche ou d’affût n’y est pratiquée pendant plusieurs semaines avant les battues. Cela permet de conserver des animaux peu dérangés et des tableaux souvent impressionnants. Les chasseurs sont postés seuls, avec de grandes distances de sécurité entre chaque poste, ce qui autorise un tir à 360° dans des conditions parfaitement encadrées. Les opportunités de tir sont nombreuses et peuvent se présenter aussi bien à courte distance qu’à plus de 100 ou 150 mètres. Une bonne carabine équipée d’une lunette est donc recommandée.

Une journée type comprend généralement trois traques : deux le matin, séparées par un déjeuner chaud pris sur le terrain, puis une grande traque l’après-midi avant le tableau du soir. Selon les territoires, les résultats quotidiens oscillent souvent entre 20 et 40 animaux pour l’ensemble du groupe. Les séjours sont proposés au forfait évolutif selon le tableau final et concernent principalement les sangliers, les biches, les daines et les jeunes cervidés, le tir du cerf étant exclu. C’est une chasse conviviale, dynamique et particulièrement appréciée des chasseurs français qui recherchent de fortes émotions et une organisation irréprochable.

Hunting Pleasure propose aussi d’autres destinations. Lesquelles mettriez-vous en avant ?

La Hongrie reste notre base forte, mais nous avons effectivement développé plusieurs autres destinations très attractives. L’Irlande occupe aujourd’hui une place importante dans notre offre. Nous y organisons notamment des séjours de chasse à la bécasse et à la bécassine aux chiens d’arrêt dans des territoires sauvages et préservés. Les paysages y sont magnifiques, l’accueil chaleureux et les disponibilités particulièrement intéressantes pour les chasseurs français souhaitant découvrir une autre approche de la chasse migratoire, mais aussi de la chasse du cerf Sika. C’est une destination que nous souhaitons fortement développer dans les années à venir.

En Estonie, nous proposons également le grand cerf sur l’île de Saaremaa, à l’ouest de Tallinn. C’est un séjour dépaysant, avec de beaux trophées, souvent entre 9 et 10,5 kg voir plus , et un excellent rapport qualité-prix. La période va du 15 au 30 septembre, avec des séjours à partir de 2 550 euros pour quatre jours de chasse et cinq nuits.

Nous proposons aussi la Namibie pour les antilopes, la Turquie pour les grandes battues de sangliers, la Roumanie, la Pologne, l’Espagne et plusieurs autres destinations sélectionnées avec soin. Notre philosophie reste la même partout : choisir les meilleurs territoires, travailler avec des partenaires fiables, être présents sur le terrain et proposer des séjours adaptés aux attentes réelles des chasseurs.

Vous proposez également des chasses au petit gibier, quelles sont vos destinations phares?

Le petit gibier fait partie des axes que nous développons beaucoup, parce qu’il correspond à une vraie demande de chasseurs français qui veulent retrouver de belles densités, de grands espaces et des chasses devant soi. L’Irlande est clairement l’une de nos destinations phares, notamment dans le Kerry, pour la bécasse, la bécassine et le petit gibier mixte. On chasse aux chiens d’arrêt, souvent seul ou à deux avec un guide, dans des biotopes très variés : prairies, friches, zones humides, haies, bord de mer. C’est une chasse authentique, physique, mais très plaisante, avec la possibilité de venir avec ses propres chiens.

L’Espagne est une autre très belle option, plus proche et très conviviale. Dans la Mancha, entre Madrid et Valence, nous travaillons sur un territoire de plus de 5 000 hectares, avec de belles densités de perdrix rouges, de lapins, de grives et de palombes. C’est une chasse devant soi, aux chiens d’arrêt, dans un biotope méditerranéen magnifique, entre cultures, oliviers, vallons, romarin et thym. L’intérêt, c’est que les chasseurs sont hébergés directement sur le territoire, sans longs déplacements, avec des journées très agréables et un vrai confort d’organisation.

Enfin, l’Estonie est une destination que nous aimons beaucoup pour les migrateurs. Le pays est placé sur un axe majeur de migration venu du Nord de l’Europe et de Russie. Nous proposons des séjours bécasses, notamment sur l’île de Hiiumaa, mais aussi des séjours aux oies et aux canards en octobre. Pour les oies nonettes, c’est même l’une des plus belles destinations européennes. Selon les envies, on peut donc construire des séjours très différents : bécasses aux chiens d’arrêt, chasse des oies au poste avec appelants, ou séjours mixtes. Notre rôle, comme toujours, est de choisir la bonne destination en fonction des chiens, du niveau physique, de la période et des attentes du groupe.

Vous accordez également beaucoup d’importance au matériel. Avec quelles marques partenaires travaillez-vous aujourd’hui ?

Le matériel occupe une place essentielle dans la réussite d’un séjour de chasse, surtout lorsque l’on pratique des chasses aussi variées que l’approche en montagne, le brame du cerf, les battues ou encore les séjours petit gibier. Côté équipement, je travaille depuis plusieurs années avec la marque danoise Deerhunter, dont je suis ambassadeur. J’apprécie particulièrement leur excellent rapport qualité-prix, la robustesse des vêtements et leur capacité à innover constamment. Des gammes comme la Game Pro Light ou l’Excape Light offrent une étanchéité remarquable, des tissus respirants et des coupes parfaitement adaptées aux chasses actives. J’utilise également leurs nouvelles gammes chauffantes Heat, particulièrement utiles lors des séjours hivernaux ou en montagne.

Pour l’optique, je fais confiance à Leica. Même sans contrat d’ambassadeur à proprement parler, nous entretenons un partenariat solide qui me permet d’utiliser une grande partie de leur gamme. Les lunettes Magnus sont devenues des références pour moi, aussi bien en battue qu’à l’approche, grâce à leur luminosité exceptionnelle dans les conditions de faible éclairage que l’on rencontre souvent au lever ou au coucher du jour. J’utilise également les jumelles télémétriques Geovid Pro ainsi que plusieurs modèles de longues-vues de la marque.

Concernant les carabines, j’ai toujours eu une affection particulière pour Blaser, dont j’utilise les armes depuis plus de vingt ans. Les R93 puis les R8 m’ont accompagné sur de nombreuses chasses à travers l’Europe et l’Afrique. J’apprécie également les carabines Tikka et Sako, qui offrent selon moi une précision remarquable et une fiabilité exemplaire à des niveaux de prix très variés. Au final, mon objectif reste toujours le même : conseiller à mes clients du matériel fiable, performant et adapté à leur budget comme à leur pratique de la chasse.

Hunting Pleasure
Téléphone: + 33 617 07 95 55
E-Mail: [email protected]

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Rédacteur en chef, SoChasse

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