Créée en 1958 par Jérôme Nadeau, Orchape figure parmi les maisons emblématiques du voyage de chasse haut de gamme. Depuis près de 70 ans, l’agence parisienne organise des séjours sur des territoires privés en France, en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud ou encore en Asie centrale. Aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre pour cette institution installée rue Daru à Paris, avec l’arrivée d’un nouvel actionnariat composé de Hunting International, de Léopold de Brouwer qui devient Directeur général ainsi que d’un groupe d’investisseurs passionnés de chasse. Léopold de Brouwer revient ici sur son parcours, la transmission d’Orchape et les ambitions portées par cette nouvelle équipe dirigeante.
SC : Léopold, quel a été votre parcours avant cette reprise d’Orchape ?
LB : J’ai rencontré Augustin Motte il y a une douzaine d’années. À la fin de mes études, j’avais créé une petite agence de voyages de chasse en Belgique, ce qui nous a amenés à nous connaître. Nous avons gardé des liens réguliers au fil des années et une véritable relation d’amitié s’est construite. En Belgique, le monde cynégétique reste relativement restreint. On compte environ 25 000 chasseurs, dont seule une minorité voyage régulièrement à l’étranger pour chasser. J’ai donc poursuivi cette activité avant tout par passion, parallèlement à mon métier dans l’immobilier de luxe. Mais j’ai également toujours gardé un lien très fort avec le terrain. J’ai travaillé comme ghillie en Écosse, guide de chasse en Argentine et je dirige également la chasse familiale en Belgique. Tous ces voyages et ces expériences, de l’Écosse à l’Espagne, en passant par le Portugal, la Roumanie ou encore l’Afrique, m’ont permis de découvrir différentes cultures cynégétiques et surtout de rencontrer énormément de passionnés.

SC : Comment cette reprise d’Orchape s’est-elle concrétisée ?
LB : L’an dernier, Augustin a manifesté son souhait de transmettre la direction d’Orchape. De notre côté, avec Hunting International ainsi qu’un groupe d’actionnaires minoritaires passionnés de chasse, nous avons commencé à échanger avec lui autour d’un projet de reprise. À ce moment-là, avec mon épouse, nous envisagions justement d’ouvrir un nouveau chapitre professionnel et personnel à Paris, où elle suivait une reconversion en architecture intérieure. Les discussions se sont multipliées naturellement et nous sommes rapidement parvenus à une vision commune pour l’avenir d’Orchape. Nous avons conclu un accord et signé officiellement le rachat le 30 mars. J’avais déjà intégré la société dès le mois d’octobre afin de préparer cette transition dans les meilleures conditions.
SC : Léopold, pouvez-vous nous rappeler l’histoire d’Orchape ?
LB : Orchape a été fondée en 1958 par Jérôme Nadeau. Son fils a ensuite poursuivi l’aventure durant plusieurs années. Yves Forestier a par la suite repris la société, avant qu’Augustin Motte n’en devienne à son tour propriétaire. Dans un premier temps, Augustin était associé à Yves Forestier avant de reprendre l’intégralité de l’entreprise. Aujourd’hui, nous reprenons Orchape avec Hunting International ainsi qu’un groupe d’investisseurs minoritaires passionnés de chasse. Notre volonté est de prolonger l’histoire de cette maison tout en lui apportant une nouvelle dynamique, dans le respect de ce qui fait son identité depuis près de 70 ans.




SC : Quelle est l’essence même d’Orchape ?
LB : Le sur-mesure avant tout. Grâce à l’histoire de la société et à la fidélité de notre clientèle, nous bénéficions d’un accès privilégié à des propriétés privées souvent très difficiles d’accès. Certains propriétaires n’ouvrent leurs territoires qu’une ou deux journées par an. Chez Orchape, nous sommes convaincus que l’accueil, l’histoire des territoires et l’art de vivre qui les entourent sont tout aussi importants que la chasse elle-même. Nos clients ne viennent pas seulement pour prélever un animal. Ils viennent vivre une expérience complète, découvrir des paysages, des cultures, une faune, une flore et surtout rencontrer des hommes passionnés qui vivent au contact direct de la nature.

SC : Quelles sont aujourd’hui les destinations emblématiques d’Orchape ?
LB : L’essentiel de notre activité demeure concentré en Europe. Nous développons beaucoup l’Écosse, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, la Hongrie, sans oublier la France. Sur le grand gibier, nous proposons notamment le cerf en Écosse, le brocard en Angleterre, en Pologne ou en Hongrie, les monterias espagnoles, les battues aux sangliers en Europe de l’Est, mais également l’Afrique avec la Tanzanie, la Namibie, l’Afrique du Sud ou encore le Cameroun. Pour la montagne, nous disposons de territoires dans les Pyrénées, en Autriche, dans les pays de l’Est, mais aussi au Kirghizistan et au Tadjikistan.

SC : Les voyages sont-ils davantage individuels ou organisés en groupe ?
LB : Pour le grand gibier, il s’agit souvent de séjours plus individuels, à l’approche, à l’affût ou accompagnés d’un guide, sauf pour les battues. Concernant le petit gibier et les battues, cela varie selon les destinations. En battue, nous accueillons généralement des groupes de 6 à 10 chasseurs. En Écosse, certaines propriétés ne permettent pas d’accueillir plus de 9 participants. En Espagne, nous pouvons parfois aller jusqu’à 12. Au Maroc, nous sommes plutôt autour de 8 chasseurs. Pour le grand gibier en battue, nous sommes également capables d’organiser des formats plus intimistes à 4 ou 5 chasseurs, mais aussi des groupes plus importants pouvant réunir jusqu’à 20 ou 25 personnes selon les territoires.

SC : Quelle vision portez-vous pour Orchape dans les prochaines années ?
LB : Notre ambition est avant tout de poursuivre et de développer ce qui fait la force d’Orchape depuis des décennies : une clientèle fidèle, une approche très qualitative et des relations privilégiées avec les territoires et leurs propriétaires. Nous souhaitons naturellement continuer à accompagner nos clients historiques, qui sont le socle de cette maison, tout en attirant progressivement une nouvelle génération de chasseurs passionnés. Aujourd’hui, on constate que certains chasseurs âgés de 30 à 50 ans privilégient davantage les expériences et les voyages entre amis plutôt que l’accumulation d’actions de chasse plus traditionnelles. Un week-end en Écosse, un brocard en Angleterre ou en France, puis plus tard peut-être l’Afrique ou l’Asie centrale… Notre rôle est aussi de les accompagner dans cette découverte progressive du voyage de chasse haut de gamme.

SC : Orchape va donc renforcer sa communication ?
LB : Oui, nous souhaitons redonner davantage de visibilité à Orchape. Augustin avait volontairement choisi une communication très discrète durant de nombreuses années. Aujourd’hui, nous voulons moderniser certains outils, repenser le site internet et relancer notre présence sur les réseaux sociaux. L’objectif reste toutefois le même : préserver l’image d’une maison reconnue pour son sérieux, son exigence et la qualité de ses voyages, tout en rappelant qu’Orchape demeure une référence du voyage de chasse depuis près de 70 ans.

SC : Comment accompagnez-vous les chasseurs sur place ?
LB : J’essaie d’accompagner personnellement le plus possible nos clients sur le terrain. Depuis mon arrivée, je me suis déjà rendu en Écosse, en Angleterre, en Espagne, en Hongrie ainsi que dans plusieurs pays de l’Est. Les actionnaires jouent également un rôle très précieux d’ambassadeurs de la société. Ce sont avant tout de grands chasseurs passionnés, capables d’épauler les équipes et d’accompagner certains groupes sur le terrain. Notre rôle est d’assurer le lien entre les propriétaires, les guides et les clients afin que tout soit parfaitement fluide. Mais quelle que soit la destination, notre équipe reste toujours disponible pour accompagner les chasseurs avant, pendant et après leur voyage.

SC : Orchape agit également comme une forme de conciergerie ?
LB : Absolument. Nous prenons en charge les billets d’avion, les hôtels et parfois même les avions privés. Il nous arrive également d’organiser des prestations qui ne sont pas directement liées à la chasse, comme un hôtel ou un trajet en Eurostar pour l’épouse et les enfants d’un client. Orchape demeure avant tout une agence de voyage avec une véritable dimension de service. L’objectif est que le client soit totalement libéré des contraintes logistiques.
SC : Toutes les destinations reposent-elles sur des territoires exclusifs ?
LB : Pas systématiquement. Nous connaissons les deux situations. En Espagne, par exemple, il est impossible de disposer d’une exclusivité sur tous les territoires tant la chasse y est développée. En revanche, grâce à l’histoire d’Orchape, nous obtenons parfois un ou deux week-ends par an sur des territoires extrêmement difficiles d’accès. En Angleterre, nous collaborons avec le même guide pour le brocard depuis 25 ans. En Écosse, en Angleterre, en Afrique ou encore dans les pays de l’Est, cette relation de confiance bâtie sur le temps constitue véritablement la force d’Orchape.

SC : Quelle est aujourd’hui la destination la plus recherchée ?
LB : L’Écosse, l’Angleterre et l’Espagne demeurent des destinations majeures. L’Espagne rencontre notamment un grand succès pour les monterias et les perdreaux. Quant à l’Écosse, elle conserve une place particulière pour tous ceux qui souhaitent découvrir une chasse, des paysages et une atmosphère véritablement unique.
SC : Un dernier mot pour résumer Orchape aujourd’hui ?
LB : Orchape est une maison historique, mais certainement pas une maison figée. Notre volonté est de préserver ce qui fait sa force depuis des décennies : le sur-mesure, la discrétion, l’accès à des territoires privés et l’exigence de qualité dans le service. Mais nous souhaitons aussi continuer à faire évoluer cette maison, attirer de nouveaux passionnés et imaginer des voyages toujours plus exclusifs et mémorables, tout en restant fidèles à l’esprit qui anime Orchape depuis 1958.












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