En Nouvelle-Zélande, les concours de chasse au sanglier attirent les foules

Quel est le meilleur calibre pour la battue ?

Pendant qu’en France la chasse est quasi systématiquement décriée par une large part de la sphère politico-médiatique, la Nouvelle-Zélande assume pleinement sa culture cynégétique. Dans certaines régions rurales du pays, la chasse au sanglier donne même lieu à de véritables compétitions populaires réunissant chasseurs, familles et habitants autour d’un même événement. Entre pesées géantes, épreuves sportives et animations festives, ces rendez-vous sont devenus des institutions locales.

Une chasse devenue événement populaire

Sur l’île du Nord, dans la région de Rotorua, le Reporoa Pig Hunting Club organise chaque année l’un des concours les plus connus du pays. Le principe est simple : durant une période déterminée, les participants partent chasser sangliers et grands cervidés avant de présenter leurs prélèvements lors d’une grande pesée publique. Le spectacle attire chaque année plusieurs centaines de personnes. Chasseurs expérimentés, jeunes participants, familles et simples curieux se retrouvent autour d’une passion profondément ancrée dans les campagnes néo-zélandaises. Dans un pays où le sanglier est considéré comme une espèce invasive pouvant causer des dégâts importants aux milieux naturels et aux activités agricoles, ces compétitions participent également à la régulation des populations.

Des règles précises pour garantir l’équité

Contrairement à l’image parfois folklorique que pourraient donner ces manifestations, les concours reposent sur des règlements stricts. Les animaux présentés doivent obligatoirement provenir du milieu sauvage et avoir été prélevés pendant la période officielle de la compétition. Toute tentative de présenter un animal issu d’un élevage ou conservé depuis une précédente saison entraîne une exclusion immédiate. Les sangliers sont pesés selon un protocole précis, tête attachée mais sans les viscères. Un poids minimum est requis pour accéder au classement, tandis que plusieurs catégories permettent également aux jeunes chasseurs de participer à la compétition. Cette organisation rigoureuse contribue largement à la crédibilité de ces rendez-vous qui rassemblent parfois plusieurs centaines de concurrents.

Quand la chasse rencontre l’esprit des jeux ruraux

Mais le succès de ces événements ne repose pas uniquement sur la chasse. Les organisateurs multiplient également les animations destinées à attirer un public plus large. L’une des épreuves les plus populaires consiste à transporter un sanglier sur le dos en franchissant un parcours d’obstacles le plus rapidement possible. Une discipline aussi physique qu’insolite qui déclenche généralement les encouragements du public et rappelle certains jeux d’aventure télévisés. Tombolas, jeux pour enfants, restauration et animations diverses complètent le programme et transforment ces compétitions en véritables fêtes de village.

Une vision décomplexée de la chasse

Ce qui frappe surtout dans ces rassemblements néo-zélandais, c’est la place assumée qu’occupe la chasse dans la société rurale. Loin d’être reléguée à une pratique marginale ou contestée, elle est présentée comme une activité traditionnelle, utile et fédératrice. Certaines éditions ont ainsi réuni plus de 500 personnes lors de la pesée finale. Une partie des bénéfices est souvent reversée à des associations locales ou à des services d’intérêt général, notamment les services d’urgence ou les ambulances rurales. À l’heure où la chasse fait régulièrement l’objet de l’opprobre d’une classe représentant la bienpensance, l’exemple néo-zélandais offre un contraste saisissant. Là-bas, la régulation du sanglier est non seulement acceptée, mais elle devient parfois l’occasion de réunir tout un territoire autour d’un moment de convivialité, de sport et de traditions rurales.

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